‹ Considérations sur le Péroné Cannelé des races préhistoriquesChapitre 10 sur 27 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

C’est Broca, en 1868, dans sa célèbre communication sur ies crânes et les ossements des Eyzies, qui signala, pour la première fois, sur un péroné appartenant au squelette du vieillard de Cro-Magnon, une particularité bien digne d’intérêt: « Un péroné, presque entier, qui paraît appartenir au squelette n° 1, est remarquable par la grande profondeur des goutières-longitudinales où s’insèrent les muscles, et par la grande saillie de la crête d’insertion du ligament interosseux }.

Cette particularité, il la retrouva, en 1873, sur un des deux péronés de la Caverne de l’Homme-Mort, et sur un autre fragment de péroné provenant de la même caverne (d’ailleurs perdu et resté sans doute à Marvejols), ce qui, joint à d’autres caractères, lui permit d’établir un rapprochement entre les troglodytes de l’Homme-Mort et la race quaternaire de Cro-Magnon.

L'année suivante, Hamy retrouva ces mêmes caractères sur le squelette de Laugerie, découvert par MM. Massénat, Lalande et Cartailhac. Le péroné droit, seul conservé, est presque complet. Il ne manque que l’extrémité supérieure,

tie

La diaphyse se fait remarquer par la présence de gouttières encore plus profondes que sur le péroné du vieillard

de Cro-Magnon, et aussi par l’existence d’une courbure en dehors et en arrière qui n’a rien à voir avec une courbure rachitique. Ce type de péroné fut retrouvé ensuite sur les squelettes néolithiques de Sordes et dans un grand nombre de stations, coexistant toujours avec les autres caractères squelettiques signalés par Broca, en 1868 : le fémur à pilastre, le tibia platyenémique et la courbure antéro-postérieure de la partie supérieure du cubitus.

l’est Hamy qui, dans son Précis de paléontologie humaine, semble avoir été le premier, en 1870, à employer l'expression de péroné cannelé pour désigner le péroné dont les faces, au lieu d’être planes ou convexes, sont fortement creusées en gouttière. C’est lui également qui a fait de cet os la plus longue description, puisque dans sa remarquable étude du squelette de Laugerie, parue, en 1874, dans le Bulletin de la Société d’ anthropologie, il lui consacre une page entière, ne se contentant pas, comme beaucoup d’auteurs, de signaler simplement cette particularité, mais allant plus avant dans la description.

Donc, le péroné cannelé, c’est, suivant la définition de Topinard, le péroné dont les gouttières longitudinales d’insertion musculaire, sont excavées à l’exagération. Ce type fréquent dans les races des Ages de la pierre est aujourd’hui tout à fait exceptionnel, le péroné de l’homme moderne se rapprochant, en général, d’un prisme triangülaire dont les faces sont convexes ou presque planes.

Nous allons passer en revue, de facon sommaire, les caractères du péroné dans les diverses races préhistoriques. Nous dirons au passage un mot très bref sur les caractères du tibia dans chaque race, ce qui peut offrir quelque intérêt en ce qui concerne le péroné, comme nous le verrons au chapitre ITT.

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