CHAPITRE PREMIER
Technique.
Avant d'exposer etde commenter lesdifférentes observations de numération globulaire que nous avons pu prendre chez des cardiaques, il nous semblerait peut-être utile de dire en quelques mots de quelle méthode nous faisions usage et, à ce propos, non pas de faire l’historique des moyens employés pour compter les globules, mais dire au moins pourquoi nous avons fait choix d’une méthode plutôt que d’une autre.
Et d’abord, nous avions à choisir entre deux grandes classes de moyens, la numération directe et la numération indirecte. Evidemment, la première seule pouvait nous convenir. Quoique « la pesée des globules donne ses résultats, la chromométrie fournisse les siens... je crois être en droit d'affirmer qu'ils ne peuvent se suppléer les uns les autres, qu'on ne peut, par exemple, du poids et de
la couleur conclure un nombre, que la numération indirecte pêche par la base, que seule la numération directe peut nous donner une idée exacte du nombre des globules rouges compris dans une quantité donnée de sang. Je ferai remarquer enfin qu’elle jouit de l’imménse avantage de n’exiger que des quantités de sang vraiment insignifiantes, ce qui permet de l’appliquer à tous les cas pos= sibles 1. »
Je n'aurai donc à m’occuper que des méthodes de numération directe.
Beaucoup d'auteurs ont cherché à résoudre ce problème de la numération directe des globules sanguins. Vierrord le premier eut le mérite d’y penser et d’y faire penser. Sa méthode naturellement était bien primitive et n’était pas plus pratique au point de vue technique qu’au point de vue de l'exactitude de ses numérations. Après avoir mesuré une certaine quantité de sang au moyen d’un tube capillairé bien calibré, 1l le mêlait à une quantité connue de sérum; reprenant alors ce mélange au moyen d'une pipette, il le laissait sécher sur un porte-objet où il avait étendu en lignes très étroites et enfin comptait les globules à l’aide d’un micromètre mobile. Comme on le voit les manipulations n'étaient pas faciles et, de plus, cette opération demandait un temps considérable, puisque Rollet ‘ avoue qu’il était obligé de compter deux à trois mille globules pour chaque numération, chose qui eût été peu pratique pour prendre de nombreuses observations.
1 Malassez, De la numération des globules rouges du sang. Thèse de ENCORE :
1 Rollet, art. SAnG, du Manuel d’histologie de Stricker, Leipzig, p. 77, 1869, cité par Malassez,