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L’ÉDUCATION CORPORELLE A TRAVERS LES AGES

§ I. — Antiquité. Moyen âge et Renaissance

Temps modernes

C’est en Égypte, près de trois mille ans avant notre ère, que l’on trouve la première trace de l’existence d’une culture corporelle collective, ainsi que l’attestent les bas-reliefs de nombreux monuments égyptiens.

Mais c’est en Chine que semble avoir pris naissance, sous l’impulsion de l’empereur Hoang-Ti, la première idée de l’utilisation de l’exercice par la médecine et par l’hygiène. Le Cong-Fou, exposé des divers modes de l’exercice, date de l’an 2698 avant notre ère; malheureusement le mystère et la superstition vinrent jeter l’obscurité sur ces doctrines.

Il faut en venir aux Hellènes, pour voir l’éducation corporelle, élevée, sous le nom de « somascésie » à la hauteur d’une institution nationale. Athènes, Sparte, Tarente possédaient de nombreux gymnases et palestres où les jeunes Grecs venaient s’entraîner à la

pratique de la lutte, du pugilat, du pancrace, du disque, de la course à pied, à cheval, en char, de tous les exercices en un mot qui constituaient ces fameux jeux olympiques, à l’occasion desquels la Grèce entière s’assemblait, à certaines époques, à Olympie, à Delphes ou dans l’isthme de Corinthe.

Déjà en ce temps-là, les médecins ne purent rester indifférents à cette éducation du corps dont la fréquentation des gymnases leur permettait d’apprécier les remarquables effets sur l’organisme. Aussi Hérodicus, Hippocrate son élève. Diodes, Praxagore, Erosistrate, ITérophile, Théon s’attachèrent-ils, par une étude approfondie, à rendre les pratiques des gymnases plus rationnelles et plus salutaires encore.

Dans l’esprit essentiellement militaire des Romains, la pratique des exercices du corps devait être surtout une préparation aux fatigues de la guerre. Mais peu à peu et malgré d’illustres médecins : Asclépiade de Bithynie, Titus Aufidius, Celse, Galien, Oribase « aux virils exercices du champ de Mars se substitua la coutume dissolvante des jeux du cirque ; un jour vint qu’ils tombèrent dans un complet oubli ; cette date marque celle de la décadence de l’empire romain. » Collineau (‘).

Le moyen âge ne connut guère que les exercices de chevalerie, les tournois, l’équitation, la jectation ; le courant général des idées vers la vie monacale et l’ascétisme expliquent très bien ce discrédit relatif des exercices du corps à cette époque.

(1) Collineau. La Gymnastique, p. 37.

oo

Du XIII® au XVI® Fticcle ou ne sc préoccupa guère de réducatioii corporelle. IMais Ivabelais vint ({ui poussa un cri d’alarnie, et, de fait, il est difficile même de nos jours d’imaginer un programme ])lus diversifié que celui des exercici'S ])liysiques que Ponocratcs baisait exécuter à Gargantua son élève.

Eu 1573 parut le livre de IMercuriali « De arte gymnastica, libri sex » qui « l'cste comme le trait d’union entre la gymnastique antiipie et la gymnastique des modernes ». Ilillairet (-).

Dès lors, non seuleiiKuit b's médecins, mais des ])liilosoplies comme Montaigne, des réformateurs tels que Luther, Calvin, apprécient à finir juste valeur fi's avantages des exercices du corps.

Le XVII® siècle, plus pi'écis, applique son esprit à l’étude de la mécanique des exercices et de leur action physiologique. En 1780, (nifiii, Tissot publie un « Traité de gymnastique chirurgicale et médicinale » qu’à l’heure actuelle encore consultent avec profit tous ceux qu’intéresse la question passionnante de l’éducation physique.

La gymnastique va concourir désormais d’une façon méthodique à l’éducation de la jeunesse. Pestalozzi en Suisse entre le premier dans cetti'voie dans laquelle le suivent bientôt Gultsmutlis en Allemagne, Naclitigall en Danemarck. « Quand s’ouvrit le xix® siècle, trois états en Europe étaient seuls pourvus de gvmnases. C’étaient : la Suisse, l’Allemagne et le Danemark. » (Bouvier cité par Collincau.)

(2j Ilillairet. Rapport ministériel sur l’enseignement de la gymnastique dans les lycées, collèges, écoles normales et primaires. Paris, 18ü8.

§ 2. — La gymnastique au XIX® siècle

C’est à un Espagnol rpio nous devons l’introduction en France de la gymnastique dans rarnice, à un Suisse, le professeur Clias, de Berne, son introduction dans renseignement. Vers 1815, en effet, le major général Amoros y Oudéano (Don François) se réfugia en France à la suite de revers politiques, se fit naturaliser Français, et, après de nombreuses démarches pour obtenir la création d’une école normale de gymnastique semblable à celle qu’il avait fondée en Espagne, d’après la méthode de Pestalozzi, fut chargé par le ministre de la guerin', le 4 novembre 1819, de fonder un gymnase dans la plaine de Grenelle. Cet établissement, où de nombreux militaires, officiers et soldats reçurent pendant une vingtaine d’années une instruction gvnmastique complète, fut fermé le 29 décembre 1837. Amoros mourut oublié en 1848, après avoir publié son « Manuel d’éducation physique et morale ».

Clias, le second importateur de la gymnastique en France, donna gratuitement des leçons aux élèves des écoles communales et aux sapeurs-pompiers de Paris de 1817 à 1819. En 1821, il est appelé en Angleterre oii il est nommé capitaine surintendant des exercices gymnastiques pour l’armée. En 1841, rentré en France, il vint à Besançon où, sur la demande de M. Ordinaire, ancien i-ecteur d’Académie et de M. Touranges, préfet du Doubs, il fut autoidsé à introduire', gratuitement sa méthode à l’écoh; normale. C’est pendant son séjour à Besançon qu’il publia ses deux plus im-

portants ouvrages. En 1843, il revint à Paris et fut autorisé à faire applicpier sa méthode dans trois écoles municipales. On ne connaît ni la date, ni le lieu de sa mort Q).

La gymnase d’Amoros avait heureusement été une pépinière de sujets distingués qui continuèrent l’œuvre du maître. L’administration militaire avait ouvert un gymnase à Lyon, dans les anciens fossés de l’enceinte à la Croix-Rousse. Un sons-officier, élève d’Amoros, M. Pugens, y fut envoyé comme professeur le 1®" janvier 1838. Libéré du service militaire, il fonde aux Brotteaux, en 1841, le gymnase civil de la rue Tronchet, disparu depuis deux ou trois ans à peine. L’année suivante, en 1842, de concert avec un certain nombre d’Allemands et de Suisses établis à Lyon, il crée une Association civile d’amateurs de gymnastique. Pendant plusieurs années, dit M. Aug. Bleton 0, l’élément lyonnais n’y figura qu’cà titre exceptionnel; peu à peu il prit plus d’importance. L’enseignement de la gymnastique, introduit au collège depuis 1841, avait réveillé le goût du gymnase chez quelques élèves qui continuèrent à le fréquenter, une fois leurs études terminées. A la suite des événements de 1848 qui avaient motivé le départ de plusieurs Badois, allant défendre la liberté de leur pays contre l’intervention prussienne, le groupe des habitués du gymnase Pugens se constitua en Société lyonnaise de gymnas-

(1) Tiré du livre : La Gymnastique en France au xix® siècle, par D. Maraoz, p. 50.

(2) Aug. Bleton, in « Le Gymnaste », 1894, page 315.

tique, dénomination qn’elle devait échanger vers 1868 pour le titre assez prétentieux de V Herculéenne. Elle disparut peu avant la guerre et la gymnasticpie ne reviendra à Lyon qu’en 1872 par le cercde gymnastique de Lyon, La Société lyonnaise de gymnastique peut donc revendiquer la priorité d'cige sur toutes les associations françaises de même nature.

L’initiative privée à Paris ne s’était manifestée dans le même ordre d’idées qu’en 1859, par la création de la Société des A.mis de la gymnastique avec M. Eug. Paz. Mais, comme le fait remarquer M. D. Mamoz (‘), « ce n’est pas dans ces deux essais qu’il faut aller chercher l’origine de nos sociétés actuelles. C’est en Alsace, à Guebwiller (Haut-Rhin), le 5 janvier 1866, que fut fondée la société mère qui fut le point de départ de l’éducation physique par les sociétés de gymnastique, » L’impulsion était donnée ; malgré cela il n’y avait en France, avant la guerre de 1870, que trente-huit sociétés. L’Alsace à elle seule en possédait dix-sept. Les vingt-et-une autres pour le reste de la France se répartissaient de la manière suivante ;

Deux départements (Seine et Doubs) en avaient trois ; Quatre départements (Meurthe, Vosges, Seine-Inférieure, Marne) en possédaient deux ; sept départements (Aube, Alpes-Maritimes, Côte-d’Or, Haute-Saône, Moselle, Rhône, Seine-et-Marne) n’en avaient qu’une.

Après la guerre, on comprit que les désastres de la France avaient eu en partie pour cause, la faiblesse et le manque d’énergie de ceux qui avaient été appelés

(1) D. Mâmoz. La Gymnastique en France au XIX® siècle, p. 77.

sous les armes sans préparation; les sociétés de gymnastique surgirent alors de tous les points du territoire. En 1(S73, on comptait une trentaine de sociétés (rannexion nous en avait fait perdre dix-sept). Le 28 novembre de la même année, une dizaine de ces sociétés se grou|)èrent en association sous le titre à' Union des Sociétés de gymnastique de France. Ce devait être le point de départ du développement progressif de la gymnastique dans notre pays.

On avait sans doute mieux com])ris à l’étranger les avantages de ce mode de l’éducation corporelle. En 1810, en effet, Jahn avait créé un gymnase à Berlin. Ling, ancien professeur de mythologie Scandinave, après avoir étudié la médecine avait ouvert, en 1813, avec l’appui du gouvernement, un Institut central royal de gymnastique Stockholm. Tous deux avaient fait école et déterminé en Suède, en Allemagne et dans les pays du nord de l’Europe, la création de nombreuses associations et l’introduction de la gymnastique dans l’enseignement. Aussi lorsqu’en France, le décret du 3 février 18G8 eût institué une commission chargée, sous la présidence du baron Larrey, de l’examen des questions relatives à l’enseignement de la gymnastique dans les écoles de l’Empire, le D" Hillairet, rapporteur, fut-il obligé de déclarer à M. Duruy, ministre de l’instruction publique, que nous étions bien en retard sur nos voisins, et de constater la relation intime et directe qui existait entre le développement de l’instruction publique et celui de la gymnastique. A ce point de vue, la Prusse, la Saxe, la Bavière, la Suisse, la Hollande, le Danemarck, la Suède

étaient au premier rang; la France, l’Angleterre, la Belgique venaient au second plan; rAutriche, la Grèce, l’Italie sur un troisième; sur un quatrième enfin, la Russie, l’Espagne et les Etats Pontificaux.

En ce qui concerne la seule Allemagne, « peu de temps avant la guerre de FSTO, il y avait en Allemagne 13()0 Turnvereinen ou associations de gymnastique, comprenant plus de 100.000 membres » (‘) (M. Bréal.) La France, on s’en souvient, en possédait trente-six à cette époque. A la suite du rapport du D" Hillairet, la gymnastique fut rendue obligatoire dans les lycées et collèges communaux, dans les écoles normales primaires et les écoles primaires qui leur sont annexées : le certificat d’aptitude à l’enseignement de la gymnastique fut créé. Désormais les professeurs ne se recruteraient plus uniquement parmi les anciens élèves de l'école normale de gymnastique militaire, fondée à Joinville-le-Pont en 1852. Malgré cela, une circulaire de J. Simon, du 12 mai 1872, déclare que l’éducation physique est encore à créer en France. A l’heure actuelle pourtant, grâce à l’heureuse influence de l’initiative privée, la France possède près d’un millier de sociétés de gymnastique, avec un effectif d’environ 40.000 membres actifs. Étant donné le rôle important, sur lequel nous reviendrons du reste, que joue la société de gymnastique au point de vue de l’éducation physique, il nous a paru intéressant de rechercher quelle était la répartition des associations de cette nature sur notre territoire.

(1) M. Bréal. Excursions pédagogiques. Paris 1882, p. 131.

L’Étude d’une statistique dressée en 1894, par M. D. Kœnig, alors secrétaire général de V Union des Sociétés de gymnastique de France et mise obligeamment à notre disposition par son auteur, nous a permis de répartir les départements français en sept classes, selon leur richesse en sociétés de gymnastique.

1° départements eu sont totalement dépourvus : Ariège, Aveyron, Basses-Alpes, Basses-Pyrénées, Gers, Hautes- Alpes, Landes, Lot, Lozère.

2° Quatre n’en possèdent qu’une : Cantal, Hautes-Pyrénées, Haute-Savoie, Tarn-et-Garonne.

3° Trente en comptent de 1 à 5 : Ardèche, Côtes-du-Nord, Creuse, Haute-Loire, Lot-et-Garonne, Mayenne, Nièvre, Orne, Pyrénées-Orientales, Tarn (2) ; Aude, Haut-Rhin, Hérault, Manche, Deux-Sèvres, Var, Vendée (3) ; Bouches-du- Rhône, Corrèze, Finistère, Gard, Loir-et-Cher, Loire-Inférieure, Loiret, Maine-et-Loire, Vaucluse (4) ; Alpes-Maritimes, Haute-Garonne, Morbihan, Sarthe (5).

4° Vingt en possèdent de 5 à 10 : Meuse, Haute-Saône, Vienne, Haute-Vienne, Constantine (6) ; Cher, Dordogne, Eure-et-Loir, Indre, Vosges (7) ; Allier, Puy-de-Dôme, Savoie, Alger (8) ; Drôme, Ille-et-Vilaine, Yonne (9) ; Calvados, Côte-d’Or, Oran (10).

5° Quinze en comptent dellà 20: Ain, Charente-Inférieure, Seine-et-Marne, Somme (11) ; Eure, Indre-et-Loire, Meurthe-et-Moselle, Haute-Marne (12) ; Pas-de-Calais (15) ; Ardennes, Doubs, Jura (IG) ; Loire (17) ; Aube, Gironde (19).

0° Six en possèdent de 20 à 40 : Charente (22), Isère, Oise (26) ; Aisne (27), Saône-et-Loire, (36) ; Nord (39).

7® Cing en comptent de 41 à 68 : Seine-Inférieure (42), Seine-et-Oise (44) ; Marne (45) ; Rhône (47) ; Seine (68).

Ce qui ressort de ces chiffres, c’est que d’une façon générale ce sont nos départements du Nord, du Nord- Est, de l’Est et du Sud-Est, ou l’on compte le nombre le plus élevé de sociétés de gymnastique. La raison ne doit pas en être cherchée ailleurs que dans la proximité de la frontière, et dans l’influence exercée sur nous, à distance par les Belges, les Allemands, les Suisses si compétents et si avancés en matière de gymnastique. Les départements du centre, de l’ouest au contraire en possèdent un nombre relativement restreint. Il nous paraît enfin intéressant de faire remarquer que, parmi les départements ne comptant pas de sociétés ou n’en possédant qu’une, plusieurs sont également peu avancés au point de vue de l’instruction. L’Algérie ne compte pas moins de 24 sociétés.

Les 900 sociétés françaises appartiennent à l’une des 18 Associations ou fédérations régionales ou départementales qui existent sur notre territoire. Sur ce nombre 450 environ sont groupées sous la bannière de y Union des Sociétés de gymnastique de France. Chaque année, indépendamment de la Fête Fédérale, de nombreux concours, trop nombreux peut-être, réunissent en diverses régions une jeunesse pleine d’entrain et d’émulation. Presque toujours ils sont le point de départ de la création de sociétés nouvelles.

Mais le mouvement gymnique a peut-être été encore plus important à l’étranger qu’en France. L’amabilité de correspondants étrangers (‘) nous permet de pré-

(l)]Major Victor Balck (Stockholm), Ilictmann St-Gallen, (Suisse), Th, Geiger (Regensbourg, Bavière), F. Bloinart. Cupérus (Anvers).

senter un aperçu très exact de l’état actuel de la gymnastique dans les principaux pays de l’Europe.

La Fédération Allemande {Deutsche Tanierschaft), comprenait, au le' janvier 1892, 4.722 sociétés avec 244.503 membres actifs. Il y avait en outre 666 sociétés non affiliées. A Pheure actuelle il y a en Allemagne, 5.312 « Turnvereinen » répartis sur 4.536 villes ou villages avec un effectif de 300.000 travailleurs.

La Fédération Suisse qui comprend, à trois exceptions près, toutes les sociétés du territoire, se compose de 18 associations cantonales, comprenant 448 sections avec 28.273 membres.

La Fédération Belge {Belgische Turnlond), fondée le 6 août 1865, est composée de 118 sociétés réparties en cinq régions, et comprenant 4.624 gymnastes. Il n’y avait en Belgique, en 1869, que 14 sociétés ; en 1873, 24 seulement.

Dans le grand duché de Luxembourg, il n’y a que 8 sociétés avec 230 membres actifs.

L’Angleterre, ne possède guère que des sociétés sportives ; il n’y a en effet que Sô gymnastics-clubs, dont 28 à Londres, et composés surtout d’éléments étrangers : Suisses et Allemands.

En Hollande la Nederlajîsch gymnastick Yerhond (fédération néerlandaise) est formée de 6 associations comprenant 115 sociétés avec 2.504 membres actifs.

En Suède, il y a environ 40 sociétés de gymnastique avec 1.500 membres. La fédération {Svenska gymnnstik forbundet) , en comprend 26 avec 1.000 membres. Presque toutes ne pratiquent que la gymnastique suédoise.

En Norvège, la Norske Tum-og gymnastik forhund comprend 24 sociétés avec 3.922 membres. En dehors de la Fédération existent 6 sociétés avec 259 membres. En tout, 30 sociétés et 4.181 membres.

En Danemarck, il y a environ 30 sociétés avec 2.000 mem-

bres, pratiquant unegymnastique mi-suédoise, mi-allemande. Mais pendant Thiver, presque toutes les sociétés de vélocipédie, de paume, de canotage, etc., se constituent en cercles de gymnastique.

En Bohême, la Ceslia Obec SokoUka (Union des sokols tchèques) ([ui englobe la totalité des associations de gymnastique, possède 295 sociétés avec 8.200 membres actifs.

La Federaziom ginnastica na:iionale d’Italie est composée de 118 sociétés avec un effectif de 11.000 membres.

Nous n’avons pu nous procurer le moindre renseignement sur le mouvement gymnastique en Espagne.

Bien que le peuple russe montre pour les jeux et les exercices du corps les dispositions les plus heureuses, à part les gymnases de quelques grandes villes, la gymnastique proprement dite est peu en honneur en Russie, et les Sociétés y sont très rares.

La Grèce enfin ne possède qu’un nombre restreint de sociétés de gymnastique ; mais ce pays évoque en nous le souvenir de la tentative récente (1895) de restauration des Jeux Olympiques d’autrefois, dont la fameuse course de Marathon, présente encore à tous les esprits, n’a été qu’un des épisodes.

Si maintenant nous classons les différents États européens, d’après l’importance du mouvement gymnique, nous arrivons au tableau suivant :

Allemagne 5.312 sociétés 300.000 gymnastes

France 900 — 40.000 —

Suisse 448 — 28.273 —

Bohème 295 — 8.200 —

Italie 118 — 11.000 —

Belgique 118 — 4.624 —

Uollaude

Suède

Norvège

Daiiemarck

Luxembourg (gr. duché de).

115 sociétés

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