‹ Considérations sur le Péroné Cannelé des races préhistoriquesChapitre 9 sur 27 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'idée première de ce travail m’est venue à la suite d’une fouille que je fis, au mois d’août 1909, avec mon frère, dans la grotte sépulcrale de Bramabiau. Au cours de nos recherches, nous eûmes l’occasion de recueillir, parmi d’autres os longs, une série de six péronés bien conservés et présentant à des degrés divers, les cannelures si particulières signalées, pour la première fois, par Broca, sur le squelette du vieillard de Cro-Magnon.

Etudiant à ce propos ce qui avait été écrit par les anthropologistes sur le péroné, je me suis rendu compte que cet os n’avait encore été que peu étudié,. Si l’on consulte, en effet, les traités, on trouve tout au plus quelques lignes consacrées au péroné, le fémur et le tibia absordant, à eux seuls, tout l’intérêt.

Comment s’expliquer que cet os, présentant pourtant de si curieux caractères dans certaines races de l’âge de la pierre et aussi dans certaines races actuelles, n’ait été l’objet d’aucune étude un peu poussée? Cela est dû, je crois, à sa rareté relative, même dans les grottes sépulcrales où les grands os des membres sont abondants. Busk, en effet, dans

sa communication au Congrès d’archéologie préhistorique de Londres, en 1869, sur les ossements des grottes de Gibraltar, remarque avec étonnement qu’il a trouvé seulement des fragments de trois péronés pour une trentaine de fémurs et une vingtaine de tibias. Le péroné, étant plus fragile, se conserve moins facilément que les autres os du squelette, et il est rare de le trouver intact.

Il n’y a guère, à ma connaïssance, que l’auteur italien Marangoni qui ait consacré au péroné une monographie assez complète. Mais Marangoni se place à un point de vue tout différent du mien et ne s’ocupe pas du péroné dans les races préhistoriques. C’est dire que la question est à peu près neuve. Aussi ai-je désiré combler une lacune en entreprenant ce travail, sans avoir toutefois la prétention d'’épuiser le sujet, ni d’apporter les résultats définitifs. Cela convient à d’autres mieux placés que moi pour le faire. J'espère cependant que cette modeste étude contribuera à éclaircir certains points qui pourront être instructifs pour l’anatomie normale et à relever certaines inexactitudes, tout en apportant des observations nouvelles concernant une question encore peu connue et cependant intéressante à bien des points de vue.

Dans une première partie, j’étudierai la distribution du péroné cannelé dans les diverses races préhistoriques, étude d’ensemble qui n’a point été envisagée jusqu’ici.

Dans une deuxième partie j’analyserai les caractères anatomiques d’un certain nombre de péronés appartenant à ma collection personnelle où au Muséum de Toulouse, pour faire ensuite la synthèse des différents caractères observés. Comme appendice à cette étude anatomique, je m’occuperai très brièvement des indices du péroné.

Dans un troisième chapitre enfin, j’étudierai le péroné

cannelé au point de vue son interprétation et de sa morphogénie.

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