‹ Considérations sur la ration alimentaire du soldatChapitre 7 sur 18 · ASS · texte numérisé non relu

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sont rares, mais selon Mouriquand, l’anémie, la dépression générale en rapport avec une avitaminose D existent assez souvent.

On a également signalé comme relevant de la même étiologie certains troubles de la nutrition, des os et des dents chez l'adulte.

VITAMINE E. — C’est la vitamine de la reproduction; sa carence entraînant une dégénérescence des cellules reproductrices mâles et chez la femelle gravide le décollement du placenta ct la mort du fœtus in-utéro.

Elle est très stable et résiste 2 heures à 170 degrés.

On la trouve dans les germes des céréales, les feuilles vertes des laitues, les pois verts, le trèfle, le jaune d'œuf.

En pathologie humaine son rôle paraît assez réduit. Cependant sa carence pour Vogt-Moæller, Currie et Watson serait fréquemment la cause de certains avortements habituels. Ces auteurs citent de nombreuses observations couronnées de succès par l'emploi de la vitamine E dans les grossesses ultérieures.

Certains cas d’azoospermie pour Juhasz-Schaffer releveraient aussi de cette étiologie.

VITAMINE K. — C’est la dernière en date. Elle est encore assez mal connue; e'le a une action antihémorragique (Karrer).

Elle est liposoluble et se trouve dans le foie de pore, le chènevis, les tomates, les choux.

Sa carence produit une anémie, de l’hémophilie et des épanchements sanguins sous la peau.

VITAMINES B. — 1° Vitamine B: antibéribérique et antinévritique, thermolabile et alcalinolabile. 20 Vitamine B°? d'utilisation nutritive, thermostable et

alcalinolabile.

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3° Vilamine B* de vie et de croissance cellulaire, thermostable et alcalinostable. Certains auteurs identifient le facteur PP antipellagreux avec cette vitamine B*. Etudions-les succinctement :

1° VITAMINE B1 Windhaus, en 1931, l'a iso!'ée de la levure de bière, la chaleur la détruit en 2 heures à 120 degrés. Sa carence produit le béribéri humain qui est une paralysie affectant tout au moins au début le type périphérique. Il semble que ce soit le facteur B° qui ait la part la plus considérable dans cette maladie. L’adjonction de levure de bière, de son de riz et de céréales, amène la guérison. Le béribéri est rarement rencontré de nos jours, mais certaines carences frustes seraient au contraire loin d’être exceptionnelles (anorexie, atonie gastro-intestinale). Dans l'armée française ces carences ne peuvent qu'être rares, car le facteur B 1 se rencontre dans beaucoup d'aliments.

2° VITAMINE B ?. — Ele intervient surtout dans le métabolisme des glucides. I faudra done consommer beaucoup de cette vitamine si on consomme beaucoup de féculents et de sucres. Or la ration du soldat est riche en glucides, par suite cette vitamine B? a dans l’armée le plus grand intérêt.

El'e intervient aussi dans le métabolisme des lipides et des protides. Dans la carence totale en facteur B, c’est à la carence en B ? qu'on peut rattacher l'amaigrissement et les troubles de la nutrition.

3° VITAMINE B$. —— Elle intervient dans la vie et la croissance des cellules et préside à l’utilisation de l'énergie des aliments digérés. Son rôle essentiel semble être la mise en liberté de lénergie aux dépens des combustibles présents dans les cellules.

Kubhn et Karrer l’ont identifiée à la flavine, pigment qui se trouve dans la levure, le petit lait, le blanc d'œuf, les muscles, le rein, la tomate.

B°? et B*° se rencontrent toutes les deux dans la levure de bière.

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La carence en facteurs B cest du fait de leur abondance et de leur stabilité peu à craindre, « cependant, les vivres de réserves du soldat n’en contiennent que des quantités insuffisantes » (Médecin Commandant Boidé).

Les vitamines B se trouvent surtout dans la ‘evure de bière, le son des céréales, le pain bis, les farines peu blutées, les céréales, légumes, fruits, le vin, la viande crue, le foie, le jaune d’œuf.

VITAMINE PP ANTIPELLAGREUSE. — Son assimilation avec B * est de plus en plus combattue, certes les produits contenant B* sont actifs contre la pellagre, mais sans doute à cause d'un facteur particulier qui y voisine : PP.

Cette vitamine PP agit sur certains phénomènes de la nutrition qui conditionnent d’une part le bon état de la peat, d'autre part celui des muqueuses et du tube digestif.

Sa carence engendre la Pellagre, syndrome observé surtout chez les mangeurs de maïs, particulièrement en Italie et en Roumanie et caractérisé par des lésions cutanées, des troubles gastrointestinaux et des signes nerveux.

Le facteur PP se trouve dans la levure de bière, les:enveloppes et le germe des graines : (riz entier, genme de blé, pois secs, lentille), dans les œufs, le lait, la viande, le poisson, le foie de porc, le pain complet, le saumon, les haricots, les carottes.

VITAMINE C ANTISCORBUTIQUE. — C’est Szent- Gyorgyi qui en 1932 l'identifia à l’acide ascorbique. Actuellement on en fait la synthèse.

C’est la plus instable de toutes les vitamines; l'oxydation à l’air libre suffit à la détruire surtout si l’on y ajoute lacion de la chaleur; elle ne résiste pas à 65° à l’air Hbre. Par contre la cuisson à l'abri de l’air l’altère à peine : c’est ainsi que des pommes non pelées cuites à 115° pendant 50 minutes conservent leur facteur C, la peau suffisant à mettre la pulpe à l’abri de l'oxydation.

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Dans la préparation des conserves l'oxydation est inévitab'e au moment des opérations préalables de blanchiment; donc les conserves sont scorbutigènes. Cependant le lait concentré sucré contient encore du facteur C.

L’acidité, par contre, le protège contre laction de l'oxydation, de la chaleur et du vieillissement.

La carence en vitamine C engendre le Scorbut : cest l’avitaminose la plus fréquente des troupes en campagne. Il a accompagné la plupart des guerres de l'antiquité à nos jours.

Il est caractérisé par une période initiale de tristesse et d’'asthénie, bientôt suivie d’une anémie qui donne au malade un teint plombé spécial ; ensuite des œdèmes palpébraux et malléolaires apparaissent, puis surviennent les signes cardinaux du scorbut confirmé : gingivite ulcérohémorragique, hémorragies intramusculaires sous périostées (fausses paralvsies) et viscérales. Dans les formes les plus graves, la cachexie met le malade à la merci de la première infection venue.

A côté du Scorbut classique, signalons des formes frustes de symptomatologie vague : anémie, diminution de la résistance aux infections, peut-être participation à la genèse de la maladie de Bouillaud (?) ; ces formes sont très sensibles à l’action de l’apport de la vitamine C sous formes d’aliments frais et de jus de fruits.

On trouve le facteur C principalement dans la pulpe des fruits frais : bananes, raisin, groseilles, framboises et surtout oranges et citrons, dans les végétaux frais : choux, salades vertes ou blanches, cresson, épinards, tomates, petits pois, haricots verts.

Les tissus animaux en contiennent certaines quantités : certico-surrénale, hypophyse, tissu interstitiel du testicule, mais ce sont des organes non comestibles en pratique.

Par contre, les tissus musculaires et adipeux en sont dépourvus.

La conservation, le chauffage à l'air libre provoque par

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