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Pourvu du certificat d’études supérieures de protistolosie et de cytologie, et chargé par M. le professeur Truc, en remplacement du regretté Ch. Fleig, des fonctions de chef de laboratoire à la clinique ophtalmologique, mes goûts me poussaient vers l’étude de l’histologie normale et pathologique et de la physiologie générale; et c’est probablement à l’une de ces sciences que j'aurais emprunté mon sujet de thèse, si la guerre n’était venue brusquement interrompre mes travaux de laboratoire.
Pendant plus de quatre ans, j’ai vécu de la belle, mais rude vie du médecin de corps de troupes, ce qui m’a permis d’assister à plusieurs grandes batailles de la glorieuse épopée qui devait nous conduire à la victoire. Bien des fois, au cours de ces années d’épreuves, j’ai songé, non sans regret, à mes travaux interrompus. Aux heures de repos, au fond des cagnas de Champagne, sous les sapins des Vosges, comme aussi dans l’enfer de Verdun et du Chemindes-Dames, je me suis rappelé ce que m’avait dit, en août 1914, mon vénérable ami, le docteur Marighan, directeur du Musée d’Etnographie d’Arles, avant de me donner la suprême accolade au moment du départ. Il m’avait raconté comment, au cours de l’autre guerre, il s’occupait, entre deux combats, à chercher et à ramasser des silex taillés sur les champs de bataille. Ce souvenir revenant à mon esprit, c’est au ( front » que j’eus l’idée de consacrer ma thèse à . une question d’anthropologie. Il me parut ainsi plus facile de faire un (travail de guerre » ayant quelque originalité. Quant à poursuivre des recherches microscopiques, je ne pouvais y songer dans les conditions où je me trouvais.
Telles sont les raisons qui m’ont déterminé à choisir un sujet d’anthropologie préhistorique, sujet présentant d’ailleurs plus d’intérêt pour l’anatomie descriptive et pour la philosophie biologique qu’il ne peut sembler au premier abord.
Qu'il me soit permis d’exprimer iei toute ma gratitude à Monsieur le professeur Cartailhac qui m’a si libéralement ouvert le beau Musée d'histoire naturelle de Toulouse, devenu, grâce à ses soins, le plus remarquable de province, ainsi que les richesses de sa bibliothèque personnelle.
Je tiens à remercier aussi Monsieur le professeur Gilis qui m’a offert les belles ressources du Conservatoire d’arnatomie de Montpellier, et mon ami, le docteur H. Vallois, chargé de cours à la Faculté, dont les conseils m'ont été fort utiles.
Ma reconnaissance va aussi à tous ceux qui, au cours de mes années d’études, m’ont donné de précieux encouragements, à mes Maîtres de la Faculté de médecine et de la Faculté des sciences.