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CHAPITRE II

La phase prodromique d’après les auteurs.

Nous avons étudié très rapidement l’évolution des idées sur le Délire aigu ,nous considérerons maintenant les données cliniques fournies par les auteurs à propos de la symptomatologie du début du Délire aigu.

Dans la littérature psychiatrique, nous n'avons trouvé que le travail de Beauchesne, qui s'occupe de façon exclusive de la question ; mais la plupart des auteurs qui ont été amenés à écrire sur le Délire aigu ont dû décrire plus ou moins rapidement l’aspect du

malade avant le début des troubles.

Les renseignements fournis par les Anciens, à propos de la phrénitis sont peu importants. Hippocrate la considère le plus souvent comme secondaire à diverses affections somatiques dont la symptomatologie colore le tableau. Au premier rang de ces affections la péri-pneumonie qui, elle-même, survient à la suite de la pleurésie..…. Cependant il existe pour cet auteur des formes qui surviennent sans causes apparentes.

J. Laneuville 2

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Celse signale que « parmi les frénétiques, les uns sont gais, les autres tristes ».

Abercrombie, en la matière, est le précurseur le plus avisé : tantôt il a observé des malades extraordinairement gais avant le délire ; tantôt, au contraire, « la maladie commence par une dépression des fonctions vitales, laquelle disparaît subitement après une courte durée ».

Mais ce sont les auteurs qui par la suite ont définiti-

vement incorporé le Délire aigu dans la psychiatrie

qui donneront les détails les plus intéressants. Calmeil apporte des renseignements particulièrement importants. Nous l'avons vu, le Délire aigu pour lui est rarement installé d'emblée ; le plus souvent c’est à la suite d’une phase plus ou moins longue d’un syndrome mental caractérisé et en majorité des cas à type de manie ou mélancolie. Souvent encore, dans une classe à part, le Délire aigu est une forme de terminaison d’une vésanie, le malade étant depuis de longues années à l’Asile. vs

Andral, qui tend à remarquer le disparate de la symptomatologie, signale des états de dépression, d’excitation, d’agitation, de prostration.

Baïllarger, dans une note du Traité de Griessinger, se contente de rapporter un fait fréquent : « Il arrive souvent que chez les malâdes, qui offrent depuis quelques jours, une ou deux semaines, les signes d’un accès de manie simple, on voit tout-à -coup survenir des symptômes plus aigus... » Plus loin, il reprend les mêmes expressions : « Le Délire aigu peut débuter

d'emblée, ou après les prodromes d’un accès de manie, ou bien il arrive dans la première ou la seconde semaine, lorsque celle-ci a déjà éclaté. »

Marcé élargit cette conception : « Le Délire aigu peut survenir dès le début de la manie ou de la mélancolie, au moment où la maladie fait explosion, mais ilapparaît plus souventdans lecoursd’une manie, d’une mélancolie on d’une monomanie ayant déjà quelque temps de durée où même après un accès de folie à double forme. »L’auteur signale ensuite les syndromes similaires au cours de la P. G. et surtout des intoxications, au premier rang desquelles arrive l’alcool. Insistons particulièrement sur cet auteur : ayant abandonné l’étiologie des vieilles vésanies invoquées par Calmeil, il nous donne un tableau, raccourci, certes, mais auquel les auteurs modernes n’ajouteront que des précisions de détail.

Ball et Chambard, dans le Dictionnaire Dechambre, apportent une opinion intéressante, quoique plus restreinte : «Il est rare, en dépit des assertions de beaucoup d’auteurs qui n’ont eu probablement l’occasion d'observer les malades que dans les hôpitaux

et les asiles et qui n’ont pu, par conséquent, s’en-

tourer de renseignements suffisants, quele Délire aigu débute comme coup de foudre par le cortège de symtômes avec lesquels on le représente ; il est presque toujours, au contraire, précédé de prodrome dont la physionomie varie selon que le malade est atteint en pleine santé ou au cours d’une affection men-

tale. »

LE VAN EES

. Par malheur, cette « affection mentale » n'est pas précisée par les auteurs.

Schule décrivait, vers la même époque, deux formes au Délire aigu : l’une maniaque, l’autre mélancolique.

Briand, après avoir souligné la fréquence du facteur névropathique : fréquence du Délire aigu en terrain dégénératif, indique « pas plus qu'une autre forme mentale, à part la manie hystérique, épileptique ou toxique, le délire ne débute brusquement que quelques semaines avant l'invasion de la maladie ; le sujet, homme ou femme, commence à se plaindre de malaises ; il change de caractère de façon à peine appréciable pour ses proches, qui attribuent ce changement, lorsqu'ils le remarquent, à un incident quelconque, tandis que la cause réelle réside dans l'état maladif du sujet. Cette phase préalable se trahit par des lassitudes, des bâillements, le manqüe de goût au travail, une tendance prononcée à l’égoïsme, une indifférence de plus en plus complète des choses qui occupaient d'ordinaire le malade : une mère négligea ses enfants, un mari restera indifférent aux attentions de sa femme et tel événement qui eut produit dans toute autre circonstance une forte impression, ne tirera même pas le sujet de son apathie. »

Au Congrès de Limoges, les rapporteurs sont assez rapides sur l’apparence de la forme de début ; cependant ils indiquent préalablement : le Délire aigu peut s’observer (dans le cours ou à la suite de psychoses

préexistantes : Sel peut se manifester spontanément.

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