OBSERVATION I
M... Marie, femme S..., 49 ans, sans profession, entre à Sainte-Anne le 25 juin 1936. Le certificat d’internement
ob
mentionne : « Syndrome d’excitation confusionnelle grave avec forte désorientation, hallucinations, cris, chants, propos décousus et incohérence, gesticulation et agitation clastiques ; incapacité de conserver des vêtements ; fièvre, élevée. »
À l'arrivée dans le Service, l'agitation est toujours intense, la température à 3902 monte à 40°, le taux d’urée sanguine est de 1 gr. 30. Dès le dixième jour apparait un érysipèle, puis une parotidite. La thérapeutique antiinfectueuse associée à l'opothérapie rénale permet une sédation rapide des troubles : l’érysipèle régresse en deux jours, la tuméfaction parotidienne, sans intervention chirurgicale, fond en quatre jours, le taux d’urée passe de 1 gr. 30 à 0,74 puis 0,45.
L’excitation reste très grande jusqu'au 14 juillet, puis. régresse et disparaît ; la malade sort guérie le 14 août
Le mari, questionné sur les antécédents n'apporte rien qui puisse attirer l’attention : Mme M... est encore réglée elle n’a jamais eu de maladie sérieuse ; 3 enfants bien portants, pas de fausse couche. Aucun antécédent familial pathologique.
Les troubles mentaux sont apparus dix jours avant l'arrivée à Sainte-Anne, caractérisés par une agitation extrême et des conceptions oniriques. La malade ne présentait alors pas de fièvre, elle ne répondait pas aux questions, négligeait ses enfants, et extériorisait une vive terreur provoquée par les scènes oniriques auxquelles elle assistail.
OBsERvATION II.
R... Marie, séparée L..., 51 ans, sans profession. Entrée à l'admission le ler février 1936, venant de l'Hôpital Henri Rousselle. Le certificat d'internement signale : « Confusion mentale avec hallucinations probables de l'ouie. Agitation.. Cris. Déclamations. Chantonnements. Stéréotypies verbales : « Ce n’est pas vrai, ce n'est pas vrai. » Refus d'aliments par intervalle. Fièvre. »
Malgré la thérapeutique anti-infectieuse, eee et de réhydratation utilisée, la malade meurt le 3 février, deux jours après son entrée, avec un taux durée sanguine de 2 gr. 90. La température avait atteint 4008.
Jamais, aux dires de la famille, la malade n’a présenté le moindre trouble mental jusqu'au 29 janvier. A cette date, brusquement, alors qu’elle était en train de faire son ménage, a débuté l'excitation, excitation tout de suite confuse aux dires mêmes du médecin appelé en consultation et qui provoqua l'entrée à l’Asile.
Depuis deux mois, la malade avait été très chagrinée par des épisodes familiaux pénibles (fille ayant quitté le domicile paternel), mais ces contrariétés n’avaient pas notablement altéré son humeur.
Aucun antécédent héréditaire vésanique.