‹ Considérations sur le Péroné Cannelé des races préhistoriquesChapitre 11 sur 27 · RACES PALÉOLITHIQUES · texte numérisé non relu

RACES PALÉOLITHIQUES

À. Homo néanderthalensis. — Chez Homo néanderthalensis dont le tibia est eurycnémique, le péroné ne présente aucun des caractères signalés par Broca sur le squelette du vieillard de Cro-Magnon. Comme celui des singes, il tend vers la forme cylindrique et s'éloigne complètement à ce point de vue aussi bien du péroné cannelé que du péroné nettement triangulaire de l’homme moderne. Cette forme. subcylindrique est surtout marquée chez l’homme fossile de la Chapelle-aux-Saints, déerit de façon si remarquable - par le professeur Boule. Le péroné, incomplet (il n’existe que la moitié supérieure de la diaphyse du péroné droit) est remarquable par sa robustesse (diamètre maxima de la diaphyse 0,016) et la forme subcylindrique est si accusée qu’il y eut une certaine difficulté à l’attribuer à un côté du corps plutôt qu’à l’autre (voir Boule, pl. X, fig. 5 et 5a). Les péronés des squelettes I et IT de la Ferrassie sont du même type, mais la diaphyse est un peu plus aplatie. Il faut noter aussi chez Homo neanderthalensis une forte courbure générale inverse de la courbure tibiale, la grosseur des extrémités, les dispositions un peu spéciales des facettes articulaires. La mortaise tibiale, comme chez les Anthropoiïdes, était plus évasée que chez l’homme actuel et la facette péronéale du tibia plus oblique se rapprochait de la disposition presque horizontale qu’elle a chez les singes. Le professeur Boule conclut de son étude: « La morphologie des péronés de la race de Néanderthal, dénote qu'ils jouaient dans la statique du membre inférieur un rôle plus considérable que les péronés des hommes actuels et devaient contribuer, dans une plus forte mesure, à supporter le

poids du corps. : | DAS)

B. Race de Cro-Magnon. — Avec la race de Cro-Magnon, apparue à l’époque aurignacienne, nous voyons un nouveau type de péroné, très robuste aussi, mais tout à fait spécial, par suite de l’existence de cannelures, plus ou moins accentuées selon les sujets, mais parfois très marquées.

Le péroné droit du viéillard de Cro-Magnon, chez lequel Broca a signalé, pour la première fois, l’existence des cannelures, est tout à fait remarquable à cet égard. Il a été sommairement décrit par lui dans sa communication de 1868, et figuré dans les Reliquie Aquitanice (pl. VI fig. 4. Ce péroné coexiste avec le fémur à pilastre, le tibia platyenémique et l’incurvation de la partie supérieure du cubitus. Ces caractères, joimts aux caractères craniens, suffisent pour définir une race, la race de Cro-Magnon. En 1874, Hamy retrouve les mêmes caractères ethniques sur l’homme de Laugerie. Le péroné droit, auquel il ne manque que l’extrémité supérieure, présente des gouttières encore plus accusées que chez le grand vieillard de Cro-Magnon. Elles atteignent 8 millimètres de profondeur, au lieu de 5. La même année, Hamy retrouve, sur le squelette de la Madelaine, découvert par Lartet et Christy, les mêmes caractères un peu atténués. Le fémur est à pilastre, le tibia, légèrement aplati, a un indice de 64 (d’après mes calculs). Le péroné n’est représenté que par le troisième quart inférieur du péroné gauche. D’après l’expression de Hamy, il répète avec des atténuations considérables la morphologie de la région correspondante des péronés de Laugerie et de Cro- Magnon.

À cette même race de Cro-Magnon ont été rattachés les squelettes de haute taille (1 m. 87 de taille moyenne rectifée) découverts par E. Rivière dans la grotte des Baousséossé, et ceux trouvés dans les mêmes grottes par M. Abbo et par le chanoine de Villeneuve. Il ÿ a dix sujets en tout,

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neuf hommes et une jeune femme, sans compter les enfants, et en mettant à part les deux squelettes appartenant à une autre race. Le professeur Verneau en a fait une étude magistrale, publiée en 1906, et a montré que tous les caractères décrits par Broca sur les squelettes de Cro-Magnon se retrouvaient ici. Dans plus de la moitié des cas, la platycnémie est très marquée. Dans un tiers des cas, elle est faible. Les péronés sont fortement cannelés et les gouttières atteignent jusqu’à 7 millimètres de profondeur. Seul, le péroné du Musée de Menton, fait exception à cette règle. Chez deux sujets, le péroné montre une forte torsion de son quart inférieur.

De l’examen de tous les sujets actuellement connus de la race fossile de Cro-Magnon, on peut conclure à la constance presque absolue du péroné cannelé qui en fait avec les autres particularités ostéologiques un caractères de race.

C. Race de Chancelade. — Dans le squelette de Chanceiade, remarquablement étudié par le professeur Testut, en . 1889, les deux péronés sont trop incomplets pour pouvoir être décrits. Il n’existe qu’une épiphyse supérieure et les deux épiphyses inférieures, portant chacune une portion de diaphyse. Ces fragments suffisent cependant pour démonirer que les péronés du type Chancelade étaient volumineux, et que les empreintes musculaires et ligamenteuses étaient très marquées ; mais le professeur Testut ne signale pas l’existence de cannelures, et l’absence de la plus grande partie des diaphyses est regrettable à cet égard. Le tibia est légèrement platyenémique, indice 64 Pour Testut, le type de Chancelade diffère de celui de Cro-Magnon. par sa petite taille (1 m. 50) et par d’autres caractères. Divers auteurs ont cherché cependant à rapprocher ce type, peutêtre exceptionnel ef superflu, de la race de Cro-Magnon.

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D. Race de Grimaldi. — La race de Grimaldi a été créée par le professeur Verneau pour désigner un type négroïde qui a succédé à la race de Cro-Magnon dans les grottes de Baoussé-Rossé. Elle est représentée par les deux sujets découverts par le chanoine de Villeneuve dans la grotte des Enfants. L’un est une vieille femme de 1 m. 53; l’autre un jeune homme. Le péroné, robuste chez la vieille femme, faible chez l’adolescent, est assez fortement tordu chez la première. Mais ce qui est intéressant à noter, c’est l’existence ‘de cannelures très prononcées chez les deux sujets. Le tibia de la vieille femme a un indice de platycnémie de 68,48, c’est-à-dire un aplatissement très peu sensible, et le jeune homme a un indice de 72,73, ce qui veut dire tibia euryenémique, voisin de celui des nègres, (chiffres du docteur Bello y Rodriguez).

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