‹ Considérations sur le rôle social du médecin de campagneChapitre 7 sur 17 · A. — CONCEPTION DE L'HOMME · texte numérisé non relu

A. — CONCEPTION DE L'HOMME

Nous ne saurions ici avoir la prétention de vouloir exprimer ce qu’ont exprimé si clairement, après saint Thomas, des esprits aussi avertis qu'Alexis Carrel, Gustave Thibon, le docteur Biot et bien d’autres. Nous voudrions seulement résumer, aussi rapidement que possible, cette conception de l’homme sur laquelle s’appuie toute notre doctrine sociale.

L'homme est un tout indissociable. — On peut lui reconnaitre, pour la commodité de l’expression, un corps, un esprit et une âme (Anima). Le corps sans âme est un cadavre, — l’âme sans corps est un pur esprit. L’intellect ne s’exprime que par le

. moyen du corps et est aussi « animé ».

On peut considérer encore dans l’homme, pour l’étude des problèmes qui le concernent :

— l’Homo Economicus (l'Homme et ses Biens); — l’Homo Sapiens (l'Homme et son Esprit) ; — l’Homo Animal (l'Homme et ses besoins physiques, sanitaires). ;

Le matérialisme se refuse à admettre, non seulement l’existence de l’âme, mais celle de l’esprit. Sa théorie essentiellement « économique » ne considère que l’homme matière et les biens matériels qui l’entourent. Le monde spirituel et invisible n’est, qu’une superstructure des processus matériels,

La théorie philosophique du « Comportement » nie toute notion de liberté de l’homme et rabaisse toute activité humaine à un ensemble complexe de réflexes conditionnés. |

La conception thomiste, chrétienne de l’homme, lui confère au contraire une liberté voulue par Dieu, sans pourtant nier les interrelations étroites qui.existent entre le corps et l'esprit, le corps et l’âme. |

L'éducation, le genre de vie, le milieu, l’hérédité, ont une influence considérable sur le comportement de l'individu ; et, en particulier sur son comportement social. Nous devons nous attacher, ici en quelques pages, à essaver de dégager ce qui caractérise l’homme de la campagne, l’homme du pavs, le paysan, du point de vue physique, du point de vue intellectuel et spirituel (psychique) — et du point de vue économique,

« L'homme est en danger... et il faut pousser ce cri d’alarme non seulement au nom de la santé humaine, au nom de la culture humaine, mais encore, et plus profondément, au nom de la

nature humaine, de ses virtualités, de ses chancès, dé sa vocation. » (1).

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