‹ Considérations sur le torticollis mentalChapitre 21 sur 25 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

(MM. Pierre Marie et Georges Guillain. — Revue neurologique de 1902, p. 351

« Le malade que nous présentons à la Société de neurologie est un homme de 49 ans, venu il y a quelques semaines à l'hospice de Bicètre et qui offre à considérer une série de mouvements spasmodiques. On voit, en effet, en l'examinant, que la tèêle est animée de Secousses qui déterminent sa rotalion successivement à droile el à gauche. Maintient-il sa Lèle entre ses mains, il a quelques secondes de tranquillité, mais les mouvements anormaux reprennent rapidement. Un geste assez habiluel du malade consiste à porter la main gauche vers la face dans le but d'obtenir limmobililé de la tête.

Au niveau du membre supérieur droil et du membre supérieur gauche, on voit aussi des mouvements brusques, saccadés, intermédiaires entre le tremblement el les mouvements choréiformes.

Chez cet homme les différents réflexes sont normaux, le réflexe culané plantaire en parliculier amène bilatéralement la flexion des orteils. Aucun sligmale d'hyslérie ne peul être décelé. L'affection actuellement conslalable à débuté chez ce malade en l'année 1879. Sans aucun molif de lui connu, sa Lêle aurait commencé à trembler el à se porter incessamment vers la gauche. À cette époque, M. Desprès, à l'hôpital Cochin, aurait fait la section d'un tendon du slerno-mastoïdien. Cetle opération n'empêcha pas la tendance permanente de la Lèle à se porter vers la gauche. Le phénomène depuis lors a persisté, mais depuis deux années les mouvements

ni:

spasmodiques du cou ont augmenté d'intensité, si bien qu'aujourd'hui le malade est incapable de lire; de plus, dans les deux bras sont apparus aussi, il y a deux ans, 1 s mouvements que nous constatons aujourd'hui.

I semble bien, étant donné chez ce malade l'altitude générale, élant donné le geste à lui spécial de chercher à maintenir sa Lèle avec sa main, geste que l’on a souvent signalé dans les cas de torlicolis mental, il semble bien qu'il s'agisse ici d'une variété de torticolis spasmodique avec mouvements de même nature el de même origine dans les membres supérieurs. Si nous ne relrouvons dans les antécédents personnels de ce malade aucun signe de névrose ou de {are nerveuse acquise, il convient d'ajouter que son grandpère aurail eu durant dix années un tremblement de la têle, des bras el des jambes, sur la nature exacte duquel le malade ne peut nous donner des renseignements plus précis. De plus, sa mère aurait eu de fréquentes crises nerveuses convulsives. Notre malade a donc des tares nerveuses héréditaires, et sans doute faut-il voir dans ce fail une des causes des phénomènes actuellement cons- Lalés. »

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