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Légende: ^ Gymnastes âgés de moins de dS ans; + gymnastes faisant i gynmastique durant plusieurs années^ nont commencé qu après d7
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astique depuis moins de S ans; * gymnastes qui bien qii ayant fait de la iifie « plus petit » / G, plus grand ; = indique égalité de taille.
La taille moyenne des gymnastes lyonnais (L’Ol.^) est en diminution de ()"'(H sur la taille dn département (l“(‘)5r)).
Quant aux gymnastes d(> Saint-Ktienne leur taille moyenne^ en y comprenant les d(‘iix extrêmes, est de 1"'()08, en diminution del)"‘00r) sur celle du département de la Loire Abstraction faite d(is extrêmes, la
moyenne du plus grand nombre, an contraire, est de l"'()r)G, supérieure de G'"l)13 à la taille moyenne dn département.
Il semble donc qu'à part la taille moyenne des gymnastes stéphanois, celle des gymnastes que nous avons examinés est inférieure à la moyenne, et nous serions amenés à conclure à l’action défavorable de la gymnastique sur la croissance, s’il ne nous restait un dernier élément à examiner : la taille (relative) comparée des parents de nos gymnastes.
§ II. — Taille comparée (relative) des parents
A ce point de vue surtout les données que nous possédons sont approximatives ; n’ayant pn mesurer la taille des parents, nous ne pouvons nous appuyer que sur les renseignements fournis par les gymnastes euxmêmes. (3n ne saurait leur contester une valeur relative. Dans cet ordre d’idées, nous avons réparti les sujets en quatre catégories :
1° Gymnastes plus grands que Tun de leurs parents et égaux à l’autre, ou plus grands que jjôre et mère.
2® Gymnastes dont la taille est intermédiaire, comprise entre celle de leurs parents dont l'un est plus grand et l’autre plus petit.
3® Gymnastes dont la taille est égale à celle de leurs parents.
4® Gymnastes qui sont plus petits que l’im et égaux à l’autre de leurs parents, ou plus ])ctits que les deux.
Si l’on accorde quelque valeur aux indications fournies sur la taille des parents, on pourra considérer comme ayant gagné tous c('ux de la première catégorie ; comme n’ayant pas été inlluencés par la gymnasti(iue ceux des catégories deux et trois; ceux de la quatrième catégorie, enfin, peuvent être considérés comme ayant perdu en taille.
Or, en disséquant les indications fournies par notre tableau récapitulatif de la page 88, nous avons trouvé que :
Dans le département du Doubs sur 33 gymnastes 18 ont gagné, 10 n’ont pas été influencés, 5 ont perdu. A Lyon sur 20 gymnastes 12 ont gagné, G sont restés indifférents ; 2 seulement ont perdu.
A Saint-Étienne sur 18 gymnastes 12 ont gagné, la croissance de 4 n’a été influencée en aucune façon ; 2 seulement ont perdu.
En sorte que sur l’ensemble des 71 gymnastes, quarante-deux, c’est-à-dire environ GO 0/0 (59,14 0/0) sont plus grands que leurs parents. La gymnastique semble avoir eu sur leur croissance une action favorable.
Vingt, c’est-à-dire 28, IG 0/0 sont restés indifférents; la gymnastique n’a eu sur eux aucune action. 'Seuf seulement, c’est-à-dire 12,G7 0/0 sont plus petits que leurs parents ; k'S pratiqiuvs du gymnase ont nui à leur croissance.
Ainsi doue dans le plus grand nombre des cas la gijmnastiqu'î a. eu sur la croissance une action favorable. Si nous
rapprochons ces derniers résultats des renseignements que nous a fournis la moyenne de la taille chez nos gymnastes, nous sommes amenés à conclure (le fait que 50 0/0 d’entre eux ont gagné nous y autorise) que si cette moyenne générale de taille est inférieure à la la taille du département, cela ne peut tenir qu’à ce fait que le plus grand nombre d’entre eux appartenaient à des familles de petite taille.
Nous en sommes amenés à nous demander s’il y a entre ces deux éléments : pratique de la gymnastique et petite taille, une relation de cause à effet, ou, au contraire, si leur petitesse de taille n’est pas précisément le motif de la prédilection de certains jeunes gens pour cette forme particulière de l’exercice.
Nous })ensons que dans bon nombre de circonstances, c’est ainsi que les choses se passent. Le principe du moindre effort nous permet, en effet, de comprendre pourquoi les individus de stature élevée, dont le corps est constitué par des segments de grandes dimensions, n’oiit pas de disposition, ont même plutôt de l’aversion pour les exercices aux appareils qui sont surtout des exercices de force. Le peu de longueur relative des bras de levier s’accommode au contraire fort bien de ce genre d’exercices ; il permet de comprendre la facilité avec laquelle un gymnaste court, tra[)U, suspendu j)ar les mains à une barre fixe, par exemple, pourra faire conserver à son corps l’horizontalité, réalisant ainsi l’exercice généralement appelé planche en avant (balance faciale).
Lorsque, las des jeux élémentaires qui lui rappellent trop son enfance, l’adolescent cherche à donner à
son activité musculaire une orientation particulière, lorsqu’il est sur le point de se spécialiser en un mot, il choisit instinctivement le genre d’exercice qui lui paraît devoir convenir le mieux à son tempérament, <à sa constitution physique.
La gymnastique, avec tous ses appareils, lui sourira peu s’il est grand : il aura recours à quelque autre forme de l’exercice. S’il est petit ou de taille moyenne, tous ces appareils lui sembleront, au contraire, pleins de charme. Il y a là une espèce de sélection, opérée par les engins du gymnase. C’est là, peut-être, plus que dans l’influence nuisible de la gymnastique sur la croissance, qu’il convient de rechercher le motif de la taille, généralement plutôt petite que grande, de nos gymnastes français.
Malgré cela, il est impossible de méconnaître que, dans un certain nombre de cas, la gymnastique exerce sur la croissance de ceux qui s’y livrent une influence pernicieuse. M. le docteur Besson (1), de Bourges, nous a signalé le cas d’un jeune homme de 18 ans, nommé D..., faisant partie depuis l’ège de 10 ans d’une société de gymnastique, dont il est l’un des plus forts gymnastes ; bien qu’appartenant à une famille de taille moyenne, il n’a pas grandi depuis l’âge de 12 ans. Les professeurs de gymnastique euxmêmes conviennent non sans peine, il est vrai, de la possibilité de cet arrêt de la croissance sous l’influence d’une gymnastique intensive aux appareils. Depuis une douzaine d’années nous en avons observé nous-
(1) Docteur Besson, communication écrite.
même quelques cas très nets, mais toujours le début avait été très précoce et rentraînement intensif.
Parmi les ol)servations que nous rapportons, il en est une qui nous semble particulièrement instructive, celle du gymnaste portant le numéro 94 de notre tableau (v. p. 89) et qui, depuis deux ans, détient le championnat de gymnastique de France. Agé de 19 ans, faisant de la gymnastique depuis six ans, il a donc débuté à l’age de 13 ans. Sa taille qui est de 1™ 52, est inférieure à celle de ses parents. Mais il a toujours fait de la gymnastique aux appareils d’une façon intensive, exécutant de préférence des exercices de force dans lesquels il est vraiment surprenant.
Enfin, les pratiques des éleveurs et des dresseurs qui, pour obtenir des animaux de haute taille, choisissent des procréateurs grands, dans une race grande, donnent aux produits une nourriture abondante, et surtout U(‘ les font travailler qu’après leur croissance, constituent un argum<mt de plus en faveur du i-ùle de l’exercice musculaire exagéré dans l’arrêt de la croissance.
En résumé, pour nous, la pratique d<‘ la gymnastique aux appareils est susceptible dans certaines conditions d’entraver la croissance; la précocité du début ne nous paraît pas avoir autant d’importance dans la production de cet état pathologique, que l’intensité et la durée du travail fourni (1).
Les exercices de force en particulier, demandant un déploiement intensif et prolongé d’énergie muscu-
(1) Les gymnastes chez lesquels nous avons noté une taille plus petite que celle (le leurs parents, ont commencé la gymnastique respectivement à 8, 12, 13, U, 15, 15, 15, 16, 17 ans.
laire, doivent favoriser cet arrêt de développement qui est survenu surtout cliez les sujets ayant débuté au moment de la grande poussée de croissance. En tous cas ce nest (jii excep Ho nnellem oit que la gymna,Hique arrête la croissance. Dans la plupart des cas au contraire elle en favorise les manifestations.
Maintenant par quel procédé cet arrêt de la croissance pourrait-il se produire? Il n’est guère possible d’émettre à ce sujet autre chose que des hypothèses. Dire avec Bouchut (*) que « l’arrêt de la croissance est le résultat d’une seule et même maladie qui a le sang pour siège et pour nom le « rachitisme », c’est évidemment se payer de mots. Les gymnastes sont autre chose que des rachitiques ; l’explication ne saurait leur convenir.
Peut-être cet arrêt de la croissance est-il dû à la dérivation vers le muscle en activité, des matériaux nutritifs qui auraient favorisé la croissance de l’os s’ils n’avaient dû venir réparer les déchets occasionnés par la contraction musculaire' ?
Peut-être aussi faut-il voir dans ce phénomène la manifestation d’une virilité précoce s’accompagnant de l’ossitication qui est nn des caractères de l’àge adulte, et que pourrait amener chez le jeune homme la pratique des exercices du corps? C’est possible quoique très discutable.
N’('st-il pas plus logique de suppos('r que sous l’intluence du travail musculaire exagéré précoce, le cartilage de conjugaison est aiTêté dans son évolution par l’action irritative des tractions de hbrilles musculaires ?
(1) Bouchut. Traité des maladies do l'enfance, page. 256.
L’expérimentation viendrait, du reste, à l’appui de cette hypothèse. Les recherclies de M. le professeur Ollier, en 1867, ont établi cpie si l’on irrite le cai-tilage de conjugaison par des })iqùres, des dilacérations, on arrête son évolution tout en hâtant son ossification le plus souvent, sans que cette ossification hâtive soit absolument nécessaire. Elles ont démontré en outre, que par l’irritation de la diaphyse d’un os long par le périoste ou l’os lui-même, on obtient l’exagération des propriétés du cartilage de conjugaison.
Dès lors, le travail musculaire excessif et prolongé ne pourrait-il jouer sur le cartilage le rôle des irritatations expérimentales et arrêter la croissance? Le travail musculaire modéré ne pourrait-il, au contraire, en localisant son action sur la diaphyse, en favoriser les manifestations ?
Pour si subtile qu’elle paraisse, cette hypothèse est en tous cas, séduisante. Elle permettrait tout au moins d’expliquer les effets, différents selon les sujets et quelquefois contradictoires, produits sur la croissance par l’exercice musculaire.