‹ Considérations sur la phase prodromique des délires aigusChapitre 10 sur 33 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Méthode générale et classement des observations.

On a lu les reproches adressés par Ball et Chambard aux observations qui tirent leurs renseignements d’une source exclusivement asilaire ou hospitalière; nous avons cru éliminer les causes d’erreurs de cet ordre en interrogeant systématiquement les familles des malades nous-mêmes, en leur faisant préciser oralement les assertions qu'elles avaient consignées sur les feuilles de renseignements. Cela nous a été assez facile car les malades atteintes de Délire aigu présentant toujours un état inquiétant, les proches viennent spontanément réclamer des nouvelles et donnent toutes les précisions désirables.

Dans quelques cas, beaucoup plus rares, la malade a pu nous fournir elle-même réponse à nos questions.

Ces méthodes nous ont permis de grouper 28 observations : il s’agit de toutes les malades entrées dans le Service du D' Capgras depuis deux ans et ayant présenté un syndrome de Délire aigu.

Il fallut donc nous efforcer de limiter ce syndrome,

NE MEUA Here et nous l'avons fait en tenant compte des définitions

fournies par les auteurs, Quels sont les éléments abso lument indispensables et constants ? Nous croyons

que l’agitation, la fièvre, l’atteinte profonde de l’état

général sont le trépied symptomatique sans lequel nous n'avons pas le droit de parler de Délire aigu. D'autres éléments sont particulièrement fréquents, au premier rang desquels les signes de la série confusionnelle, mais nous croyons qu'ils sont variables et ne sont pas de nature à caractériser ce syndrome. Indépendamment.de ces signes, on:trouvera des s ymptômes de diverses catégories, le plus souvent äintriqués : symptômes mélancoliques, thèmes délirants dépressifs, symptômes maniaques, fuite d'idées, éléments ludiques, etc., symptômes même de la série catatonique. Mais toute cette séméiologie n'entre pas dans la description rigoureuse et peut fort bien Manquer.

Nous avons donc fait ue particulièrement ee) attention sur la période plus ou moins longue qui a précédé l’éclosion du Délire : souvent nous avons dû réduire fortement les dires des familles, facilement enclines à grossir les prodromes d'une affection aussi dramatique.

Nous avons classé nos observations en trois grands groupes :

Dans un premier, nous plaçons les Délires . aigus primitifs dont le début a été brusque, dont, les prodromes, de très courte durée, ont emprunté «une symptomatologie très polymorphe.

4 Dans le second groupe, nous FAR les Délires aigus secondaires à un début insidieux plus ou moins long caractérisé : soit par des troubles isolés du caractère, soit par un tableau psychopathique divers.

FE Enfin, nous avons aussi rencontré des cas où le Er Délire aigu paraît au cours d’une psychose bien dé-

terminée. Délire aigu intercurrent, particulièrement pendant l’évolution d’une Pons maniaco-dépresrase re | É , On voit combien ces catégories, nées de l'observa- |

tion, soit éloignées des conceptions classiques. Nous = allons essayer de les légitimer.

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