‹ Considérations sur le Diagnostic précoce du Cancer Recto-Sigmoïdien à propos de 33 ObservationsChapitre 6 sur 31 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

GENERALITES

Il nous à semblé intéressant, avant d’aborder notre sujet, de donner un aperçu général sur la charnière du rectum à l’état normal, et sur le cancer qui s’y développe, en insistant surtout sur l’étiologie de cette affection. |

ANATOMIQUEMENT, le rectum prend naissance 1à où cesse le méso-côlon, c’est-à-dire à la face antérieure de la troisième vertèbre sacrée. À ce niveau cesse l’anse sigmoide, plus ou moins mobile. À leur point de jonction se trouve une plicature ; c’est à cet angle et aux quelques centimètres qui le précèdent et le suivent que nous donnons le nom de charnière recto-sigmotïdienne. De volume constant jusqu'à lui l'intestin va se dilater ct former l’ampoule rectale. Le diamètre augmente sur le versant rectal. Cette portion sus-ampulaire présente la forme d’un collet avec un méso-postérieur (collet de l’ampoule de Gally }, et, fait important, sur lequel nous croyons devoir insister, cette portion rectale est recouverte par le péritoine. Elle se trouve être ainsi sous-péritonéale. À ce propos rappelons que James Gantlie a conclu après de nombreux examens que l'angle recto-sigmoidien peut être désigné sous le nom de « pylore sigmoïdo-rec-

tal ».

PHYSIOLOGIQUEMENT : Un autre fait intéressant, signalé par GRANT, l’ampoule rectale est normalement vide, les matières sont dans le sigmoïde. Lors de la défécation, la muqueuse sigmoïdienne s’invagine de deux ou trois centimètres dans l’ampoule rectale réalisant un véritable piston : le piston sigmoïdien. Cette charnière joue le tôle d’un sphincter rudimentaire qui se laisse distendre pour laisser passer les matières.

DU POINT DE VUE ANATOMO-PATHOLOGIQUE les lésions cancéreuses rencontrées à ce niveau sont surtout des épithéliomas à type végétant ou sténosant. Cependant nous trouverons parfois dans nos examens biologiques de contrôle différentes autres for-

mes,

Ro .

Le cancer est généralement localisé, au début sur la face postérieure. De là, il s'étend en surface et en profondeur, l’évolution se faisant vers le rectum.

Enfin, DU POINT DE VUE ETIOLOGIQUE, sur lequel nous ñne voulons pas nous étendre, nous préciserons seulement deux facteurs: l’hérédité qui semble être une cause prédisposante indéniable car certains individus ont hérité d’une prédisposition à l'instabilité cellulaire. Néanmoins, isolée, cette condition semble insuffisante. Du fait que le cancer se développe sur les portions du corps soumises à une irritation continue, se précise le deuxième facteur : le facteur irritatif, constitué par les micro-traumatismes.

‘Même à l’état normal une série de minimes érosions sont créées à la surface de la muqueuse sigmoïdienne puisque physiologiquerent ce segment intestinal est un réservoir où séjournent les riatières fécales souvent rugueuses, dures avec de nombreuses aspérités. Ces irritations peu intenses mais permanentes causent à ce niveau des lésions d'appel pour le néoplasme. Or, le sigmoïde et le rectum, où ces lésions minimes sont très abondantes sont les deux points d'élection du gros intestin pour le cancer. Un rapport de cause à effet est donc ici indéniable.

Outre ces micro-traumatismes, dûs au passage des matières on a vu que la muqueuse sigmoïdienne réalise un véritable piston s'invaginant dans le rectum, provoquant des tiraillements et des troubles circulatoires qui ne peuvent qu’accroître le nombre et le danger de ces micro-traurmatismes.

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