‹ Considérations sur la prophylaxie des brucellosesChapitre 9 sur 10 · B. - PROPHYLAXIE HUMAINE · texte numérisé non relu

B. - PROPHYLAXIE HUMAINE

l) Mesures administratives

Il était naturel qu’en conformité des dispositions de la loi de 1902, la fièvre ondulante fut comprise parmi les maladies à déclaration obligatoire.

Le médecin praticien doit donc, lorsqu'il est appelé à soigner un malade atteint de brucellose, en faire la déclaration aux Services d'Hygiène, en conformité des dispositions du décret ministériel du 13 Octobre 1923.

La maladie doit être suivie de désinfection C et E; c’est-àdire qu’en cours de maladie, la désinfection relève du médecin traitant seul et qu’il s’y ajoute une désinfection terminale relevant des pouvoirs publics.

Le Conseil supérieur d'hygiène public a rédigé une brochure qui mentionne les mesures prophylactiques relatives à la fièvre ondulante.

Cette brochure a été rédigée par CALMETTE en 1923.

SU

2) Mesures générales :

La fièvre ondulante est une infection transmise essentiellement par les animaux, chèvres, brebis et vaches.

La transmission interhumaine est extrêmement rare.

Nous avons noté que, dans les villes, cette transmission est presqu’exclusivement due au lait.

Il est donc facile de l’éviter par l’ébullition du lait à domicile ou par sa pasteurisation ou sa stérilisation industrielle.

Le sang'du malade étant virulent et les urines pouvant contenir le virus, encore que, d’après les expériences récentes, ce mode de contamination ne paraisse pas beaucoup à redouter, et encore que les déjections ne présentent pas un danger réel d'infection, il convient cependant de prendre certaines précautions à l’égard d’une maladie infectieuse, encore qu’elle ne paraisse pas très contagieuse pour l'entourage du malade.

La désinfection des urines, des matières fécales, par des antiseptiques tels que le crésylol sodique et le chlorure de chaux, la désinfection des linges de corps et des draps souillés, par le lessivage, moyen pratique et efficace, sont à recommander.

Les personnes qui donnent les soins aux malades devront veiller à se savonner les mains en usant d’une solution antiseptique faible.

3) Vaccination :

Elle constitue assurément le meilleur mode de prévention pour l’homme et intéresse spécialement toutes les personnes pouvant être exposées à être contaminées par les animaux domestiques.

Cette contamination intervient à peu près inévitablement chez toutes personnes vivant en contact avec des animaux malades aussi bien que chez celles qui manipulent des produits infectés. Ce sont notamment les bergers, les vachers, les vétérinaires donnant leurs soins aux brebis ou aux vaches infectées lors de la mise bas laborieuse, personnel procédant à la traite des chèvres, brebis ou vaches, à la tonte des moutons, ouvriers agricoles enlevant, transportant et épendant les fumiers, garçons bouchers et tripiers manipulant sang, viande et abats, médecins et personnel de laboratoire utilisant des produits virulents, etc. |

C’est la vaccination préventive qui constitue, en réalité, la seule méthode efficace pour protéger l’homme contre la contagion.

Les premiers essais paraissent avoir été faits par des expérimentateurs anglais à Malte.

La méthode a été appliquée efficacement par NicoiLe et ConsEIL en 1920 sur quelques sujets et par BURNET qui confirma les premiers résultats acquis et se servit avec succès de cette méthode.

Le procédé de vaccination a pris une très grande extension depuis 1929 grâce à Dugois et SocLier de Nîmes, qui le mirent au point et l’appliquèrent dans les milieux ruraux contaminés.

En 1938, le nombre des personnes vaccinées préventivement

dépassait 4.000.

Des auteurs ont même tenté des vaccinations collectives dans des agglomérations importantes et c’est d’après leurs informations que cette vaccination s’est révélée d’une efficacité certaine et d’une inocuité absolue.

Il est à observer, au surplus, que les pouvoirs publics tendent à préconiser, comme il est indiqué ci-dessus, les vaccinations dans les régions contaminées.

— Les contre indications sont celles des vaccinations préventives en général :

Sujets atteints de maladies aiguës; Tuberculeux ;

Cardiaques ;

Albuminurites ;

Diabétiques ;

Paludéens, etc.

Le vaccin est composé de diverses races de Brucella, mélitensis et abortus, récemment isolés de l’homme et des animaux.

Les germes sont tués par la chaleur et émulsionnés dans de l’eau de mer rendue isotonique.

On fera trois injections espacées de 8 à 10 jours dans le tissu cellulaire sous cutané du bras, ou de la fosse sous épineuse.

Quelles sont les réactions observées ?

Une légère douleur locale avec rougeurs et œdème léger. Il n’y a pas en général de mouvement fébrile.

Ces réactions se constatent avant tout chez les sujets allergiques c’est-à-dire les porteurs de germes récents ou anciens.

Pour plus de prudence, il nous semblerait bon, par conséquent, de commencer par dépister cette allergie pour renoncer à la vaccination dans ce ças.

L’immunité apparait en moyenne trois semaines après la dernière injection.

Sa durée est de trois à quatre ans au minimum.

Signalons que l’Institut Bouisson-BERTRAUT prépare un vaccin constitué de souches différentes, récemment isolées, tuées par la chaleur et qui a donné des résultats très encourageants.

Lorsqu'il existe des contre indications, on peut préconiser l'administration du vaccin «per os».

C'est NicoiLE et ConNsEIL qui, en 1923, employèrent avec succès la vaccination par voie buccale en utilisant des microbes tués par la chaleur à 70 degrés.

C’est LIsBonxE qui, à Montpellier, utilise par voie buccale, des vaccins polyvalents, dont l’absorption est rendue agréable et facile par un enrobage des germes dans des bonbons à la gomme.

Dugois et SoLLier ont obtenu une immunité de un an environ en administrant des ampoules de 10 centimètres cubes par voie buccale, ampoules renfermant chacune 200 milliards de germes tués par la chaleur et émulsionnés dans de l’eau de mer.

L’'immunité conférée par cette méthode apparaît deux à trois semaines après l’absorption de la première ampoule.

Signalons enfin que si, pour la méthode de Nicoire et Conseiz, il est bon de maintenir le sujet à jeun, cette précaution est inutile pour la méthode de LiISBONKE.

Quant à l’eau de mer employée par Dugois et SoLLiEr, elle possède une action analogue due à ses sels de magnésie qui, agissant sur l’épithélium intestinal, facilite grandement l’absorption du virus vaccinal.

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