‹ Considérations sur le rôle social du médecin de campagneChapitre 11 sur 17 · LES REMEDES AU MAL · texte numérisé non relu

LES REMEDES AU MAL

« .….Qu'eût-il fallu pour les retenir ?

Consentir des avances pour un aménagement meilleur de sa maison et de ses champs ? Ou bien parler au cœur de la belle file, la convaincre de {a noblesse de sa tâche quotidienne, décourager ses rêves imprécis, resserrer le lien des disciplines morales, s’efforcer de la remettre sur le plan de sa race ?.… Toute la question est là, se résumant dans le choix du meilieur remède, la

: recherche du point ou l'appliquer. »

J. YOLE, Le Malaise Paysan, p. 24.

Les remèdes au mal dont souffre notre paysannerie sont, comme les causes de ce mal, d’ordres économique, sanitaire, psychologique, moral. Considérons maintenant les efforts passés et actuels pour lutter contre cet état de choses et recherchons en particulier le rôle que le médecin a joué, joue et doit jouer dans cette lutte pour la protection sociale.

Dans le domaine économique, le médecin peut beaucoup par sa qualité d'homme cultivé, sa largeur d’esprit et sa situation sociale. De nombreux médecins ont eu et doivent avoir encore une influence considérable à cet égard, sur le plan local comme sur le pan national.

Dans le domaine psychologique, nous insisterons sur le rôle privilégié du médecin en ce qui concerne l'éducation des enfants aussi bien que des adultes.

Enfin, dans le domaine de la prévention comme dans le domaine du « curatif », il existe des remèdes : il en est d’immuables, qui gardent au cours des siècles leur valeur et leur efficacité — il en est aussi selon la mode, selon les temps et selon les institutions politiques du moment. Nous voudrions essayer surtout de rechercher les remèds sociaux dont la persistance à travers les âges garantit la valeur. .

Il est dangereuux, dans le domaine du social, plus qu’en tout autre, de s’abandonner à la mode du siècle, de soumettre tout à un système politique élaboré sans souci de la véritable nature da l'Homme,

Il est difficile de revenir en arrière, même lorsque ce retour s’avèrerait indispensable. Il est donc indispensable de travailler

CARTE) ve

là dans le sens de la vraie justice, de la morale naturelle, de ce qui reste intangible malgré les temps, les gens, les événements. * Ceci s impose d'autant plus lorsqu’il s’agit de la terre, du milieu is si « résistant ».

Une erreur de diagnostic, et dès lors de traitement, ne ie pas certes, la maladie à laquelle le médecin croit avoir affaire, mais elle crée l’atmosphère de cette affection — ce qui est presque la même chose du point de vue familial et social (1}»

Page 1