‹ Considérations sur le gouvernement des Pays-BasChapitre 10 sur 15 · SUR LB OOUVEBMEMENT DB8 FATS-BAS · texte numérisé non relu

SUR LB OOUVEBMEMENT DB8 FATS-BAS

parties, (comme il arrive tousjours à ceux qui se meslent de semblable accord, pour estre presqu’impossible de tenir la balance de l’affection si droite quelle ne pancbe ny d’un costô ny d’autre ; ou que l’on soit si espuré d’intérest, qu’il ne s’en remarque plus vers l’un que vers l’autre,) mais encore, ce qui est du tout extraordinaire, à toutes les deux ; de façon qu’après quelque séjour, elle y a receu tant d’indignités, qu’elle a esté constrainte de sortir ' et de se retirer à Cologne, où enfin elle est morte *, servant d’un exemple des plus rares, qu’aucun autre siècle ait furny, de la vanité du monde, en ce qu’une si grande princesse, qui estoit vefve de Henry IV, roy de France , où, après sa mort, elle avoit esté régente, durant la minorité du roy, son filz, et qui estoit mère ® des trois plus grands roys de la cbrestieneté et du ducq de Savoye, cousine germaine de Ferdinand II, du nom, empereur, et de Sigismond III, roy de Pologne, et sœur du grand ducq de Toscane, n’a pas trouvé, dans tous les Estats de ses parens si proches, un seul lieu pour s’y retirer, et esté réduite à mourir en exil. En quoy le roy de France a eu le plus grand blasme, pour luy, qui estoit son propre filz, de l’avoir chassé de son royaume, commettant cette impiété vers sa mère, que Dieu tesmoigna n’approuver, ayant raccourcy sa vie de beaucoup, le privant de la béné-

‘ Ce fut le 22 août 1641, que la reine-mère quitta Londres, pour aller s’embarquer à Douvres ; elle prit terre A Flessingue, gagna à Dordrecht le Rhin, qu’elle remonta jusqu’à Cologne, où elle fut reçue le 12 octobre, au bruit du canon. Bazin, IV, 163, 164.

* Le 3 juillet 1642. Bazin, IV, 188.

•’ Mère et belle-mère.

diction de la loùgue vie, qu’il promet à ceux qui honorent leurs père et mèfe ; estant mort peu après sa dite mère, à la 42* année de son âge, le 14 mai 1643. Et ce qui est grandement remarquable, à un semblable jour et à la mesme heure, sçavoir environ les quatre heures après midy, que ledit Henri IV, son père, a esté tué, à Paris, trente trois ans auparavant, le 14 de may 1610, et de plus, d’une mort qu’on peut dire violente, veu qu’on a trouvé tous ses poulmons et rognons remplis de vers, et un, dans lesdits rognons, d’une grandeur monstrueuse, ayant un doigt de grosseur et six quarts de longueur.

Après la retraite de la royne-mère hors de Bruxelles, tous les François presque en sortirent, hormis quelques-uns qui feignirent estre les plus mal avecq le cardinal, si comme le ducq d’Elheuf, le marquis de la Viefville, la duchesse de Chevreuse, monsieur de S‘-Germain et aucune autres, eurprennans la bonté, pour ne dire l’imprudence, des ministres du roy; pour, avecq plus de liberté, servir d’espies audit cardinal, qui sçavoit bien n’y avoir de meilleurs, que ceux qui, soubz prétexte d’une grande inimitié avecq leurs princes ou leurs ministres, se retiroient vers les ennemys, et y trouvoient d’autant plus de confiance, qu’ils leur donnoient à entendre qu’ils en avoient moins chez leurs maistres ; cet artifice leur ayant réussy si heureusement, qu’on les a presque admis aux délibérations les plus secrètes et importantes de l’Estat ; outre l’accès qu’ils avoient chez le prince Thomas par l’alliance qu’il avoit fait en

» Thomas de Savoie avait épousé Marie de Bourbon, comtesse de Soissons.

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France, et chez le ducq de Lorraine, auquel le dit ducq d’Elbeuf et duchesse de Chevreuse touchoient de sang; ne s’estant fait de campagne en laquelle n’ayt assisté le dit ducq d’Elbeuf, avecq l’écharpe rouge * en dehors et la blanche en dedans ; imprudence des ministres si elle n’estoit malicieuse, comme il estoit à présumer, la plus grossière qu’il se puisse imaginer, veu qu’outre de la défiance naturelle qu’on doit tousjours avoir d’un enemy réfugié, elle doit estre augmentée au double du François, qu’on connoit estre plein de ces artifices et encore plus, pendant le crédit du cardinal, qui estoit connu pour le plus artificiel * ministre qui ayt jamais gouverné. Que si on doit l’azile aux voisins persécutez, on pourroit les loger dans une ville, au milieu du pays, et non à la cour, avec ordre de n’en sortir, et encore y avoir des personnes affidées qui, soubs ombre de leur faire honneur, eûssent reconnu leur procédé et à quoy ils s’occupoient.

Une des autres actions les plus célèbres du gouvernement de la sérénissime infante a esté le traité qu’on a faict avec les Hollandois, pour une seconde tresve; qui est fort à propos d’estre sceue, pour la diversité des discours qu’on en a faict; la pluspart de ceux du pays, qui la désiroient passionément, ayant blasmé les Espagnols de ce qu’ils ne l’avoient voulu, et les Espagnols tauxant ceux du pays de l’avoir désiré. Pour prendre cette affaire en son origine, il faut sçavoir que depuis le départ du marquis Spinola

> Couleur de la croix de St-André de Bourgogne, donnée à l'Espagne et aux Pays-Bas par Charles-Quint.

* Artificieux.

COMSIDÉBATIONS

hors du Pays-bas, les affaires allèrent tousjours en déclinant, comme j’ay dit cy-dessus; ce qui alla augmentant d’an en an, jusques à l’an 1629, qu’arriva la désastreuse perte de la ville de Bois-le-Ducq, la clef qui serroit * esgalementle Brabant etouvroit la Hollande ; qui fut accompagnée de celle non moindre de Wesel, qui donnoit la domination absolue sur le Rhyn et l’entrée dans le cœur du pays ennemy ; lesquelles pertes furent suivies de celles de Maëstricht, entrée de l’Allemagne au Pays-bas, de Venlo, Ruremonde, tout le pays de Limbourg, d’Erpen, Orsoy, des forts de la Croix, de S*-Jacques, et autres vers Anvers; et du poldre de Naemen*, en Flandre, qui arrivèrent tous en un an, quifutleplus désastreux de ceux qui l’avoient précédé, passé quarante ans. Les ennemys ayant pris l’occasion, lorsque le pays estoit desgamy de ses forces, qui estoient occupées au Palatinat, faute qui semble estre fatale à la perte du Paysbas, comme on avoit fait autresfois durant la Ligue de France; le soing qu’on en prit choquant le sens commun, qui veut qu’on maintiene le sien devant penser à l’autruy

Ces conquestes rendirent l’ennemy maistre de la Meuse, avecq laquelle ils bornèrent leur pays, et leur donnèrent espoir de l’estre bientost du Rhyn, sur lequel le roy ne tenoit plus que Rheinberg, qui estoit hors de secours, establissant par ce moyen leurs navigations, desquelles, comme la mer est le cœur,

• Fermait.

• Namur près du fort S‘'-Anne, dans la Flandre zélandaise.

3 Allusion aux expéditions faites en France par ie duc de Parme.

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ces deux rivières sont les veines, par lesquelles le sang de leur subsistance se distribue par tout le corps de leur Estât.

Et outre ce, ils mirent en contribution tout le pays de Brabant, Malines, Namur, et partie de Haynau, et de Luxembourg; ces pertes, les unes sur les autres, donnèrent bien de la peine à la sérénissime infante, laquelle, pour y trouver quelque remède, eut recours à celuy qu’on est accoustumé, dans les extrémitez, convocquant les Estats-généraux , en la ville de Bruxelles, par lettres en la forme que contient celle ci-dessous, addressées au sieur de Blandecques^ qui portoît :

IsABELLA Clara Eugenia, par la grâce de Dieu, infante d’Espagne.

« Obiers et bien amez, nous vous ordonnons au nom du roy, mon seigneur et nepveu, de vous trouver en la ville d’Arras, au 24“ du mois prochain, pour le lendemain, avecq les trois Estats du pays et comté d’Artois, y convoquez au dit jour *, adviser, et députer aucuns entre vous au moindre nombre, que faire se pourra, et d’un ou deux de cbacque membre, tout au plus, et les envoyer en cette ville, au 7“ du mois de septembre prochain, avecq les re-

’ Robert de Lens, chevalier, seigneur de Blandecques et des Hallines, gouverneur de Saint-Omer, puis de l’Artois. iVbôit/ajre des Pays-Bas. VII, 104.

* Cette convocation des États d'Artois ne se trouve pas dans les Actes des États-Généraux de 16S3, publias par M. Oachard, non plus que la convocation des États de Namur, de la lieutenance de Lille, Douai et Orchies, de Valenciennes et du duché de Limbourg.

monstrances qu’ils voudront faire, et leurs advis sur les remèdes qu’ils jugeront nécessaires au présent estât des affaires, les faire examiner, à l’intervention des principaux seigneurs et ministres de Sa Majesté, et en estre prise la résolution que, pour le service de Sa dite Majesté et le bien du pays, sera trouvé convenir; vous advertissant que les députez des autres provinces, qu’avons aussy fait appeler, pourront avecq les vostres, sur le mesme subject communicquer icy par ensemble. A tant, chiers et bien amez Nostre Seigneur vous ait en sa sainte garde. De Bruxelles, le XXX' juillet 1632. Souscrit Ysàbel, et plus bas, Vereychen. La superscription estait : A nostre cher et bien amé le sieur de Blandecques. »

Les Estats-généraux s’estant, ensuite de ces lettres, assemblez à Bruxelles, au jour signalé, et entrez en communication, ils se trouvèrent d’abord si estonnez de la prospérité des ennemys, qu’au lieu de penser au moyen de les arrester et de réparer les pertes qu’on avoit fait, pour apporter un meilleur ordre aux affaires, que les désordres avoient ruiné, ils jugèrent qu’il n’y avoit aucune ressource que dans une paix ou tresve avecq les ennemys, qu’il falloit nécessairement faire à tel prix et condition qu’ils voudroient , pour garantir le reste du pays de l’oppression de laquelle il estait menacé.

Ce qui les obligea de supplier sa dite altesse de leur permettre et les authoriser de pouvoir entrer en communication avecq les ennemys, pour voir si on ne pourroit trouver quelque ouverture de paix ou tresves* .

1 Actes des États-Généraux de 163S, 163.

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Ce que leur ayant esté accordé par escrit, par acte du 17 de septembre ^ ils députèrent trois de leur assemblée, pour sonder, sur ce, l’intention des ennemys, sçavoir : le baron de Swartbenberg, député du Luxembourg, le sieur de Hellebus, premier escbevin de Gand, et député de Flandres et le sieur de Edelheer , pensionaire d’Anvers * , lesquels ayant fait entendre aux Estats de Hollande leur commission, eurent assignation de se trouver en la ville de Maëstricbt,au dixième jour du mois d’octobre ensuivant ; où s’estant rendus, ils trouvèrent le prince d’Orange et autres députez des Estats, lesquels leur déclarèrent qu’ils estoient autborisez d’entrer, avecq eux, en traité, pourveu, et non autrement, qu’on acceptasse les conditions qu’ils proposèrent en noeuf articles et points qui suivent ; tant il est vray que demander la paix n’est pas un moyen de l’avoir, sinon d’énorgueil- 1 er lennemy, qui ne croit qu’on la lui demanderoit si on pouvoit continuer la guerre, avecq advantage ; les articles furent

1 . — Que par un accord à faire, entre les Estatsgénéraux respectivement de part et d’autre, seroit renouvellé le traité de tresve faict l’an 1609, pour quel nombre d’années duquel on conviendroit.

2. 7 - Que les Estats obéyssant à Sa Majesté s’obligeroient de faire entretenir tous les points et articles dudit traitté.

* Actes des États- Qénératix de 4$S2, 167.

* Le baron Gérard de Schwartzenberg et Hohenlansberg, justicier des nobles du pays de Luxembourg; Guillaume de Blazere, seigneur d’Hellenbus, premier échevin de Gand, et Jacques Edelheer, pensionnaire de la ville d’Anvers. Ibid, y 168.

CONSI DBBATIONS

3. — Qu’entre les dits Estats-généraux seroit contractée alliance et obligation de maintenir et garantir l’accord de tresve, contre un chacun, qui les voudroit enfreindre.

4. — Que les ditsEstats s’obligeroientréciprocquement, par ladite alliance, tant offensive que défensive, à la conservation de leur liberté, droict et repos commun contre tous , et chacun , sans exception de personne qui voudroit aucunement attacquer ou endommager les dites provinces.

5. — Que toute la gendarmerie espagnole seroit obligée de vuider le pays et nul militaire de cette nation y pourroit estre introduit.

6. — Que les chasteaux seroient démolis, ou pour le moins les murailles et remparts d’iceux, à plein, et ouvert du costé des villes.

7. — Que tous les gens de guerre tant à pied qu’à cheval, par eau et par terre, que les Estats des provinces obéyssantes entretiendroient pour asseurance du commun repos , seroient seulement, à l’exclusion de tous autres, en service, et au serment de solde desdits Estats, et qu’iceux en establiroient les officiers.

8. — Que pour obvier à toute invasion, seroient mis ès principales villes maritimes de Flandre, par commun advis desdits Estats réciprocques, tel ordre de gouvernement et garnison qu’ils trouveroient à propos, et que sans le consentement d’iceux, n’y pourroient estre introduites autres gens de guerre.

9. — Par considération particulière du repos commun, seront retirées les garnisons du roy d’Espaigne, d’aucunes villes et places cy -après à déclarer,

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peu toutesfois, et icelles faites neutrales et aucunes autres mises soubz les seigneurs Estats des Provinces- Unies*.

Et quoyque ces conditions fussent si extravagantes et tendissent à quicter au roy toute la souveraineté des Pays-bas et l’obéyssance de ses sujects, les dits trois commis ne laissèrent de s’encharger, après quelques légères protestations, de ne les proposer à leurs principaux, et moins à son alteze.

Ce qu’ils firent toutesfois aussytost qu’ils furent de retour à Bruxelles ; où laditte alteze ayant, sur ce, pris les advis du marquis d’Aytona et de ceux du conseil d’Estat*, elle trouva bon que la négotiation commencée continuasse, et que les députez des Estats, assemblez audit Bruxelles, nommassent quelqu’uns pour entendre, de chacun membre deux ou trois, scavoir: deux ou trois ecclesiasticques, deux ou trois nobles, et autant de ceux des villes. Ce qu’ils firent et députèrent l’arcbevesque de Malines*, l’abbé de Saint-Vast^ le ducq d’Arscbot®, le baron de Swarthenberg®, monsieurd’Ansermont’, députéde Haynau,

* L’auteur a supprimé ce 9< article. Le texte qu’il donne des antres n’est pas d’ailleurs conforme à celui qu’on trouve dans les Actes des États-Généraux de 16SS, 174, 175.

‘ M. Qachard a vainement cherché cet avis des ministres de l’infante. Ibid., 175.

* Jacques Boonen.

< Philippe de Caverel.

s Philippe, prince comte d’Arenberg,duc d’Aerschot, etc. Nob. des Pays-Bas. III, 222, etc.

® Gérard baron de Schwartzenberg, justicier des nobles du duché de Luxembourg et comté de Chiny.

’’ Gabriel de Chasteler, chevalier, seigneur de Moulbaix et d’Ausermont.

CONSIDÉBATIONS

monsieur de Hellebus ' , de Flandre, le pensionaire d’Anvers*, Viglius Van Marcq®, pensionaire et greffier du francq, Jean de Ronnet*, conseiller de Namur et Pierre de Broide conseiller de Douay, lesquels estant ainsy nommez, de l’adveu de laditte alteze, et estans garnis de sa procure, et de celle que Sa Majesté avoit donné à sa ditte altèze, pour cet efféct, de traicter paix ou tresve, avecq lesdits Estats, en date du 26 de juillet 1629®, se rendirent en la ville de Maëstricht.

Où estans entrez en communication avecq le prince d’Orange, et les autres députez des Estats de Hollande, il leur fut déclaré que l’intention absolute des dits Estats estoit de ne vouloir traiter avecq les dits députez des provinces obéyssantes , sinon d’Estats à Estats, et nullement avecq les députez de Sa Majesté, avecq laquelle ib n’entendoient de traiter. Ce qui les obligea d’envoyer quattre d’entre eux, vers son altèze, pour représenter ce que lesdits Estats de Hollande leur avoient déclaré, et la supplier d’avoir agréable qu’ils s’y conformassent, considéré la nécessité d’une paix ou tresve, telle qu’elle puisse estre, et la volonté absolute desdits de Hollande de ne traiter autrement; soubs offre qu’ils faisoient, de luy donner un renver-

' Qaillaume de Blasere, chevalier, seigneur d'Hellebus, premier éohevin de la ville de Oand.

* Jacques Edelheer, premier conseiller et pensionnaire de la ville d'Anvers.

^ Viglius Van Marche, premier conseiller et pensionnaire du Francq.

< Jean de Ronnet, licencié ès-tois, conseiller au souverain bailliage du paya et comté de Namur et échevin de ladite ville.

^ Pierre de Broide, docteur és-droite, premier conseiller et pensionnaire delà ville de Douay.

« Actes des États-Générawc'de 1632, 178, 179 (texte espagnol).

Digiliz' ' '^le

SUB LB eOUVEBNBUBNT DBS PAYS-BAS.

sal‘, qu'ils ne trsiteroient aucune chose directement ou indirectement, au préjudice de la souveraineté de Sa Majesté et de l'obéyssance qui luj est deue, et qu'ils n’y conclueroient rien, sans l’adveu et consen- i tement de sadite altëze ; à quoy elle consentit, et en donna un nouvel acte de commission, de la mesme date du premier, pour éviter l’ombrage qu’on en eût pu avoir, si [on y eût veu quelque changement*.

Avecq quoy, ils se transportèrent, le 4 décembre, à La Haye, pour nouvelle assignation de lieu, où après quelque conférence, avecq les députez desdits Estats de Hollande, qui ne voulurent absolument traiter que siur le pied des noeuf articles à eux donnez à Maëstricht, ils obtindrent, à la fin, quelque changement, encore que non fort grand, ny gueres plus raisopable et receurent des nouveaux articles et conditions, par escrit, soubs lesquelles ils déclarèrent, comme autresfois, vouloir traiter et non autrement, qui furent® :

1. — Qu’ils entendoient que le traicté se fairoit d’Estats à Estats, et qu’iceux auroient à promettre de part et d’autre, d’accomplir et prester tout ce qui seroit compris au traicté, aussy bien au Pays-Bas qu’ailleurs, dedans ou dehors l’Europe, auquel effect lesdits commis auroient à procurer pouvoir et authorisation, avecq promesse de ratification, non seule-

‘ Lettres réversales.

* Actes des ÉtaU-Qénéraux de 1632, 185, 186, 188, 160.

3 Ici encore l’auteur ne donne qu'un résumé des articles proposés par les députés des Provlnces-Unies, le 25 décembre 1632 ; le texte officiel est inséré dans les Actes des États-Généraux, 87 et 191.

CONSIDéBATIONS

ment de leur commettans, mais aussy du roy d’Espagne, afin que, par ce moyen, en fussent asseurez et pussent semblablement asseurer les députez des États-Unis.

2 . — Que tous les points et articles compris au traicté du 9' avril de l’an 1609, et l’accord sur iceluy, ensuivy le 7* de janvier 1610, seroient renouveliez et tenus pour conclus et arrestez de nouveau, hormis ceux qui seroient expressément changez, ou autrement esclaircis, et pardessus ce, seroient acceptez les articles suivants.

3 . — Qu’aux dits Estats des Provinces-Unies demeureront, sans contredit, toute la haulteur, souveraineté et disposition politicque et ecclésiasticque, sur tous les villages et l’entier plat-pays appartenant aux villes, chasteaux, places et segneuries et qui sont de leur ressort et dépendance, comme aussy sur les rivières et cours d’eaux, qui sont réduicts en et soubs l’obéyssance desdits Estats, et qui, par ledit traicté, leur demeureront.

4. — Que la mayerie de Bois-le-Ducq comme annexée à la ville, demeurera aux dits Estats, avecq les villages et plat-pays en dépendans, comme dans l’article précédent.

5. — Que la rivière de l’Escaut et canaux du Sas Swin et autres embouchures de mer y respondans, ne pourront autrement estre navigez, ou fréquentez qu’ils ont esté durant la tresve précédente.

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