‹ Considérations sur la phase prodromique des délires aigusChapitre 9 sur 33 · ME · texte numérisé non relu

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leurs, de trouver dans ileurs antécédents personnels

des tares qui révèlent cette hérédité : bizarreries de caractère, singularité de conduite, crises antérieures d’hystérie, d’épilepsie, de chorée.

Quelquefois, nous l’avons dit, c’est au cours ou à la suite d’une psychose d’autre nature (accès de manie, de mélancolie, de confusion mentale, de folie périodique) que le Délire aigu se développe.

Nous semblons être arrivé cette fois à une description des modes de début qui ne varient guère. Les auteurs les plus récents n’apportent ni peu de faits importants. ;

Signalons cependant l'opinion de Marchand

Courtois :

« Le début des troubles peut être subit, sans prodromes appréciables. C’est un état anxieux qui surprend le malade au milieu de la nuit, ou pendant son travail. D’autres fois, c’est une tentative de suicide au cours d’un raptus anxieux qui marque le début de la maladie. C’est surtout dans ces cas à début brusque, sans prodromes, qu'une agitation ‘anxieuse intense constitue le premier symptôme. D'autres fois, c'estune fugue, un scandale public, des réactions homicides.

Bien plus fréquemment, une période prodromique plus ou moins longue précède les troubles graves.

Depuis quelques jours, irritabilité, gaîté sans motif, actes bizarres, insomnie, frappent l’attention de l’entourage. D’autres fois, depuis quelques semaines, on trouve la malade changée, morose, taciturne ou emportée. Le plus souvent, c’est un état dépressif qui

est noté. De plus, on constate déjà an fléchissement de l’état général avec amaigrissement, troubles digestifs, sommeil entrecoupé de cauchemars, céphalées de siège et d’horaire variables.

Après cette période prodromique qui d’ailleurs peut manquer, des troubles plus aigus se manifestent, soit permanents d'emblée, soit avec des retours de quelques heures au calme et à la lucidité.

Marchand reprenait ces idées dans son rapport au

Congrès de Rabat : il divisait les formes de début en

trois catégories :

Chez un premier contingent de malades, il avait noté des prodromes très courts et mal définis allant de cinq à viogt et un jours.

Chez le second contingent, le délire survient au cours d'une psychose aiguë dont rien ne laissait supposer la gravité.

ÆEofin, chez les autres il s’agit d’une encéphalite secondaire à une affection somatique autre que

mentale.

Utilisant différemment les observations qu’il fournit

nous pouvons les classer autrement :

16 ont présenté un Délire aigu au cours d’une psychose, 14 présentaient des antécédents psychosiques personnels, 27 n’avaient accusé que des prodromes banaux de lassitude mal caractérisée.

Le dernier auteur que nous citerons sera celui qui

ve

MAPDRTRUE s’est attaché de manière spéciale au point qui nous occupe. Beauchesneintitule en 1932, sous l'inspiration d’Abadie, sa thèse : Les formes de début du Délire aigu primitif.

« La séméiologie mentale de cette phase prodro-

mique », dit-il, « consiste :

soit en un état confusionnel typique,

soit en hallucinations avec ou sans onirisme, soit en troubles pseudo-paranoïaques,

soit en un état pseudo-mélancolique,

soit en un état pseudo-maniaque.

Dans les quatre derniers groupes des cas, on trouve, outre quelques signes de la série confusionnelle, des symptômes discordants qui doivent faire penser à une confusion mentale sous-jacente. »

L'intérêt essentiel de cette étude semble être pour l’auteur de pouvoir, en présence d’un syndrome mental aigu, d'apparition récente, établir un diagnostic précoce commandant une thérapeutique appro-

priée.

L'étude que nous nous sommes proposée se fixe un but moins pragmatique. Aussi bien portera-t-elle sur un laps de temps beaucoup plus long de la vie du malade avant l’entrée dans le délire, nous Ve on que sans revenir aux idées {de Calmeil, nos constatations permettent d'envisager des perturbations d'évolution assez longue précédant l’éclosion du Délire aigu.

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