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Montegazza! trouvant cette méthode de Vierrord trop difficile à employer s’ingénia à trouver quelque chose de plus facile, ce à quoi il arriva, mais au grand détriment de l'exactitude. Il prenait une quantité déterminée de sang au moyen d’un tube capillaire gradué ; mettait ce sang sur une lame porte-objet et le mêlait à une goutte d’une solution de gomme. Puis comptant tous les globules se trouvant dans les limites du cadre d’un oculaire quadrillé, il rapportait le nombre trouvé dans cet espace au nombre des globules se trouvant dans toute la goutte, c’est-à-dire qu'il évaluait le rapport de la surface où il avait compté les globules à la surface totale de la goutte de sang.
Comme on le voit, l'exécution était simplifiée, mais les résultats devaient être peu exacts, car on peut remarquer que Montegazza prenait les surfaces pour les volumes; or, qui pouvait lui assurer une épaisseur constante dans toute l'étendue de sa goutte de sang ?
En 1867, M. Potain imagiua une nouvelle méthode de numération qui, pour aussi exacte que possible, n’en n’était pas moins encore peu pratique au point de vue technique. Mais si sa maniere de compter les globules ne devait pas rester dans la clinique, l'instrument qu’il fit construire pour prendre le sang et le mélanger au sérum était d’un usage si commode qu'il devait rendre dans la suite les plus grands services au clinicien désireux d'examiner le sang de son malade. Aussi, est-ce à l’aide de cet instrument que nous avons pris toutes nos observations ; mais en faire une description, serait chose superflue, il est
4 Del globulimetro nuovo instrumento per determinare rapidamente la quantita dei globetti rossi del sangue, e nuove ricerche ematologische, Milano, 1865.
MR Lies aujourd’hui trop vulgarisé, et cependant il est certaines précautions à prendre dans son maniement, sur lesquelles il serait peut-être bon d’insister et sur lesquelles nous reviendrons plus loin.
Quant à la méthode de numération de M. Potain, nous n’en disons que quelques mots pour mémoire. Elle consiste à prendre une certaine quantité de sang mesurée dans son mélangeur, qui était divisé en cinquantièmes de millimètre cube, et à l’étendre sur une lame porte-objet à cellule, par gouttes assez petites pour être contenues dans le champ du microscope. Pour prendre ainsi une quantité déterminée de sang dans son mélangeur, il était obligé de se servir d’un artifice qui consistait à faire passer dans la longue portion de l'instrument jusqu’au niveau des divisions une petite bulle d’air servant d’index; opération, comme on peut s’en assurer, déjà très délicate et demandant souvent un temps considérable pour être pratiquée. Mais là n’était pas la plus grande difficulté de sa méthode; ce qu'il y avait de plus difficile était bien de déposer des gouttes assez légères, de les empêcher de s’évaporer ou de s'étendre trop, si par hasard la lame était un peu humide. Aussi, cette méthode parut encore peu pratique et Malassez, élève de M. Potain, imagina avec l’aide de ce dernier, son tube capillaire si connu aujourd’hui.
Mais malgré les progres déjà réalisés, le tube capillaire de Malassez n’était pas à l’abri de toute critique et on lit dans uce leçon clinique faite par M. Hayem à l’hôpital de la Charité‘ :
1 Hayem, De la numération des globules du sang (Gaz. hebd. de méd.), p. 291, Paris, 1877.
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« Je ne crois pas cependant que le principe sur lequel repose ce dernier procédé soit exact. Outre les difficultés que doit présenter le jaugeage précis d’un espace capillaire très petit, je me suis assuré par des expériences comparatives que tout appareil se remplissant par capillarité conduit à des résultats erronés. Le mélange sanguin est composé d’une partie liquide et de corps solides en suspension dans ce liquide. Placé à l'extrémité d’un espace capillaire, il y pénètre inégalement, la partie liquide s’introduisant dans l’espace capillaire plus facilement que les parties solides. L'introduction d’une partie du mélange dans le tube détruit donc l'homogénéité de la répartition des globules. De plus, les parois elles-mêmes de l’espace capillaire repoussent les globules du sang, et il se forme une sorte de zone claire, analogue à celle qui existe dans les capillaires naturels. Il en résulte qu’en calculant le nombre des globules d’après celui que contient un segment du capillaire, on ne peut arriver à un chiffre exact. »
Aussi MM. Hayem et Nachet reprirent-ils l'étude de cette question et proposèrent-ils leur hématimètre à cel. lule qui donnent des résultats satisfaisants. Leur instrument très simple est composé d’une lamelle de verre d’une épaisseur connue, perforé en son milieu d’un trou de 1 centimètre environ, et collée sur une lame de verre bien plane. On à ainsi une cellule d’une hauteur connue et si on dépose en son centre une goutte du liquide à examiner et qu’on le recouvre d’une lamelle bien plane, on a une lame de liquide à surface parallèle, isolée par une couronne d’air (si on a eu la précaution de mettre une goutte de liquide assez petite pour ne pas remplir la
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cellule) et dont la hauteur est celle même de la cellule.
Le compte- globule à chambre humide du D' Malassez, qui nous servit à faire nos numérations est le même appareil avec quelques modifications, qui le rendent encore plus pratique. (es quelques modifications avaient pour but :
1° D’assurer l’existence constante d’une couronne d’air autour du liquide à examiner ;
2 De permettre l'emploi des lamelles ordinaires pour recouvrir la cellule ;
3 De supprimer l’oculaire quadrillé.
La description de cet appareil fera bien voir comment ces petites difficultés furent soulevées.
Il se compose essentiellement d’une lame ayant creusé en son milieu un petit canal circulaire circonscrivant ainsi un certain espace d’un demi-centimètre carré sur laquelle on met la goutte de sang. Autour de ce canal circulaire, il imagina de mettre quatre vis émergeant d’une quantité comme au-dessus de la lame porte-objet, si bien qu’en plaçant une lamelle couvre-objet, on avait une chambre humide d’une hauteur donnée et la goutte de sang qu’on avait placée au milieu se trouvait entourée d’une couronne d’air. Le premier but était ainsi atteint.
Quant aux lamelles ordinaires, il diminua les chances d'erreur que présentait leur emploi en fixant sur la lame porte-objet, à l’aide d’une vis à pression un compresseur qui facilite leur placement sur les vis et les y maintient bien appliquées.
Enfin, la suppression de l’oculaire quadrillé fut imaginé par un Anglais, Gowers', qui eut l’idée de graver au fond
1 Gowers, On the numeration of blood corpuscles (Lancet, II, p. 797, 1877.)
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he de la cellule les divisions qui doivent servir à faire la numération.
Comme on peut s’en rendre compte, les difficultés opératoires de la numération globulaire étaient complètement supprimées avec cet appareil et l'exactitude n’était pas sacrifiée, car on peut voir que grâce au compresseur et à la couronne d’air entourant la goutte desang, on se trouve en présence d’une lame liquide à surface parallèle et de hauteur connue et qu’il est facile alors, étant donné les divisions de la cellule, de calculer le nombre de globules pour un millimètre cube.
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a) Mélange. — Cest, comme nous l’avons dit plus haut, à l’aide du mélangeur Potain, que nous faisions le mélange de sérum et de sang destiné à diluer ce dernier pour en faciliter l'examen.
Après avoir piqué le doigt du malade avec certaines petites précautions, comme par exemple celles consistant à comprimer les nerfs collatéraux et à piquer très près du bord de l’ongle pour avoir une quantité suffisante de sang avec le moins de douleur possible, on aspire le sang dans le mélangeur jusqu’au trait 1 placé en haut du tube capillaire.
Sans tarder, on aspire le sérum et on remplit l’ampoule jusqu’au trait 101. On a ainsi une solution au 100°.
Il ne reste plus qu’à agiter le mélange en tous sens, de facon à ce que la petite boule qui se trouve dans le réservoir le brasse intimement et en assure la parfaite homo-
généité.
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Nous avons toujours employé la solution au 100° et jamais nous n'avons rencontré de sang assez épais pour nous empêcher la numération des globules dans un tel mélange, et il est évident que moins on dilue le sang, moins on a de chance d'erreur.
Le sérum que nous avons employé est le liquide À de Hayem. Il est ainsi conçu :
Eau distillée. . . . +. . 200 grammes.
Chorure de sodium pur . . 1 gramme Sulfate de soude pur . . . 5 grammes.
Bichlorure de Hg. 2," O!gr, 50
« Ge liquide s'applique parfaitement à la numération des globules rouges-et des globules blancs chez l’homme et chez les animaux, car il n’en détruit jamais un seul, même dans les cas d’anémie extrème. » Il conserve bien la forme des globules qui se trouvent répandus avec beaucoup d’uniformité dans toute la préparation.
Voilà Popération du mélange, si simplifiée par ce petit appareil. Cependant il ne faut pas oublier qu’on a affaire à un tube capillaire et que dans sa manipulation il faut apporter beaucoup de propreté pour empêcher qu’un petit caillot de sang n’en n’obstrue la lumière, Aussi est-il bon après chaque prise de sang d’y faire passer un courant d’eau qui en enlève les dernières parcelles qui auraient pu y rester.
b) Préparation. — Le mélange sanguin bien préparé, on en fait sortir une certaine quantité, dont on laisse perdre la première goutte, qui n’est autre chose que du sérum
1 Hayem, Du sang.
resté dans le tube capillaire, "èt on en dépose une autre goutte sur le porte-objet de la chambre humide, en ayant soin de l’agiter avec la pointe du mélangeur pour qu’elle ne perde pas son homogénéité.
On rabat alors doucement le compresseur porte-lamelle sur les vis et cela le plus vite possible pour que l’évapora tion n’ait pas le temps de concentrer la goutte du mélange. Celle-ei doit alors couvrir tout le porte-objet et ne pas contenir de bulles d'air. Ceci fait, on s’assure que la lamelle repose bien sur les quatre vis, en la frappant lége-. rement avec un corps ne faisant pas de bruit par lui-même, pour voir s’il ne se produit pas de choc entre elle et une des vis.
c) Numéralion. — La chambre humide portée sous le microscope, on compte alors le nombre de globules conte nus dans un des rectangles divisés en vingt petits carrés. Mais pour avoir plus d’exactitude, ilne faut pas se contenter d’une seule numération. Aussi comptions-nous quatre de ces rectangles, placés dans des points indifférents de la préparation et la moyenne de ces quatre numérations nous donnait ainsi un résultat s’approchant de très pres de la réalité,
Comme notre chambre humide était graduét au 9° c’est à dire que la goutte de sang avait 1/5° de millimètre d'épaisseur, et que notre mélange était fait au 100°, nous nous trouvions, après avoir compté les globules d’un rectangle, avoir analysé la 10.000 partie d’un millimètre cube; il ne nous restait donc plus qu’à multiplier le résultat par 10.000 pour arriver au but.
Comme on le voit, Popération était très simple, aussi avec un peu d'habitude, même en comptant quatre rectan-
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gles, ne met-on guère qu’un quart d'heure pour chaque prise de sang. Nous sommes loin du temps qu’il fallait à Vierrord pour ses numérations.
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