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(1) Les Assurances Sociales. Agricoles sont encore trop inadaptées malgré l'effort représenté par les modifications récentes (ordonnance du 19 avril 1945) admettant au bénéfice des assurances :
1° = Jes ouvr'ers agricoles, les métayers et fes membres de 14 famille sans limitation de rémunération ; 2° — Jes employés des organismes agricoles ‘et les assujettis facultatifs
(travailleurs non salariés) jusqu’à 60.000 francs de revenus annuels. ane : UE ee à (2) J'écrivais ceci en 1945. Je n'ai rien à changer, ni à retrancher à
ces citations ou à ce jugement, je ne peux qu'ajouter encore à ces critiques,
Es
' na 1 6
à l'autre (des « P.DR. » à l'Agriculture, de. l'Agriculture au Travail, etc...) personne n’ayant de fonds à avancer pour une chose aussi peu importante !.…
L'équipement Sanitaire rural proprement dit est nettement déficient lui aussi :
. Peu ou pas de laboratoires et de services radiographiques à la disposition des médecins ruraux.
| Des dispensaires antituberculeux très défectueux et trop négligés, pour des raisons multiples, par les praticiens. Trop peu d’hôpitaux et de maternités dans nos campagnes. On parle c’obscurantisme et de misère sanitaire au Moyen-Age ; sait-on, qu’au XIIT siècle, le territoire correspondant à l’actuel département de l’Aube, par exemple, comptait exactement quatrevingt-six hôpitaux et hospices ?
Au point de vue rural comme à beaucoup d’autres points de vue, nous en sommes toujours en France à la politique du « provisoire qui dure ».
Nous nous trouvons, à l'heure présente, devant un magma informe, à une croisée des chemins : la civilisation toute entière, la campagne en particulier, et aussi la médecine, sont à la recherche d’un équilibre.
. On nous propose des plans innombrables, dont bien peu sont de provenance et d'inspiration françaises ; on nous impose des grands mots sonores et creux et des discours à n’en plus finir (si la salive des orateurs leur coûtait autant de peine. que la sueur aux paysans, on en entendrait beaucoup moins). Les actes positifs, on les cherche: et, lorsqu'on en trouve quelques-uns, c’est dans les zones de calme où le:virus maléfique de la politique n’a pu prendre pied.
Quelques efforts, cependant, très louables : la J.A.C. la L.A.C.; la Confédération de la Famille Rurale, les expériences multipliées de Service Social Rural, des tentatives locales comme le Comité d’Entente de Bonnétable (1), réussissent
(1) Entre: He le Service Social de l'Indre, celui de la Côte-d'Or, l'expérience de Merdrignac, etc.
qe au sujet du Con d’Entente de Bonnétable, la brochure de J.-F. Paul Leclercq et Thérèse Moutillard (Edition Sociale Française). À
Il faut citer ici aussi l’admirable exemple de ce notaire de Seine-et-Oise, maire de sa commune rurale, qui, par la création d’une pépinière et d’un jardin fruitier et floraf modèle sur un terrain communal et avec l'aide de tous, obtint en quelques années, par la vente de ces produits, assez de fonds pour créer une maison de Jeunes, un stade et une piscine. { :
Il ne faut pas omettre non plus certaines belles réalisations locales des Mäisons Familiales de France, telles que \a Maison de Cussac (Haute-Vienne) en particulier, et d’autres encore.
partiellement, momentanément aussi, dans certaines régions pour stagner ou même disparaître le plus souvent au bout d’un
certain temps. Pourquoi ce manque de stabilité dans l’action.
sociale et cette irrégularité dans les résultats obtenus selon les régions considérées ?
C'est dans les régions restées les plus chrétiennes que ces expériences sociales partielles réussissent et tiennent le mieux, mais, là, on le crie moins sur les toits qu'ailleurs et les débuts sont moins retentissants. |
Voulez-vous des exemples ? Considérez les efforts parallèles sur les plans sanitaire, économique et moral et les résultats obtenus dans certaines régions : récemment en Haute- Savoie, en Tarentaise (grâce à un évêque remarquable : Mgr Terrier), depuis longtemps en Alsace et en certaines parties de la Lorraine. Pourquoi ? Parce que l’on a su justement faire appel tout à la fois à la solidarité des gens, au sens commurnautaire, au sens « paroissial », parce qu’on a su utiliser les vocations sociales rurales et attaquer sur tous les plans :
corps, bien, esprit, âme, et parce que les efforts ont été coor- . donnés.
Pourquoi les efforts sociaux ne réussissent-ils pas en d’autres régions ? Prenons un exemple que nous avons étudié personnellement de très près, pour résumer les causes d’insuccès : une commune de 12.000 habitants, dans le Centre Ouest, 9.000 « urbaïns » ou semi-urbains, 3.000 paysans complètement négligés par le conseil municipal composé exclusivement de citadins (industriels avant, ouvriers maintenant. mais rien n’est changé pour les paysans !). Les « notables » : un curédoyen trop âgé et malade et un vicaire surmené parce que seul homme de bonne volonté ou presque, avec un industriel sur une vingtaine, trois instituteurs sur vingt aussi et la directrice de l'hôpital également surmenée de travail. Et les médecins, dans tout cela ?. Cinq dont nous ne disons rien sinon leur indifférence complète vis-à-vis de l’action sociale.
Les causes d’insuccès des efforts successifs et répétés des hommes de bonne volonté de la commune et de la paroisse ?
— La politique, en premier lieu.
— L'indifférence des « notables 5» et même l’hostilité ouverte
de certains envers l’action sociale.
— L'absence complète de jeunes paysans (quelques paysannes seulement) pour soutenir et encourager ces efforts.
— Le mépris et l’incompréhension totale des « urbains » vis-à-vis des « ruraux ».
: À quelques différences près, ces causes d’insuccès dans l’ac-
üon sociale rurale, sont les mêmes dans Bien de régions de France. Et le corps médical porte une très lourde responsabilité en l'occurence, sans s’en rendre compte le plus souvent.
En résumé, un corps médical rural, généralement très compétent du point de vue médecine de soins, mais mal équipé pour pratiquer une médecine plus efficace avec les moyens modernes de laboratoire — très insuffisant en ce qui concerne lPhygiène, la médecine sociale et préventive — peu ou pas soutenu par les pouvoirs publics dans cette voie.
Depuis quelque temps, on semble bien faire quelques efforts pour pallier les insuffisances économiques, celles qui semblent le plus urgentes à corriger du point de vue intérêt national. Efforts encore sans cohésion, sans plan, sans idée directrice, politique « à la petite semaine »: :
On lâche du lest paree qu’on sent que Jacques Bonhomme grogne un peu fort de temps en temps et sort de son mutisme traditionnel. Mais sur les plans sanitaire et psychologique, peu d’efforts alors que tout est à faire. |
D'où réactions, en particulier, en ce qui concerne l'exercice de la profession médicale
1° Réactions officielles (ou officieuses)… étrangères aux préoccupations rurales, avec menaces de fonctionnarisation du corps médical...
2° Réaction du corps médical lui-même, généralement hostile (surtout les « jeunes ».…) à cette fonctionnarisation , proposée par des médecins déjà fonctionnaires ou citadins. Il demande à être aidé, mais en conservant son entière liberté.
Et chez les étudiants, désir de mieux faire que leurs aînés, de se mieux préparer à ce rôle social. Louable émulation. Nous allons voir maintenant ce qui est proposé par les uns et par les autres concernant
— le médecin ; — Ja médecine ; ? en milieu rural.
— J’action sociale
IH. — SUGGESTIONS POUR DEMAIN a) Le Médecin Rural.
: «IT est désormais impossible de proposer une thérapeutique qui ne soit pas totale. Une misère universelle réclame un engagement universel qui demande à la fois compétence élargie et ferveur accrue... »
Economie et Humäanisme®.
Quelle sera la structure sociale du monde rural de demain ? « Statu quo », « kolkose », « mir », ou, ce qui nous semble plus souhaitable, structure communautaire du village. (1)
En tout état de cause, le médecin rural a, nous l’avons vu, une très lourde responsabilité dans la construction du nouvel Humanisme Paysan, qu’il le veuille ou non. T1 n’aura plus le droit d’être médiocre, ni indifférent. Il devra s'engager à fond dans cette vie rurale qu’il aura choisie librement pour cadre de son existence et pour laquelle il se sera spécialement préparé au cours de ses études.
« Qui n’est pas engagé dans un complexe ne peut mesurer l’influence de la législation ou des évènements politiques, leurs conséquences pour la vie humaine, Quand nous parlons de s'engager dans un « complexe » (2) nous ne voulons pas dire en effet qu’il faut y entrer comme fonctionnaire pour y mener une vie aussi tranquille ou aussi réglée que possible ; il faut s’y engager en se faisant vraiment, par un immense amour fraternel la portion d'humanité qu’il inclut; il faut s’y engager concrètement, jusqu’à le prendre en charge, avec tout F « humanisme » que cela suppose , nous dit H.-C. Descroches d’< Economie et Hüumanisme.»
Le médecin rural doit être non seulement médecin, excellent
(1) «.…Repoussant le Communautarisme absolu, non: viable et inconciliable avec la vie de famille, cellule initiale de notre entreprise, nous nous efforcerons de réaliser une communauté d’incerdépendance dans laquelle chacun ait à donner et à recevoir, et ce, en réduisant le pus possible à l’intérieur de la communauté le rôle de l'argent pour la substitution de la notion de service réciproque à la notion de profit... » — Jean BIROUSTE, Brochure du Mouvement « Prerreneuve ».
(2) :« On peut définir le complexe social un ensemble cohérent de personnes et de groupes humains, la cohésion pouvant tenir soit à l’activité professionnehe, soit à la réunion sur un territoire défini. Il en est donc de deux sortes : les complexes professionnels ou d’activité, les complexes territoriaux ou géographiques. » ;
médecin, prêt à toutes les éventualités professionnellles, mais aussi paysan, et paysan éclairé.Il serait éminemment souhaitable que tous soient d’origine terrienne et aient en eux une éducation faite en milieu rural. Cela pose le problème, extrêmement important des collèges secondaires ruraux, seuls réeliement capables à l'avenir de préparer les futurs « notables » du monde rural qui soient de vraies élites spécifiquement paysannes. Mais pour arriver à ce résultat, il ne faut pas de ces collèges « fermés » de hauts murs qui ferment l’horizon, de ces « tours d'ivoire ».… Des projets sont à l'étude et vont rejoindre les projets d’enseignement supérieur rural. (1)
Il devra, en, outre, avoir de profondes attaches matérielles avec son milieu de vie. Il serait utile, sinon indispensable, que le médecin rural soit en même temps propriétaire terrien,. mais à la condition qu’il s'occupe lui même de gérer au moins son bien Il aura ainsi des notions plus exactes de la valeur des. choses et du travail de la terre.
S’1i a une ferme, que cette ferme soit un‘exemple du point de vue hygiène et commodité de l'habitat et des dépendances, Il fera ainsi passer ses idées à la pratique la plus tangible et il aura ainsi une influence profonde par l’exemple, sur son entourage. Répétons encore iei ce que nous avons déjà dit : « Pour convertir le paysan, il n’est qu’un argument : réussir.» |
Suivons en cela l’exemple admirable d'Olivier de Serres, du docteur Benassis, du docteur Labat, et de tant d’autres.
« Je connais maïnts médecins — nous dit Jean Yole — qui partagent leur temps entre leurs malades et leurs terres exploitées par domestiques ou métayers, et qui, l’épreuve faite, entre deux attirances et deux sources de profits, laissent la médecire pour se consacrer complètement à l’agriculture. On doit reconnaître, d’ailleurs, que ce ne sont ni les moins bons médecins, ni les moins bons agriculteurs. »
Sans aller jusqu’à cette extrémité, la possession de biens terriens donnera au médecin une aisance matérielle qui lui permettra plus de libéralités dans l’exercice de son art.
Le médecin propriétaire de la ferme modèle.de la paroisse ou du canton, n'est-ce pas là une solution idéale à de nombreux problèmes. L'idéal serait sans doute de voir cette ferme tenue par un fils du médecin, ingénieur agronome...
On peut envisager, pour le plus grand profit de la ferme et de tous,la propriété communautaire de cet établissement modèle,
(1) Projets des Professeurs Lucien. Gachon et Marcel Légaut, du RP, \ Faure, des Ecoles d'Agriculture d'Angers et de Purpans Etc.
de cette « ferme-pilote », parle médecin, le vétérinaire et l’ingénieur du Génie Rural ou un architecte ruraliste, et la gétance par un fermier choisi, père de famille et paysan exemplaire.
«Le médecin-praticien doit-il être et peut-il être l’âme et le bon ouvrier de la prévention médico-sociale ? »
…Telle est la question posée dans la Revue « Hygiène Sociale» (n° 1, janvier 44). nous, nous répondons résolument «oui» ! Certains médecins (entre ‘autres un Médecin Inspecteur de la Santé, dont je ne citerai pas le nom, par charité...) ont répondu «non», en prétextant que les praticiens n’avaient aucun interêt à empêcher les gens de devenir malades !.. Ceci se passe évidemment de commentaires !.…
Nous pensons avec le docteur Delore que « dans le monde de demain, le médecin sera d’abord un éducateur et un conseiller de santé et que l’instituteur sera son principal collaborateur »
Faudra-t-il pour cela en arriver, comme le pensent certains, à la médecine fonctionnarisée et aux médecins d'Etat « spécia-. lisés » dans la prévention médico-sociale et l'éducation de la santé ?… des medecins répondant à cette description désespérante faite par le professeur Sautet :
«Voilà donc des médecins (les médecins fonctionnaires) faisant honnêtement leur métier et rétribués d’une façon moyenne, rarement large et quelque fois très médiocre, et qui ne songent guère à quitter leur place. Pourquoi ? La réponse est je crois très simple : c’est que suivant l’évolution sociale générale, beaucoup d’intellectuels, sans s’en apercevoir, et, en tout cas, sans s’insurger contre ce fait, se sont « prolétarisés », les médecins comme les autres. Certains confrères se contentent pour eux et leur famille d’une vie très modeste, sans faste, sans domestique. et ma foi, sans trop se plaindre, heureux d’une vie simple et d’un avenir assuré... »
.. Nous ne le croyons nullement ! Nous pensons qu’il est possible de faire « honnêtement » son métier, d'aimer même la vie « simple » et « modeste », sans être pour cela obligatoirement fonctionnaires. Seulement, c’est à tous les médecins qui pensent comme nous de se liguer contre certaines pratiques qui déshonorent la médecine et pour fair adopter par tous ce principe essentiel qu'énonçait Mondeville à savoir que « le médecin ou le chirurgien doit tirer des riches autant qu’il peut, pourvu qu’il dépense tout l’excédent à soigner les pauvres. ».
À notre avis, et de l’avis de la très grande majorité des jeunes médecins que nous avons interrogés sur ce point : la fonctionnarisation constituerait une prime à la médiocrité. :. et, en outre, le prestige du médecin auprès du paysan en serait
diminué d’autant car ce dernier déteste le fonctionnaire ou tout ce qui lui ressemble... (1) . .
Que le médecin soit payé par la commune pour le travail effectué au centre médico-social, rien de plus normal et de plus juste, mais, n’allons pas plus loin, de grâce ! Il suffit des Assurances |!
Parlons maintenant de la formation professionnelle du médecin de campagne, mais contentons-nous ici de signaler que : « des groupes d'étudiants en médecine, à Paris et en province, appuyés par de jeunes et vieux praticiens ruraux, souhaïitent la création d’un Diplôme d'Etudes Médicales Rurales »… et laissons à un de nos meilleurs amis le soin de développer cette idée comme elle mérite de l'être.
Souhaitôns ;seulement qu’une large place soit faite à la médecine sociale, à l’hygiène et à la médecine préventive, à, côté de l’obstétrique, de la chirurgie d’urgence, de l’art dentaire, de la radiologie, du laboratoire et de la propharmacie. Souhaitons que des stages soient organisés auprès de praticiens ruraux expérimentés. Souhaitons enfin que soit prévu, chaque anuée, un concours de thèses ou de mémoires originaux consacrés à des sujets de médecine rurale, réservé aux titulaires du diplôme et donnant droit à des bourses ou prêts d’installatiun (conipte-tenu des charges familiales).
Emettons aussi le vœu que soient prises des mesures gouvernementales (exonérations d’impôts par exemple.) pour. favoriser une répartition des postes médicaux plus équilibrés entre la ville et la campagne et pour que soient enfin acceptés, par ces mesures, les postes dits « déshérités ».
Nous pensons aussi que le médecin rural doit pouvoir participer également aux travaux scientifiques et à la recherche dans le domaine médical et dans les autres disciplines de l'esprit. Il n’en a guère les possibilités à lheure actuelle. Comment y parvenir ? is
Le docteur A, de B.., dans l'Indre, nous dit par exemple :
« …Il y aurait intérêt à organiser des travaux d'équipe reposant sur des enquêtes très vastes dans les milieux ruraux.
» Au point dé vue médical, la génétique est à l’ordre du jour. Personne mieux que les médecins de campagne n est placé pour étudier l'hérédité des familles ; il y aurait là des choses intéressantes à faire, Une enquête bien faite sur certains sujets de cet ordre donnerait du prestige à notre catégorie
1) « Le total des fonctionnaires est passé de 840.000 en 1934; à plu- Le ) riione en 1945...» Journal Agricole du 27 juillet 1945. P: 7. Qui les nourrit ?..
médicale, qui souffre, elle aussi. du complexe d’infériorité paysan... »
Le docteur A. souhaite aussi, avec plusieurs de ses confrères, la création d’une Académie des Praticiens Ruraux et d'une revue à leur usage particulier, qui assurent la liaison entre tous. L
Le médecin rural, en tant « qu'homme cultivé », doit pouvoir prendre part à certains débats d'importance capitale pour la vie du pays :
— Cette fonctionnarisation de la médecine dont nous parlions plus haut, par exemple.
__ La décentralisation et la ete La teur de l’industrie dans les campagnes.
— Etc, etc.
Il y a bien, évidemment, des organismes privés ou semiofficiels, tels que : |
— La à pour lEtude des Problèmes Humains,
— « Economie et Humanisme »,
— Le Groupe Lyonnais d'Etudes Médicales, Philoséphiques
et Biologiques.
Mais, ces efforts, bien que tendant vers un même but, sont trop: dispersés et la place réservée aux médecins de campagne y est encore une place de parent pauvre. Souhaitons très vivement que chaque praticien ait à cœur de participer aux travaux d’un “de ces organismes, mais, souhaitons avant tout, qu’il participe aux efforts des jeunes des « Centres Interprofessionnels d'Etudes Ruräles (1) > dont le but essentiel est « d’accroitre la valeur des jeunes qui, étant donné le métier qu’ils ont choisi, se proposent de vivre et de travailler à la campagne ».
Maïs, pensons avant toutes choses que le médecin de campagne doit être un « homme » au plein sens du mot, un exemple de santé physique, spirituelle et morale. Son action, par l'exemple personnel et familial devra être considérable. On a les yeux braqués sur lui ; s’il parle d'éducation des enfants et que les siens ne soient pas bien élevés ni de bonne santé, ses paroles seront vaines auprès des paysans.
S'il parle contre l’alcoolisme et qu’il ne montre pas luimême l'exemple de la sobriété. on rira, et on aura raison, mais ce sera bien triste, en fin de compte !
I1 doit être aussi un modèle d’hospitalité, car c’est là une des formes primordiales de l’action sociale.
(1) Pour tous renseignements, s'adresser au Centre interprofessionnei Parisien d'Etudes Rurales, Institut d'Hygiène, Faculté de Médecine, 21, rue de l’Ecole-de-Médecine, Paris (6°).
si
ma. LUE
Sa formation morale est évidemment affaire de conscience personnelle, mais nous pensons.qu’ily a plus grand profit pour
tous à ce qu’elle soit très poussée, Le docteur D... de C.., dans
l’Eure-et-Loir, nous dit :
«Si le médecin de campagne n’est pas croyant. il doit être, scrupuleusement respectueux de toutes les croyances et ennemi de toutes les superstitions.
> S'il est croyant, qu’il le soit franchement, loyalement et courageusement, qu'il donne J’exemyie de la mise en pratique des commandements et ainsi son rôle social d’honnête homme verra son action doublée ! » |
Sa formation physique ne doit nullement être négligée non plus ; il faut une santé de fer et une résistance à toutes les fatigues pour-assurer la tâche souvent écrasante du praticien rural, Il doit montrer l’exemple Ià aussi. Nous allons même jusqu’à penser qu’il doit être capable, à l’occasion, de faire voir.au paysan qu'il est capable lui aussi de tracer un sillon
droit à:la charrue, d’abattre un arbre correctement ou de sou-
lever :une balle de foin — son prestige sera grand s’il le fait — et on pensera qu'il n’est pas « fier » et qu’il n’a pas peur de mettre la main à la pâte le cas échéant.
Pourquoi, après tout, n’y aurait-il pas aussi une épreuve physique-à ce Diplôme de Médecine Rurale ?' Serait-ce une telle déchéance pour des médecins que d’être en mesure de prouver: qu’ils sont en bonne santé pour avoir le droit de soigner les autres ?..
Un dernier mot sur les « violons d’Ingres », qui ont parfois une grande influence sur le rôle social du médecin, sur le prestige qu’il peut en avoir et les possibilités de détentes que cela peut lui ouvrir. #
« La peinture ou la sculpture sur bois. », nous dit le docteur R..., de Saint-A...-sur-R... ; mais il y en a bien d’autres! Notre ami S.. nous dira peut-être un jour ce qu’il pense du « rôle social de la musique » !.. et tous les arts. Et l’histoire et la géographie humaine ! et les autres sciences (la botanique ou la préhistoire, en particulier, ont de nombreux adeptes...). Mais nous reparlerons un peu de cela à propos des collaborations avec les autres éducateurs.
b) Médecine Rurale.
€ On ne soigne pas un malade sans porter un juge- . ment sur lui, qui, très simple d’apparence, ne laisse pas d’être assez complexe pour qu’on puisse le décomposer en plusieurs. Outre de jugement sur la maladie, ses causes, sa nature, ses conséquences, son traitement, qui passe avant tout, il y a celui de l’âme du malade, qui beaucoup importe aux précédents. Il faut juger aussi le milieu familial, professionnel, social, dans lequel je malade est plongé ; l'ambiance avec ses mille déails, qui conditionne la vie quand on est bien portant, garde de l'influence quand on cesse de l’être. »
Docteur LABAT : L’Ame Paysanne, p. 12.
Le nvdecin rural de demain devra pratiquer une méderine compicle, + ia 1015 Iaite de sous CL de nLeventuon, Nous pensons quil peut iaire les deux san* trop de surcroît de travail. Nous peusous que non seuement 1l le peut, mais 1l le doit, contrairement à ce que pensent certains médecins inspecteurs...
Lans i£ foud, son role social consistera surtuut à insister sur la medecine preventive, sur ia protection sociale complète, Nous pensuus, avec le docteur brigdman qu… « en réalité. il n’y a pas deux médecines, une medecine de soins et une médecine piévenuve… » que « la frontière qui les sépare est trop fluente pour pouvoir être esquissée » qu’« il ne üoit pas y avoir, en principe, deux types de médecins et que si les praticiens avaient reçu une instruction les mettant en contact avec les aspects parüculiers de la médecine de l’homme sain, ils pourrraient rendre les plus grands services à la collectivité. Faisons que les médecins s'intéressent à la prévention des maladies, montrons leur la facilité qu'ils auraient à étudier le malade et son entourage dans son ambiance, son hérédité, son type technique, et nous aurons fait d'eux les artisans d’une grande œuvre de protection de la santé ».…
C'est cette instruction que réclament les étudiants futurs praticiens ruraux.
Que peut-on faire pour aider le médecin à s'orienter dans cettte voie ?
1° On peut l’éduquer en ce sens. Certains de nos professeurs s’y emploient déjà avec diligence et enthousiasme et nous ne leur en seront jamais assez reconnaissants, mais ils sont encore trop peu nombreux. Le Diplôme de Médecine Rurale y pourvoira pour beaucoup, il faut l’espérer.
— Gi —
2 On peut, on doit aussi, améliorer l'équipement sanitaire rural et en particulier l'équipement préventif et le matériel de dépistage. Là, l'Etat peut et doit puissamment apporter sa contribution sans porter pour celà atteinte à la liberté du praticien.
En particulier : |
Il faut organiser le dépistage radiographique systématique à la campagne. On peut citer à cet égard le très bel exemple du Service Social Rural de la Côte-d'Or qui vient d'offrir à la direction régionale de Ta Santé un superbe camion radiophotographique destiné à parcourir les campagnes au service de l’inspection médicale scolaire et des praticiens qui en font la demande.
Pense-t-on aussi à utiliser dans ce but les ambulances radio du Service de Santé militaire une fois la paix assurée ? Celà est très souhaitable.
— Il faut rendre la chirurgie plus accessible.
— Il faut organiser tous les secours d’urgence qui devront. être parfaitement au point et toujours prêts à fonctionner :
— Panier d’accouchement. |
— Transfusion sanguine (donneurs étalonnés ou réserve de sang citraté.)
— Appareils de respiration artificielle et tentes à oxygène. (Nous avons vu mourir un jeune enfant cêt été faute d’un ballon d'oxygène que l'hôpital de la ville voisine n’avait pas été en mesure de fournir. et il s'agissait là d’une de nos capitales provinciales !)
— Ambulance. A
—- Il faut aussi organiser les examens périodiques et préparer les médecins à cette tâche trop négligée.
— ]] faut, entre autres, créer au améliorer des consultations prénatales et des consultations de nourrissons, et les médecins doivent contribuer puissamment à l'éducation des jeunes mamans (et des vieilles nourrices aussi..).
— Il faut penser aux examens périodiques scolaires, sportifs et pour adultes, examens dont on parle tant mais dont on voit malheureusement si peu la réalisation pratique sérieuse ct effective.
— Et pourquoi pas aussi les examens biotypologiques pour les paysans qui y consentiraient.
— Il faut organiser plus sérieusement la lutte contre l’alcoolisme, intimement lié à l’action sociale, par des mesures générales et locales dirigées contre les insuffisances économiques, psychologiques et sanitaires (Un exemple entre mille : B..., dans l’Indre : 650 habitants, dix débits de boissons !...)
— Lutte aussi contre la tuberculose (voir à cet égard les idées proposées par le docteur Durand de Courville dans le « Progrès Médical », (n° 4 du 24 février 1944.)
Mais, comment coordonner et faciliter tous ces efforts, tant en médecine de soins qu’en médecine préventive ?
Certains préconisent la médecine en équipes. elle -est certainement souhaitable et on en tirerait certes de grands avantages. Mais, est-elle réalisable ? Il est permis d'en douter malheureusement !
Plus réalisable, peut-être, ces « Maisons médicales » (1) du docteur Brigman, parce que sauvegardant plus lindépendance de chaque praticien tout en permettant le secours. de spécialistes. Sas
Une excellente formule est celle préconisée par le docteur Hazemann : le « Centre médico-social » du village, centre de demain (2). On sait en effet que certains economistes distingués proposent la création de cette unité économico-politique basée sur la décentralisation industrielle (Bardet). À ce propos, il semble qu'il faudra agir avec une extrême prudence si on veut obtenir les résultats escomptés : il faut désirer l’« humanisation » de lentreprise industrielle au contact d’un monde: paysan .plus sain et plus équilibré, et non au contraire désirer, comme certains, l’ «industrialisation» des campagnes. Pour ne citer qu'un exemple, assez frappant, signalons le cas de la Suède (un. pays qui a acquis, non sans raison d’ailleurs, la réputaton d’être parmi les plus avancés de notre époque au point de vue social. On y déplore (3) la « contamination » par l’exemple .des villes des « centres industriels ruraux », surtout en ce qui concerne li habitat.
On a copié servilement, uniquement dans un but de spéculation, les habitations ouvrières en série des villes, au lieu de s’adapter au « lieu ». Sans aller si loin, nous avons, en France, de multiples exemples de ce fait, il n’est que de regarder. le paysage défloré en de nombreux endroits... Mais. il y a une différence malgré tout avec notre pays, c’est qu’en Suède, .à la suite d’une campagne vigoureuse, on a rémédié rapidement. à cet état de chose, et les industriels, entre autres, ont fort:.bien compris l’intérêt de leurs ouvriers lié au leur.
Pensons aussi, puisque nous en sommes à ces « villages-
(1) Cf. « L’Avwenir de la Médecine Rurale >, Docteur Brigdman.
(2) Cf. article dans « L’Hygiène Sociale », n° 6 (année 1944).
(3) Cf. « Le problème social le plus urgent .de la Suède : les habitatiorg
ouvrières, par Gurmar LOWEGREN, Bulletin de la Chambre de Commerce Suèdoise en France : n° 2,
centres », aux villages « médicaux » spécialisés: nous avons déjà des villages de tuberculeux, mais a-t-on pensé à en créer un ou deux spécialement pour les paysans tuberculèux; où ils bénéficieraient entre autres choses d’une réadaptation professionnelle progressive et faite pour eux ?
Et les villages pour « cardiaques » préconisés par un de nos professeurs. Excellente idée : certains étudiants se plaignent d’étre partagés entre le désir de vivre à la campagac et celui d’exercer une spécialité... n’est-ce pas la solution rêvé: pour eux... et-pour les malades aussi ?
Et les villages pour enfants déficients et pour les enfants abandonnés ? Il existe bien, en Ecosse, depuis plus de 80 ans, à < Bridge-of-Weir » (Renfrewshire) un village de: 1.159: enfants abandonnés recueillis par 256 personnes qui s’en occupent (dont un médecin et un assistant) et les nourrissent à l’aide : d’une exploitation agricole modèle !
Et les villages pour infirmes et en particulier ces paysans anciens polyomyélitiques que le professeur Tranoy, de l'Ecole d'Agriculture d'Angers, a déjà eu la généreuse idée de grouper en une magnifique association d’entr’aide ?
I} faut aussi.organiser la recherche scientifique rurale et faire la:.somme des connaissances dans le domaine de la médecine rurale, à l’usage des étudiants du diplôme de médecine rurale ou des: praticiens désireux de se perfectionner. Nous convions donc tous nos confrères à la rédaction en commun d’un Manuel de Pathologie et de Médecine préventive rurale, à la création d’une revue médicale qui leur soit propre (beaucoup d’entre eux nous ont fait part de leur vif désir de voir se réaliser cela au plus vite). Nous les convions aussi à signaler aux étudiants, membres des Centres interprofessionnels d'Etudes rurales, les sujets de thèses qu’il conviendrait d’étudier particulièrement . (Radiographie en, campagne ; équipes chirurgicales volantes ; équipes de spécialistes en campagne ; dispensaires, hopitaux et maternités ruraux ; laboratoires ruraux, etc...)
« Avec tout cet ensemble de mesures mises à la disposition du corps médical et à l’aide de celles qui sont encore soit en projet, soit à l’état larvé, il ne serait plus admissible que la médecine de soins ne puisse plus toucher tous nos paysans, pas, plus que la médecine préventive ne les laisse échapper à sa protection tutélaire. Mais pour arriver à ce double résultat,il faut d’une part que les médecins campagnards, cessant de se regarder trop souvent. comme de redoutables concurrents, unissent leurs efforts et coordonnent leur action ; et, d’autre part, qu’ils ne soient pas tenus à. l’écart.par les organisations de la Santé, qui les pousse-
ab au plus grand dam de tous, à se désintéresser des questions de prophylaxie et de prévention.
» Il faut qu'ils soient, au contraire, personnellement mêlés à ces activités et, en quelque sorte, intégrés dans cette lutte incessante pour la vie et contre la mort. Pour ce fairé, qu’on ne nous ressasse pas continuellement qu ’ils ne sont pas spécialisés, ou qu’ils n’ont pas assez de temps à consacrer à la médecine publique !.… Qu’on pousse donc leur enseignement à la Faculté vers ces branches aussi indispensables à qui veut soigner qu’à qui veut prévenir. Quant au temps à trouver, c’est affaire d’organisation...
> Ne serait-ce pas là une des meilleures façons d'utiliser cette prétendue pléthore médicale qui est surtout fonction d’une répartition défectueuse? J'ai la certitude qu’un canton rural d’une dizaine de milliers d'habitants et possédant quatre à cinq médecins peut,dans les conditions que je viens de souhaiter,leur assurer à tous une existence convenable, une occupation suffisante, et en même temps être équipé de façon largement suffisante aussi bien dans le domaine curatif, que dans le domaine préventif. (1) »
La médecine toute entière et la médecine préventive en particulier contiennent en puissance le rôle social du médecin lorsqu'il sait considérer son art comme un sacerdoce, maïs, nous pensons aussi que ce rôle social dépasse le secteur purement médical, purement sanitaire: c’est ce que nous allons voir maintenant...
(c) Action Sociale.
Passons donc progressivement du médical ou du sanitaire qui n’est pas toujours strictement médical à l’'économique et au psychologique que nous traïiterons plus particulièrement au chapitre suivant.
Considérons tout d’abord la place que doit ‘occuper le praticien rural dans les organismes sociaux.
Nous devons exiger partout sa présence dans les commissions d’hygiènes communales ; son absence y est absolument inadmissible.
Souhaïitons aussi sa présence dans les nouvelles commissions paritaires du travail agricole créées à l’échelon départemental (ordonnance qui vient d’être approuvée par le Gouvernement le 26 juin 1945) afin qu’il soït là, en mesure d’appuyer les justes
(1) Docteur DURAND DE COURVILLE, Progrès Médical, n° 4 (Année 1 944)
ee Le ous
revendications des ouvriers agricoles concernant l’hygiène de Vhabitat, du travail, l’alimentation, le repos, auprès des patrons agriculteurs ; ou, ce qui est encore préférable, avant les réunions de ces commissions, de faire comprendre, par conversations privées, en particulier au milieu patronal de grande culture, le grand rôle social qu'il a à jouer : le faire penser à l’hygiène de ses ouvriers ; lui faire sentir qu’il est de son devoir d'aider, d'orienter, de procurer les moyens de réalisation.
Souhaitons, avant tout, la création et l'animation, par; le médecin en particulier, d’un de ces organismes encore en projet appelés par les uns « Comités locaux d’action sociale rurale », par les autres « Comités d'organisation rurale », par d’autres encore «Comités d'entente», ou enfin «Equipss Pierreneuve» ; tous identiques quant au but : réaliser l’union des éducateurs ruraux et de toutes les bonnes volontés pour trouver une formule sociale aussi adaptée et aussi complète que possible.
On parle aussi d’autres organismes spéciaux, tels que les « Commissions locales de l’habitation », dans lesquelles il semble éminemment utile de voir représenté le corps médical. Mais, n’est-il pas possible de fusionner tous ces organismes en un seul chargé d’étudier toutes les questions sociales sous tous leurs angles, au lieu d’aboutir fatalement à une dispersion des efforts?
- II faut aussi réclamer énergiquement le droit pour les médecins ruraux d’être représentés dans les assemblées chargées d’établir les lois de sécurité sociale en ce qui concerne l’agriculture, en tenant le plus grand compte des motions (1) présentées à tous les congrès des organisations professionnelles, familiales et de jeunesse (telles que la C.G:.A.,la Confédération Nationale de la Famille Rurale, la J.A.C. les syndicats locaux...), motions établies par les intéressés eux-mêmes, en pleine « pâte », d’après des besoins réels et non dans de poussiéreux bureaux...
Un autre point extrêmement important : le médecin rural doit-il essayer de devenir maire de sa commune, ou tout au moins conseiller municipal ?
Le maire a de très importantes prérogatives en matière d'hygiène et si cette fonction est nar trop accaparante pour que le médecin puisse l’assurer correctement sans que cela norte préiudice à son activité professionnelle, il est très sorhaitahle que maire et médecin soient bons amis et que Île praticien soit conseiller municipal influent, ou adioint au maïre. Un Réalement sanitaire maintenant départemental (rendu obligatoire
(x) Voir en particul'er la motion de la Commission des lois sociales de la C.G.A. au Congrès des 16, 17 et 18 mars 1945. (Cf, « Libération Pare
sanne ». du 31 mats 1945).
par la loi du 15 février 1902) existe partout, le médecin doit le connaître et veiller de façon effective à son application. Rappelons aussi que l’art, 97 de la loi de 1884 rend le maire responsable de la salubrité publique et que ses pouvoirs ont été accrus et précisés par les loïs du 21 juin 1898 et du 15 février 1902.
Ces mesures, « il faut le reconnaître, se heurtent trop souvent encore à l’inertie et à l’égoisme inconscient des populations. Leur application loyale est en grande partie une œuvre d'éducation, qui ne peut réussir en un jour. Elle exige, comme on l’a dit, les efforts des autorités sociales, des éducateurs, leur exemple, leur influence personnelle : elle sera vraiment complète le jour où les prescriptions d'hygiène ne seront pas seulement imposées comme des mesures tracassières, mais où elles seront observées par la bonne volonté de ceux qui auront compris leurs véritables intérêts. (1) »
(Chantemesse et Mosny exprimaient déjà les vœux suivants dans le tome XTII de leur « Traité d'Hygiène » :
1° Que les principes d'hygiène et. d'assainissement :(des habitations) soient condensés en un tableau très clair, dans lequel soient mis en regard les prescriptions à suivre et les errements à éviter ; avec explication des avantages des premières et des inconvénients des seconds.
2° Que ce tableau soit affiché. dans les communes. pour l'éducation de la population adulte ; qu’il soit :affiché : dans toutes les écoles, qu’il soit imprimé sur les cahiers et serve aux leçons d’hygiène des maîtres.
3°, Organisation de conférences de vHearisation des principes d'hygiène.
4 Participation de la presse, du, cinéma.
Nous ne saurions trop souscrire à ces excellentes suggestions.
N'oublions pas non plus le rôle très important du maire (et du conseil municipal) en matière d'assistance publique (AM.G; Assistance à la Famille, Assistance aux Vieillards et Infirmes). Notons, en. passant; que les Caisses. d'allocations familiales agricoles et la Mutualité agricole (les paysans réelament à l’heure actuelle que les statuts en soient fixés. une fois pour:toutes) ont, en fait, diminué :considérabement le nombre des personnes obligées de recourir à lassistance publique.
A:propos de lPhabitat rural, nous avons déjà dit: au. chapitre précédent ce que nous pensions de cette question et nous
(1) Compte-rendu du Congrès dé l’A.C.J.F. sur # “Vie A cr de Bordeaux 1932.
en ,reparlerons au. chapitre de la .collaboration-avec: les arthitectes et les ingénieurs du Génie Rural. Signalons ici en passant une brochure très intéressante : Ce que les familiaux attendent des municipalités rurales de demain en matière de politique d'habitation familiale, par J. Ferté (éditée par la Confédération Nationale de la Famille Rurale).
« C’est encore: au conseil municipal qu’il appartient d’accorder -des subventions aux enfants nécessiteux quelle que soit Pécole qu'ils fréquentent, de promouvoir l'institution d’un centre: où les familles trouveront l’aide médicale et juridique dont elles ont besoin, d’appointer une assistante sociale, de répartir les taxes communales. en considération des charges de familles... c’est lui-qui décide de la réfection des chemins, - de:linstallation de l'électricité, de l'adduction de l’eau, de la création de lavoirs ou d’autres services communs. (1) »
… Le-rôle du médecin nous paraît donc très grand dans: toutes ces décisions et sa présence indispensable au conseil municipal; beaucoup de médecins sont de notre avis et beaucoup de paysans aussi (lire la composition idéale du conseil:municipal dans « Notre Village », n° de janvier 1945).
SA
Après avoir envisagé sommairement . la place que semble devoir tenir le praticien dans les organismes municipaux et sociaux, considérons maintenant les initiatives qu’il peut être appelé à prendre, selon les possibilités et les besoins locaux, dans le domaine de l’action sociale.
Le médecin rural doit être un excellent hygiéniste et, nous l'avons déjà dit, doit recevoir à cet égard une formation très sérieuse. Drouineau disait déjà en 1897 : « La seule pensée qu’il faille avoir est de rattacher d’une façon honorable le médecin à la campagne, son éloignement est un malheur véritable. Résidant au village, au milieu des paysans, ïl acquiert une influence considérable ; par ses conseils, par son autorité de savant, il peut hâter. beaucoup le progrès et Passainissement des campagnes. » “ti Signalons ici aussi le remarquable ouvrage du regretté professeur Rochaix et du professeur Täpernoux sur « l'Hygiène des milieux ruraux ». Toute la préface serait à citer intégralement ; elle met en lumière, ainsi que le travail très documenté qui lui fait suite, l’étéendue du rôle sacal du praticien
rural dans le domaine de hygiène. em Huan el | |
(1) N, DROGAT : Micnuel Social Rural.
Qu'il nous soit permis plus particulièrement de signaler Pimportance accordée avec juste raison par ces auteurs à l’amélioration des conditions de vie de la campagne et au rôle prépondérant de celle-ci dans la renaissance de nos campagnes...
« Tout ce qui peut être fait pour alléger l’effort féminin est une nécessité impérieuse, toute amélioration en faveur de lhygiène, de la commodité, du confortable, c'est de la fatigue épargnée à tous, mais plus particulièrement à la mère de famille, qui est l’âme agissante du foyer. Celle-ci qui s’épuise souvent à des besognes écrasantes sera soulagée. Sa santé sera améliorée ; elle aura plus de temps et plus de liberté d'esprit pour se consacrer à sa mission morale, en particulier, pour éveiller et orienter l’âme de l’enfant vers l’attachement au toit et à la terre ancestrale, maintenir les jeunes dans « le sens et le sentiment du sol», suivant l'expression de J. de Pesquidoux. Les étudiants du Centre Interprofessionnel d'Etudes Rurales de Paris ont bien compris cela puisqu'ils ont choisi comme sujet pour leur journée d’étude de mai : « Le Travail de la Femme à la campagne. »
Parlons un peu en détail, si vous le voulez bien, du rôle d’hygiéniste du praticien rural soucieux d’une protection sociale totale.
Que peut faire le médecin en matière d’habitat et d’hygiène publique ? Les problèmes soulevés ici sont très nombreux et étroitement liés aux problèmes de l’équipement des campagnes; encore faut-il distinguer ici entre les « écarts » et les agglomérations. En dehors de son action dans les commissions locales de l’habitation et au conseil municipal, de sa collaboration en tant que conseiller sanitaire avec l’architecte, les entrepreneurs et l'ingénieur du Génie Rural, le médecin peut (et surtout sa femme, mais nous y reviendrons tout à l’heure) par une prudente propagande directe et même parfois par des conférences publiques à la jeunesse, s’il est suffisamment qualifié pour cela, influer considérablement sur les problèmes d’adductions, d’éliminations et de protection de l’habitat et de la localité. Bien des choses restent encore à trouver à cet égard : procédé d’épuration de l’eau efficace et économique, fosses d’aisance hygiéniques et pratiques à la portée de tous ; lutte contre les mouches, contre la « boue ».…., etc, et les chercheurs, médecins ou autres ont le champ libre à cet égard. On ne fera jamais assez de propagande pour les excellents moyens d’amélioration de la vie familiale et professionnelle mis à notre disposition per la science : l'électricité en premier cher gaz butane, neige carbonique, ge de fumier, etc.
L'expérience américaine de la « Tennesse Valley Authority » nous a prouvé les miracles que pouvaient réaliser l'électricité et l'organisation rationnelle d’une région dans le respect total ds hbertés individuelles.
Des hommes de bonne volonté et d’expérience veulent, en France, ténter de créer un « village témoin » sur des bases plus humaines encore et plus françaises certainement ; souhaitonsleur bonne chance et aidons-les même si nous en avons la possibilité personnellement. Leur exemple qui veut être aussi concret, aussi réel, charnel, que possible, ne peut manquer d’avoir dans le monde rural de très grandes répercussions si les éducateurs et en particulier les médecins savent en tirer habilement parti pour l’amélioration de leurs propres localités.
L'équipement des campagnes, et en particulier des « écarts », souvent si défavorisés, en eau courante et en électricité (lumière et force) modifie complètement l’aspect d’une région, change la mentalité des gens et enraye pour une bonne part l’exode rural: nous en avons, en France même, de beaux exemples, comme dans certaines vallées de Haute-Savoie. A
Jean Yole dit : « Le faux progrès rural c’est d’en limiter le bénéfice au chef-lieu de la commune... Le vrai progrès. la vraie politique rurale, c’est, en tout, la politique des écarts. »
L'alimentation pose aussi de très nombreux problèmes, mêie sans tenir compte de la période désaxée que nous traversons en ce moment ; le médecin peut non seulement donner d’utiles conseils diététiques au cours de sa pratique professionnelle journalière (chez les adultes et les enfants) mais aussi contribuer à l’orientation et au choïx des cultures de toute la région soumise à son influence. On souhaiterait voir réaliser en France ce qui a été fait en Angleterre par exemple où une
commission de médecins a pris officiellement les décisions qui
s’imposaient en ce qui concerne lorientation de Pagriculture en fonction des besoins alimentaires humains et animaux locaux, nationaux et même internationaux, puisqu'ils prétendent même nous imposer leurs vues: et faire de l’agriculture française un simple rouage spécialisé dans la production de certaines denrées. Ne pouvons-nous pas, nous aussi, dire notre mot à cet égard et essayer de ne pas trop dépendre de l'étranger ? À Sur le plan local encore, le médecin devra suggérer la créa-
e û Q Sr ie tion d’abattoirs intercommunaux, de stations d’étuvage col
lectif pour la fabrication des conserves familiales, de stations
‘frigorifiques pour la conservaton des aliments de chaque
famille comme cela a été réalisé encore dans la Tennessee Valley. Il peut aussi, avec l'aide du vétérinaire, améliorer
grandement la qualité des produits laitiers par un contrôle sanitaire effectif et l’application de certaines mesures excellentes comme la mise en bouteilles stérilisées directement à la traite, (ces récipients étant fournis par les coopératives laitières aux producteurs). Chacun y trouvera son compte, à commencer par les enfants des villes si mal servis en bon lait. Il:séemble nécessaire aussi de signaler, à propos de l’alimentation, que le paysan, dont la nourriture est par ailleurs trop monotone, ne. mange pas assez de beurre, particulièrement dans certaines régions (dans certains endroits, pourtant riches en produits laitiers, on ne connaît même pas l’usage de la baratte !..). Une étude-‘détaïllée sur l’alimentation du paysan reste à faire, par régions et pour lensemble de la France. Souhaitons qu’un ou plusieurs étudiants du (Centre Interprofessionnel d’Etudes Rurales s’y emploient avec l’aide de praticiens en place. Nous verrons, à propos de la lutte contre lPalcoolisme, un autre domaine de l’alimentation où les connaissances et linfluence du médecin peuvent intervenir. On vient de créer un Institut National du Vin. Mais a-t-on pensé à y introduire des médecins ?
Les populations rurales, par un paradoxe qui paraît vraiment «surprenant aux gens non avertis, ont besoin d’air et de soleil, ne savent pas encore utiliser ces deux sources de joie, de santé et de vie pour eux-mêmes et pour leurs animaux, alors qu’ils savent si bien les utiliser pour leurs cultures. N'est-ce pas au médecin à leur. faire comprendre là encore les bénéfices ‘incomparables d’une bonne aération et d’un bon ensoleillement ? Les paysans qui s'aërent bien dans la journée (nous parlons des adultes, car nous avons souvent: vu les enfants remisés en plein été au plus profond: et au: plus sombre d’une pièce sans:air et sans soleil...) s’aèrent très mal la nuit :-les its dits « bretons » existent «ncore en bien des endroits et:les fenêtres ouvertes sont rarissimes. L’exemnle de l’armée, des chantiers de la jeunesse, de certains travailleurs étrangers et de paysans français plus «snortifs» que les autres a entraîné bien des eultivateurs à travailler le torse nu au soleil, et-ceci particuliérement aux grands travaux d’été (moïsson,:« fauchaiïson » et haftages, vendanges).
Maïs c’est encore bien timide et les enfants et les: femmes restent encore obstinément vêtus chaudement et de noir: Qu’on ne se trompe pas sur le sens de mes paroles : nous ne voulons nullement voir les paysans ou les pavsannes: em maïllot aux champs. mais nous aimerions pour eux-mêmes les voir vêtus plus rationnellement sans tomber dans:les abus-d’unm ensoieilementexcessif et nuisible,
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Découvrons-nous en ‘été, couvrons-nous l'hiver de vêtements amples et n’entravant pas les mouvements, servons-nous de chaussures et de vêtements imperméables lorsqu'il pleut. Le docteur Durand de Courville a noté à cet égard; dans sa région pluvieuse, un net abaissement de fréquence et de gravité de la pneumonie depuis l'emploi plus répandu des vêtements imperméables. |
Et, puisque nous’parlons de bon air, de soleil, parlons aussi de l’eau, que les paysans utilisent si mal pour leur propre santé, Faisons une propagande intensive à cet égard et aidons nous-mêmes aux réalisations pratiques en suivant l’exemple de certains pays où les moindres villages ont leur piscine (le Tyrol en particulier) ou leurs bains de vapeur (les « Saunes » finlandais).. Suivons l’exemple de ce notaire de Seine-et-Oise que . nous citions en note page 58. Exigeons, en particulier, la création de douches par le conseil municipal.
Que le médecin soit lui-même un vivant exemple de ces idées saines et jeunes, qu’il ne soit plus le médecin à: redin: gote et à col dur d’autrefois qui ne se lavait qu'à peine les mains pour un accouchement... L
Qu'il n’ait pas peur de nuire à son « prestige » en sachant profiter lui aussi de Pair, du soleil, de l’eau, à chaque occasion. Qu'il montre:aussi l’exemple de la vigueur et de la santé physiques ; qu'il soit le promoteur de léducation physique et du sport au village. Suivons l’exemple magnifique de certains médecins basques qui jouent au fronton avec le curé et le maire devant leurs administrés, leurs ouaïlles et leurs patients. (1)
Nous. aurons, par cette action et aussi, répétons-le, par l'exemple de notre tempérance personnelle, une action des plus favorables et des plus efficaces sur la lutte antialcoolique. Ajoutez à cela la création dautres distractions saines, de Maisons de Jeunes, une éducation scolaire bien faite, et l'orientation, dans les pays de vignobles, vers de nouvelles utilisations du raisin (raisin de table, jus de raisin, etc.) sans supprimer cependant __ ce serait folie autant qu’utopie ! — la fabricaton de nos excellents vins français.
” La collaboration avec les éducateurs pour une saine morale et la culture du respect de soi-même, la lutte intensive pour l'air, le soléil, l’eau, la vie saine et joyeuse, contribueront puissamment à enrayer, sur le plan local, les fléaux tels que lPalcoo-
L iété es fê ives' ‘lire en Pour jancer une société et monter des fêtes sportives rurales; ; Ne : « Sport et Vie Rurale », du Docteur À. FRAHIER et « Education Physique Rurale >, de R. COLSON (Aux éditions de fa J.A.C.).
lisme, la tuberculose et les maladies vénériennes, encore trop fréquents à la campagne,
À propos de la dénatalité et d’un de ses principaux moyens: l'avortement, le médecin a sans cesse à intervenir pour l’empêécher quand il en est encore temps ou pour pallier ses funestes conséquences. Personne ne contestera là le rôle social primordial qu’il peut jouer, seul ou encore mieux avec l’aide des autres éducateurs comme nous essaierons de le montrer au chapitre suivant. Nous pensons, en effet, avec le docteur Labat parlant de la dénatalité, que : « le mal, dont la terre et la race se meurent, est un mal moral, mal unique à double aspect, unique barbarie à double ruine pour conséquence. » et qu'il faut « rechercher avec soin les forces morales dont dispose le village. » « Il en est au moins deux foyers, ayant chacun sa maison, dit-il, l’une, très vieille, mais toujours accueillante avec son sourire roman ou gothique.., l’autre maison, très moderne, de tuiles rouges coiffée, percée de larges baies qui l’inondent de lumière... »
Nous parlerons aussi plus loin de l’enfance et de ses problèmes, ainsi que de l'orientation professionnelle.
Tout se tient dans la vie sociale et, là encore, nous sommes en face de ce phénomène de la solidarité, de la communauté de destin, trop négligée et à laquelle il faut revenir, sous peine de mort. L’entr’aide, la solidarité, ont créé le village ; on les a oubliées et le village se meurt. Il faut de nouveau y recourir.
Il faut avant tout, pour y aider, créer dans chaque centre de quelque importance, un Service Social local — et pour ce faire, il semble sage de suivre les conseils d’un abbé Boulard, valables aussi bien pour le curé de campagne que pour le médecin. Un jeune praticien qui s’installe, plein d’ardeur et de bonnes idées fera bien, semble-t-il, de se tempérer pour un temps et de ne pas vouloir avoir l’air de tout réformer tout de suite : s’il prend la suite d’un vieux médecin, il prendra pour un temps les mêmes habitudes (lorsqu'elles sont bonnes.) et changera petit à petit sa façon de faire, sans heurter personne, au rythme paysan. un peu plus rapide toutefois car la tâche est urgente !… Il fera toujours en sorte que les initiatives qu'il prend (création de maternité, de consultations de médecine préventive, de comité d’hygiène, etc.) semble venir des paysans eux-mêmes ; cela sera beaucoup mieux accepté. L'idéal est de faire adopter par le comité local d’action sociale rurale les idées dont il suggèrera la réalisation.
Retenons, d’après ce que nous avons relevé des traits du
caractère paysan au chapitre II, les principes d’action suivants :
— La prudence : aller lentement.
s La valeur des réalisations pratiques et de l’exemple auprès du rural (un seul critère : « réussir ».….). La valeur du < Coup de main » personnel et de « la main à la pâte ». Retenons l'opinion paysanne sur le bon-à-rien-qui-ne-sait-queparler. |
— Le tact : ne pas heurter, adapter petit à petit.
-— La notion de services réciproques, primordiale.
— Savoir se concilier l’égoïsme des gens et chercher à en élever le but.
— La franchise : pas d’idées politiques cachées, pas d'idées religieuses cachées ; agir par l'exemple d’une vie morale irréprochable, vivre l'Evangile, c’est tout. le prêtre fera le reste, c’est son métier.
— Ne pas être « fier »…, ne pas être pressé..., être toujours de bonne humeur (j’ai sous les yeux l’exemple d’un excellent médecin de montagne que personne n’appelle plus en consultation parce qu’il ne sourit jamais et parle trop « sec »...).
Enfin, il ne faut jamais oublier que les bases de l’action sociale rurale sont la famille et la paroisse, cellules communautaires initiales. Une grave question qu’il convient de poser et d’avoir sans cesse présente à l'esprit, bien qu’il soit très mal aisé d’y répondre en l’état actuel des esprits : tout en sachant assurer une « protection sociale » aussi complète que possible, peut-on sauVegarder chez le paysan le goût du risque ?
Comme en thérapeutique humaine, ne vaut-il pas mieux, de Join, employer des remèdes qui stimulent les moyens de défense naturels de l’organisme déficient que de lui imposer la surcharge toxique et « annihilante » de médicaments synthétiques faits pour n'importe qui et à -employer n’importe où et n’importe quand... ? F
Et, en dehors de sa profession, quel peut-être le rôle social du médecin ? Il peut, il doit être celui de tout homme cultivé, de tout « humaniste » imprégné de sentiments ruraux. Il doit viser à la protection des « besoins supérieurs » de l’homme. Nous avons vu plus haut que le médecin peut beaucoup pour les distractions du milieu rural pour l’éducation physique et le sport; il peut aussi contribuer puissamment à aider la création de loisirs artistiques (cinéma, théâtre, société folklorique, chorales, fanfares et concerts par disques). I peut contribuer par ses connaissances et son goût à la constitution de la bibliothèque communale, du musée local. Le travail en équipe est là encore indispensable : prêtre, médecin, notaire, instituteur, etc... peu-
TPE
vent-collaborer:à l'étude de Fhistoire’et de la géographie locale; nous verrons comment au dernier chapitre. Enfin, il n’est pas jusqu’au domaine professionnel auquel le médecin ñe doive apporter quelque intérêt et même sa participation active ; il doit toujours être apte à donner avec compétence son avis sur les questions du syndicalisme agricole et sur la coopération.
Mais c’est là, diront certains, une tâche immense et hors de portée du commun des mortels qui se tuerait à la tâche! Nous ne le pensons pas car les exemples sont heureusement nombreux d'hommes ayant su ‘« réaliser >» avec un semblable « humanisme ». Où le médecin se tuerait à la tâche, c’est, en effet, s’il était seul pour réaliser cette protection sociale complète.
« Dans le monde moderne..., la miséricorde individuelle qui ne s'exerce que de personne à personne s'avère inefficace ; elle soulage une misère pendant quelques instants, sans toucher à ses causes ; elle est radicalement insuffisante. A vouloir s’en prendre directement aux malheurs des hommes, la miséricorde doit arriver nécessairement à s’en prendre aux causes de plus en plus profondes de ces malheurs. >» — (Economie et Humanisme, n° 6, p. 8.)
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