‹ Considérations sur la Révolution françaiseChapitre 8 sur 24 · PREFACE XXI · texte numérisé non relu

PREFACE XXI

toujours l'homme du point de vue social, et jamais en individualiste. Il est vrai que Bonald en eût certainement rejeté tout le mérite sur son éducation catholique. Kt il eût eu raison. Mais cela prouve simplement qu'un vrai positiviste et un parfait catholique — un catholique sans alliage - ont hien des points de ressemblance. C'est avec ces catholiques-là que Comte avait espéré autrefois contracter une alliance. Si ce rêve d'une alliance entre catholiques et positivistes ne s'est point réalisé de son temps, ceux qui ont une connaissance exacte de la doctrine d'Auguste Comte n'auront qu'à lire les pages recueillies ici de Ronald, pour se convaincre qu'un tel rêve n'avait pourtant rien de chimérique, rien d'u topique.

Et si l'on m'objecte qu'il est impossible à des catholiques d'accepter une telle alliance, je ferai alors appel à la parole du pape Pie X, déclarant récemment :« Nous ne cesserons pas un instant de poursuivre le bien (le cette nation tant aimée... ... demandant à Dieu, par Nos prières et Nos

larmes, (pie ceux qui foulent an\ pieds avec tant

d'obstination et de fureur les véritables gloires de leur nation, cessent enfin de haïr la religion très

sainle ; cl qu'ainsi, la liberté une Fois rendue à

l'Eglise, tons, tant qu'ils sont, et les catholiques,

XXII PHKFACE

et tous ceux qui ont au cœur le simple amour du juste et de l'honnête, se joignent à Nous pour le bien commun et pour la prospérité de leur patrie (1). »

Et déjà précédemment il avait émis ce même espoir, disant : « Nous savons par expérience que tout ce qui se fait au détriment de l'Eglise est, partout, également funeste à la chose publique. Qu'ils retiennent bien cette observation, non seulement ceux qui, en France, sont catholiques et pour lesquels défendre l'Eglise est un devoir sacré, mais encore tous ceux qui veulent la paix et la tranquillité publiques, afin que tous unissent leurs efforts pour épargner à leur patrie un si grand désastre (2) ».

Léon de Montesquiou.

(1) Allocution au Consistoire du 15 avril 1907.

(2) Allocution au Consistoire du 27 mars 1905.

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