‹ Considérations sur la ration alimentaire du soldatChapitre 13 sur 18 · LAS MES · texte numérisé non relu

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Récemment des soldats de la ligne Maginot nous apportaient au bout de six mois de front les mêmes doléances.

Aussi nous semblerait-il très utile d’introduire largement légumes frais et fruits dans la ration du soldat, en utilisant à «es fins le beni de l'ordinaire et même comme le rapporte Marcel Labbé en diminuant au besoin, comme le firent certains régiments d'infanterie et d’artillerie lourde en 1918, la portion de pain et de viande.

On consemmera donc avantageusement des pommes de terre fraîches, des légumes aqueux et frais, des légumes verts, des carottes, des navets, des choux, des haricots, des tomates, des oignons, de l’oscille, des pissenlits, des sa- ‘ades, des céréales et des légumes secs non décortiqués.

Gley a beaucoup insisté de son côté sur l’avantage des fruits dont la richesse en cellulose fait un succédané avantageux des légumes verts et un remède contre la constipation si fréquente dans l’armée. On consommera done beaucouy de fruits, surtout les fruits à peine mûrs riches en vitamines : oranges, pommes, poires, prunes, etc.

Ajoutons que lors de la précédente guerre, dans ‘es dépôts, des jardins potagers, plantés et entretenus par les troupes, ont fourni d’amples provisions de légumes pendant la saison.

De plus, si les végétaux frais sont supprimés de Palimentation, dit Mouriquand, le cycle du fer, de la cholesternie et de la réserve alcaline est troublé.

La carence de fer entraîne une anémie favorisée par le changement de vie et le surmenage du jeune soldat.

La carence d'aliments frais provoque non de l’hypocholestérinémie dit Mouriquand, mais abaisse la cholestérinémie des surréna'es de 8 % à 2 %. Comme la cholestérine joue un rôle anti-tuberculeux (J. Carles et F. Leuret) non négligeable, on se rend compte de la valeur des aliments frais dans la prophylaxie de la tuberculose chez les jeunes soldats.

Mouriquand et Leulier ont de plus montré que la pri-

valion où la diminution d'aliments frais abaisse la réserve aicaline. Or cette réserve alcaline est nécessaire dans la lutte contre l’acidose, cause de coma chez le diabétique. Sans avoir ces graves conséquences pour un organisme normal, elle peut être la cause d’une défaillance organique grave chez les jeunes soldats. D’où ie rôle essentiel des aliments frais chez les soldats.

Abordons maintenant la question du pain dans l’armée.

Marcel Labbé estime que les 750 gr. de la ration peuvent être sans inconvénient abaissés à 600 gr. car au-dessus de ce chiffre ii y a gaspillage bien que le Fran- Ççais soit un gros mangeur de pain. il estime que le découpage du pain en petites tranches en réduit la consommation et il recommande de remplacer les 150 gr. non utilisés par des biscuits et surtout des légumes frais, ce qui nous paraît très sage.

En ce qui concerne la Composition du pain de guerre, Weill et Mouriquand estiment qu'en période d'hostilités, a récolte du blé s’abaissant en moyenne de 30 à 60 %, le blutage doit s'élever de 60 à 65 % (pain de fantaisie) à 78 % (pain de guerre); c’est ce qui a lieu actuellement. Au point de vue qualitatif, ce blutage élevé constitue un fait très heureux, car la décortication poussée enlève à la farine une quantité importante d’albumines, de ses minéraux, de vitamines et de cellulose, d’où le rôle antibéribérique et d'utilisation des glucides d’une part et excitateur du péristaltisme intestinal d'autre part d’une décortication peu poussée. Il est recommandé même si on blute à 85 % d’incorporer à la farine une quantité suffisante de cuticule pour conserver au pain un minimum de vitamines actives après cuisson. Cependant le pain bis n’est pas sans danger, car s’il guérit les constipés très souvent, les dys-

peptiques le tolèrent mal.

En résumé l'étude de la ration du soldat montre la né-

cessité d'accroître l'apport «d’aliments protecteurs »

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