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LA RATION TELLE QUE LA DÉFINISSENT LES RÈGLEMENTS OFFICIELS

En temps de paix L'instruction du 5 novembre 1930, modifiée le 24 mai

1934 (B. O. volume 7) fixe la ration alimentaire du soldat aux chiffres suivants :

LOTERIE ee le se 105 à 120 grammes LADITE re ee oder ee 60 à 80 — GUC IAE SE RE TNT 500 à 600 —

ce qui correspond à une valeur énergétique oscillant entre 2.900 et 3.500 calories.

Mais lorsque les soldats sont soumis à un travail intensif, au début de l’entraînement des nouvelles recrues, lorsque le froid est vif, la ration est renforcée par un apport supplémentaire de lipides et de glucides, et comme ceux-ci sont fournis sous forme d’aliments comportant toujours une certaine quantité d’albumines, la ration en protides est forcément accrue et peut être portée à 125 ou 130 gr. par jour.

Le tableau ci-dessous indique la ration journalière en

temips de paix :

Hope

Protides Aliments Quantité | Calories [animales et végétale: | Lipides | Glucides (en gr.) (en gr.) (en gr.) (en gr.) PAIN eee INT 700 1.680 » 56 | ss 370 NIandé tree 390, soit | 280 p. suite D08 48 ) 39 »

des déchets Graisse alimentaire. 30 249 ) ) 29 »

SUCRÉ Er TE 2 80 » » » Pl Pommes de terre...|400 soit 320 288 » ce) 55 (déchets) Légumes frais ....1250soit 225 16) 7 » 14 (déchets) Contes ere 50 114 » ) » 7) Fruits (inconstant). » | ) »

Chocolate eee 20 | 95 » il l 14 NACRE ER e 250 1552) ) Dole en | 3.238 | 43 67 75,5 513 | l |

Les diverses relations entre les principes alimentaires sont les suivantes :

Protides animales 48 Il Calories graisses 640 1

REP Te a nd — peine

Protides végétales 67 1,39 Calories totales 3.238 5 Calories protides 455 1 115

— = > ==, Moyenned'albumine parkg.: = — 1 g.64 Cal. graisses + glucides 2.783 6 70

Comme le montrent ces rapports, cette ration correspond sensiblement à loptimum théorique en ce qui concérne les protides, glucides et lipides. Notons cependant une ration protidique un peu élevée : 1 gr. 64 et un léger excès des protides animales sur les protides végétaces.

Donc &ans l'amélioration de l'ordinaire, il faudra éviter encore cet apport protidique animal comme on le fait presque constamment par la fourniture ou rachat de saucisson, pâté, fromage. (Médecin-Commandant Boidé).

En temps de guerre

I est prévu par les règlements 3 catégories de rations, selon le travail des troupes (B. O., vol. 94 bis, 11 février 1935) : la ration normale, la ration forte, la ration de réserve (vivres de sac).

Le tableau ci-dessous indique quelles sont ces rations :

Ration Ration Ration Aliments normale forte de réservt PSN OR CN ALP EE te 2 750 750 »

OU AND IS EULLÉR EE CT Ce 700 700 »

OMBDAINETÉ AUTONET eee 500 500 450 Viande fraiche ou congelée ...... ‘ 400 450 » OUT COTSEPN EME ER ur ele moe cie fe mynveuae 300 300 300 ÉCONOMIES ER RTE 60 100 »

SAR ee a M Ste TS 20 20 »

SIG TE AS D ON EP: 32 48 80 CARTON RE TT ne Me fe 24 36 36 ILETÉDIE TO ER TE NUE EN EE 30 30 »

CO COTE rte di a na eee diese als ce 50 50 175 END AN ea Aa ART EM QE n 0 1. 50 01. 50 »

ON ERA re EN RE RES Te ARR OR RO 11.10 »

(ON INA RER EG RON OR RE ER 0 1. 062 0 1. 062 0 1. 062 NATENMeNACAlONIES RE nt ee 3 -450ical al -850/cale 3,250 cal —— LOUIS SEE ER 124 gi 141 gr. 152 gr Re DUC Et er te metier 513 gi 550 gr. 551Nor. — HDI A ere ete 71 gi 91 gr. 54 er

Si l’on considère que le poids moyen d'un soldat est de

70 kilos, la ration protidique varie de 1 gr. 77 pour la ration normale, à 2 gr. 01 pour la ration forte et 2 gr. 17 pour la ration de réserve. Ces chiffres apparaissent à la quasiunanimité des médecins militaires sensiblement élevés. De plus dans ces rations de guerre l’excès des protides ani-

males sur les protides végétales est très notable.

II) LA RATION RÉGLEMENTAIRE ASSURE-T-ELLE L'ÉQUILIBRE NUTRITIF DU SOLDAT ?

Nous allons maintenant étudier à la lumière des enseignements fournis par ces dernières années et en parti-

culier par da guerre 1914-1918 si la ration actuelle du soldat assure l'équilibre nutritif de son organisme.

Nous examinerons successivement ce que vaut l’alimentation dans l’armée au point de vue calorique, p’astique, éléments catalyseurs, boissons, préparation des repas.

1° Au point de vue cülorique

La plupart des auteurs sont d'accord pour estimer que la ration du so:dat français est très largement suftisante puisqu'elle est comprise entre 3.200 et 3.850 calories, tant en période de paix qu’en période de guerre.

Cependant en 1915, Armand Gautier a soutenu qu'il n’en était rien. Pour appuyer son argumentation, il détermine le plus exactement possible la valeur calorique de lasimentation du laboureur du Midi de la France et des ouvriers du chemin de fer de Paris à Rouen ; elle est, dit-il, de 3.947 calories; quant à celle des campagnards des Flandres belges, elle est de 4.349 calories. De plus, la ration de l’armée allemande, dit-il, fut en 1870-71, pendant l’hiver, portée de 3.100 à 4350 calories. La ration de l’armée française étant notablement inférieure à ces chiffres et cela même par «des froids assaz vifs », il l'estime insuffisante en hiver et propose de l’élever de 800 à 900 calories; en cette saison les soldats se plaignent en hiver, dit-il, de l'insuffisance de la nourriture. Par contre il estime cette ration satisfaisante en été.

P. Maurel et J. Lefèvre semblent partager l'opinion d’Armand Gautier puisqu'ils réclament un supplément d'aliments de 800 à 1.000 ca’ories en hiver.

Armand Gautier déclare qu’il faut demander ces calories supplémentaires aux aliments suivants : 30 grammes de lipides, plus 150 gr. de pain (ou 350 gr. de pommes de terre et 32 gr. de sucre) et 50 centilitres de vin de plus, soit 887 calories de plus.

MOOV.

Par contre, pour Marcel Labbé la ration préconisée par À. (Gautier est trop élevée. En effet, dit-il, le travail qu'effectue le soldat est dans bien des cas modéré et il ne devient intensif que par à-coups, c’est-à-dire au moment des attaques ou pour l’organisation et la réparation des moyens de défense. Marcel Labbé se prononce donc pour une ration pius modérée, qu’il évalue de 41 à 48 calories par kilo, 48 étant un maximum, d’où, pour un soldat de 70 kilos, il faudra de 2.870 à 3.360 calories par jour. D'autre part les familles envoient des colis nombreux à presque tous les soldats, ce qui accroît encore la ration (conserves, charcuterie, fromage, chocolat). La ration de guerre est done suffisante : la preuve, beaucoup d'hommes engraissent ; «même pendant l'hiver, ils n’ont en général point perdu de poids, ceux qui ont maigri passagèrement le doivent à des travaux excessivement pénibles ou à la difficulté de ravitaillement dans les tranchées durant cette période de l’année », de pus « certains ont maigri qui étaient obèses ».

Pour Mouriquand, la ration actuelle est un peu forte pendant les périodes de repos. Les importantes réductions des rations des divers belligérants en 1917 donnent nettement raison à Mouriquand et à Marcel Labbé. Etudions-les donc.

En 1914, les rations des beïligérants étaient les suivantes : France, 3.434 calories ; Grande-Bretagne, 4.200 à 4.400 ; Belgique, 3.250 à 3.800 ; Japon, 3.643 à 3.797, avec un taux de graisses très faible inférieur à 15 grammes ; Italie, 4.063 ; Allemagne, 3.200 à 3.800.

Peu à peu, les difficultés du ravitaillement amenérent les diverses nations belligérantes à tenter de réduire la ration des troupes en campagne, comme l'était déjà celle des populations civiles.

C’est ainsi qu’en 1917, les armées allemandes ne touchaient que de 2.200 calories (ration normale) à 3.000 calories (ration forte réservée aux unités réellement combattantes). En France,les troupes de l’intérieur touchaient 2.926 ca-

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