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tion que du cou tortu. Mais, en 1765, l'Encyclopédie consacre un copieux article au torticolis, qui figure également en 1768, dans la Nosologie méthodique de Boissier de Sauvages : à partir de cette époque, le mot torticolis appartient définitivement à la langue française et à la médecine. Après celte étude sur le mot torticolis, cherchons quelle a été son histoire.
Dès l'antiquité gréco-latine, l'attitude penchée de la tête, d'ordre non pathologique (caput obstipum, cervix rigida), est signalée. Parlant de la démarche hautaine de Tibère, Suétone a écrit: « Incidebat cervix rigida et obstipa ». Ces vers d'Horace où il est dit: « Tiens-toi comme un valet de comédie, la tête basse et dans l'attitude de la crainte », ete., sont également connus :
PERRET Danus sis comicus atque Stes capite obstipo, mullum similis meluenti Obsequio grassere. :
De même, en faisant ironiquement allusion à l'attitude
recueille et penchée du philosophe en méditation, Perse a dit:
pee LEUR ... œrumnosique Solones, Obstipo capite, et figentes lumine terram, Murmura quum secum, et rabiosa silentia rodunt …
Quintilien, au livre XI de son /nstilution oratoire, consacre tout un passage à la façon dont il faut tenir la têle et le cou pour être bon orateur, et insiste particulièrement sur les défauts à éviter.
On connait aussi le passage de Lucien qui, dans une sabre «contre un ignorant qni achetait beaucoup de livres », lui dit qu'on le reconnaîtra toujours à son igno-
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rance, de même qu'on reconnaît toujours un débauché, serait-il vêtu d’une peau de lion, « par la démarche, le regard, le son de la voix, le col penché, le mastic à épiler, le fard et le vermillon qui servent à sa parure efféminée ». Mais c'était le Lorticolis, par attitude physiologique voulue. Cependant le torticolis pathologique était bien connu, car Celse a écrit: « Le cou, dit-il dans son chapitre sur la maladie du cou, est sujet à des maladies extrêmement graves: [l n’en est pas de plus pénible et de plus aiguë que cette sorte de rigidité des nerfs (rigor nervorum) qui tient tantôt la tête renversée vers les épaules, tantôt le menton incliné vers la poitrine, tantôt le cou droit, immobile. Les Grecs appellent la première érurovos, [a seconde éum20s6rovos, [a dernière séravos ; quelques médecins, moins sublils, emploient ces mots indistinctement. Ces affections tuent souvent en quatre jours; ce terme dépassé, elles sont sans danger. » Il est vraisemblable qu'un tétanos qui est sans danger au bout de quatre jours de durée, ne peut être autre chose qu'un torticolis rhumatismal.
Le torticolis non rhumatismal peut être le sujet de considérations analogues. Le torticolis articulaire élait parfaitement connu d'Hippocrate, de Galien, d'Aélius, de Paul d'Egine, qui, parmi ses signes, mentionnaient l’angine vertébrale. Il en estde même du torticolis par spasme et du torticolis paralytique, qui sont cependant plus difficiles à identifier à cause de leur disséminalion dans les chapitres différents.
Dans toute la période qui s'étend de l’époque grécolatine jusqu'à la fin du XVI siècle, les idées ne diffèrent pas sensiblement de celles des anciens. Puis au XVII siècle le torticolis continue à être étudié dans le chapitre du spasme ou convulsion ou tiro, lequel, par abréviation,
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se transforma en ticchio ou tico, en français uque, ne et tic. On observe le torticolis musculaire, puis le torticolis spasmodique. Ensuite Jäger, dans son ouvrage, étudie le torticolis, soit congénital, soit acquis, permanent ou intermittent, et ce Lorticolis non douloureux semble, pour lui, devoir être séparé nettement du torticolis rhumatismal, aigu, douloureux. Mais il existe encore à celte époque une grande confusion. Les médecins de la première moitié du XVII siècle ne s'entendent pas très bien sur la signification qu'il faut donner au mot torticolis, qui est alors un mot entré depuis peu, en somme, dans la langue courante. Finalement, l'usage qui prévalut fut de considérer comme torticolis le « cou de travers », quelle que soit la eause de cette déformation. Boissier de Sauvages, dans sa Vosologie, consacre cette façon de voir; ainsi 1l décrit six variétés de torticolis : le torticolis renuant, le torticolis annuant, le torticolis catharral, le torticolis gibbeux, le torticolis latéral et le torticolis spasmodique. Celui-ci donna lieu à de nombreuses discussions, que nous n'énumèrerons pas ici, et nous parlerons de suite d'un nouveau torticolis, le torticolis mental, qui date de nos jours. Avant de traiter la question du {orticolis mental, nous allons énumérer les différentes opinions le concernant.
Depuis la leçon de Brissaud et la thèse de son élève Bompaire, le torticolis mental a été l’objet d'un nombre considérable de travaux. Comme son nom l'indique, le torlicolis mental ne serait pas causé par lirritation des nerfs du cou, et du nerf spinal en particulier, mais il s'agirait d’un trouble de l'idée; de plus, d'après Bompaire, Meige et Feindel, ce torticolis mental serait un üc. Si l'assimilation du torticolis mental et du tic est loin d'être admise par tous les auteurs, en revanche l'influence
de l’état mental sur certains torticolis ne saurait être sérieusement contestée : à cette démonstration suffisent les faits de Meige et Feindel, de Sgobbo, de Souques, de Raymond et Janet, de Séglas, de Martin, de Briand, le rapport de Noguès au Congrès de Grenoble, en 1892, les thèses de Cugnet (élève de Lannois), de Montaigne, de Caudmont, les articles de Steyerthal et Solger, de Kollarits, etc.
Certains auteurs, tels que Ch. Féré, Isidor, Beduschi, Ziehen, Walton, Babinski, Pitres, n’acceptent pas sans réserves le torticolis mental.
Enfin M. le professeur Grasset voudrait remplacer le terme de {forticolis mental par le terme de torlicolis psychique à différents types. Ce nom prêterait moins à confusion, comme nous le verrons dans la suite de cette étude (1).
(1) Cette étude a été empruntée à M. René Cruchet dans son ouvrage : Trailé des lorlicolis spasmodiques.
ETIOLOGIE C)
Le torticolis mental s’observe aussi bien chez les hommes que chez les femmes. D’après MM. Meige et Feindel on ne le trouverait pas chez l'enfant. Un cas de MM. Raymond et P. Janet aurait débuté vers quatorze ans.
Le plus souvent, le torticolis mental n'est pas accompagné d’autres tics. Cependant, on a pu voir le torticolis mental clôturer une série ininterrompue de tics dont les premiers remontaient à l'enfance. L'’hérédité névropathique et psychopathique est constante; l'hérédité similaire est exceptionnelle {(Meige et Feindel) (1).
On à signalé, comme facteurs prédisposants, l’alcoolisme du père (Guibert), l'arthritisme dans la famille (Bompaire), le tremblement héréditaire (Feindel), le bégaiement héréditaire (Noguès et Sirol), des maladies nerveuses, des troubles mentaux des parents (Feindel et Meige).
Une malade d'Oppenheim avait une hérédité particu-
(1) Les tics el leur traitement, par Henry Meige et E. Feindel.
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ièrement chargée : ses grands-parents étaient consanguins, le grand-père diabétique, la grande-mère aliénée, la mère nerveuse, et des sœurs épileptiques ou atteintes de troubles psychiques. Cette femme fut atteinte dans son enfance de tics généralisés qui disparurent complètement pendant un an; mais aussilôl après son mariage survint le torticolis (1).
Dans les antécédents personnels, on voit signalées : une crise hystériforme (Sgobbo) ; de l'émotivité (de Buck) (2) ; la migraine (Brissaud) ; des névralgies (Bompaire) ; l'iritabilté du caractère, de petites manies (Brissaud et Meige); les caprices, les préoccupations, des tendances neurasthéniques (3).
L'apparition du torticolis mental est généralement favorisée par des causes morales déprimantes : émotions violentes et prolongées (Bompaire, Sgobbo), regrets, préoccupalions (Brissaud et Meige, Grasset).
Elle est aussi parfois attribuée à des causes extérieures : douleurs, fluxion dentaire (Souques) (4), douleur éprouvée dans le cou en chargeant un fardeau (Amussat) (5), refroidissement (Legouest, de Buck, Guibert) (6), douleurs dans la nuque (Feindel).
(1) /dem.
(2) De Buck.— Spasme fonctionnel du cou, torticolis spasmodique, lice rotatoire (Belgique médicale, 1897, n° 51; Ann. el Bull. de la Soc. de méd. de Gand, 1898.
(3) Brissaud et Meige. — Trois nouveaux cas de torticolis mental (Revue neurologique, 1894, p. 697).
(4) Zn thèse Bompaire.
(5) 1dem.
(6) /dem.
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M. Lannois, au Congrès de Limoges, a signalé l'étiologie suivante :
« J'ai soigné une jeune fille atteinte de torticolis mental, contre lequel échouaient tous les moyens employés. Je me suis avisé alors que la cause de son torticolis pouvait être une sorte de papillome qu'elle avait sur le nez et qu'elle ne pouvait s'empêcher de regarder sans cesse. J'en fis faire l'ablation. L'amélioration du torticolis a été telle qu’elle équivaut à une guérison. »
M. Briand a observé un cas de torticolis mental survenu consécutivement à un anthrax de la nuque.
On a invoqué également comme cause du torticolis les intoxications et les infections : alcoolisme, saturnisme, hydrargyrisme, etc., paludisme, typhus, pneumonie. Oppenheim a vu reparaître, à la suite d’une influenza, un torlicolis guéri depuis plusieurs mois.
Dans quelques cas, il semble en effet que le métier exercé par le malade ait une influence. Témoin notre première observation.
SYMPTOMATOLOGIE
La contraction musculaire qui produit la déviation de la tête peut être clonique ou tonique. Clonique, elle entraîne brusquement la tête par une secousse ou une série de secousses ; la tête reprend ensuite sa position normale, pour repartir l'instant après. Tonique, la contraction maintient la tête dans une attitude vicieuse de rotation qui peut se conserver pendant des heures. D'après MM. Meige et Feindel, on trouve tous les intermédiaires, et chez un même sujet, il est de règle que la durée et la forme de la contraction musculaire subissent de nombreuses transformations (1).
Le mouvement le plus simple consiste en une simple rotation de la tête, comme pour regarder de côté ; celle-ci peut également s’incliner sur une épaule, ou être à la fois tournée et inclinée d’un même côté, ou tournée d’un côté etinclinée sur l’autre. L’attitude vicieuse de la tête peut s'accompagner également d'une élévation de l'épaule cor-
respondante.
(1) Les tics et leur traitement, par Henry Meige et E. Feindel.
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Tous les muscles du cou peuvent se contracter dans le Lorticolis mental. Le malade utilise tantôt les uns, tantôt les autres, car on sait qu'il existe des suppléances nombreuses entre ces muscles, superficiels et profonds. Cependant, certains muscles sont atteints avec une plus grande fréquence, en particulier le sterno-cléido-mastoïdien. Parfois, il entre seul en jeu (1); mais son action est plus souvent modiliée par celle du trapèze, du splénius, des obliques, de l'angulaire, etc., du même côté où même du côlé opposé.
Chez beaucoup de malades la tête s'incline d'un côté else tourne vers l’autre : c’est le fait de l’action du sternocléido-mastoïdien. La contraction du splénius incline la tête en arrière et la tourne un peu du côté de la contraction. L'oblique inférieur entraîne la têle en rotation latérale sans inclinaison.
Lorsque le sterno-cléido-mastoïdien et le trapèze du mème côté sont contractés, la Lorsion du cou est extrémement accusée ; on voit alors des plis profonds se former sur la peau de la nuque (2).
D'autres fois la tête est inclinée et tournée du même côté. [Ten était ainsi chez le malade de M. le professeur Grassel (2) qui a insisté sur la bizarrerie de cette combinaison : convulsion elonique du trapèze et du grand pectoral à gauche, du sterno-mastoïdien et du grand pectoral à droite. De plus, chez ce même malade, le bras gauche était appliqué contre le corps, le bras droit projeté en arrière.
(1) Maréchal. — Un cas de lorticolis spasmodique (Journal de Neurologie, 1899, n° 11).
(2) Grassel. — Tic du colporteur, spasme polygonal post-professionnel (Nouvelle Iconographie de la Salpètrière, 1897, n° 4).
La contraction des muscles de la nuque donnera un rétrocolis, comme dans notre observation IE, ou bien la tête sera projetée en avant, et on aura un procolis.
En général, lorsque le malade est seul, lranquille, reposé, les contractions musculaires sont beaucoup moins fréquentes et moins fortes ; elles peuvent même manquer complètement. S'il est fatigué, troublé, ému, les accidents s'exagèrent.
La distraction est un précieux sédatif du torticolis mental. MM. Meige et Feindel racontent qu'un de leurs malades passait {toute sa journée à tiquer, à tourner la tête de plus en plus fort comme s'il eût voulu regarder son dos.
Le soir, 1l allait au théâtre ; souriant et gai, il demeurait des heures sans ébaucher le moindre mouvement de rotation.
D'une façon générale, toute excitation est capable de produire ou d'exagérer la contraction du muscle. Mais dans le sommeil, presque toujours le torticolis mental ne se produit pas.
Les douleurs vives sont rares, mais d'habitude Îles malades accusent des sensations de gêne, de tension, de courbature dans les muscles du cou.
Ces phénomènes douloureux semblent être, non pas primitifs, mais secondaires ; ils sont la conséquence des contractions forcées et des compressions exercées par les muscles hyperactifs. Bien plus pénible est la douleur morale, résultant de l'incapacité de résister à la rotation de la tête ; ce phénomène prend quelquefois un caractère angoissant et les malades sont loujours grandement obsédés par leur infirmité.
Les sujets atteints de lorticolis mental adoptent des gestes de défense destinés à atténuer, parfois même à corriger complètement leur affection. Le gesle anlago-
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nisle efficace est le plus souvent l'application d'un doigt sur le menton ou sur la joue; mais il existe une infinité de variantes : le pouce entre les incisives, la paume de la main sur le front, ou sur l'oreille, ou sur l’occiput. La contre-pression exercée par le malade n'est pas toujours dirigée en sens inverse de la rotation ; elle est quelquefois de même sens et semble paradoxale 'T).
Il en est ainsi dans notre observation IT. Souvent cette contre-pression est insignifiante ou nulle ; l'approche du doigt suffit, sans même qu'il effleure la peau. Certains sujets imaginent des procédés correcteurs étranges : un bâton entre les dents (Grasset), un parapluie sur l’épaule el surtout des cols carcans (Henry Meige).
Dans une observation de Noguès et Sirol, le malade mettait sur son nez un lorgnon sans verre, agrémenté d'une tige de fer dont il regardait l’extrémité pour corriger son torticolis. Scherb (2) a rapporté l'histoire d’une femme chez qui la peur de voir tomber la tête « avait engendré des mouvements convulsifs. Elle faisait usage d'une foule de stratagèmes, cols carcans, étais de toutes sortes, jusqu'à fixer dans son dos, à sa ceinture, un bâton au haut duquel elle attachait sa tête avec un mouchoir.
Dans notre première observation, nous voyons que notre malade était obligé de s'appuyer au mur. Aussitôt, tous les mouvements cessaient et la tête prenait sa posilion primitive.
Ces procédés de défense n’ont généralement de vertu que quand ils sont appliqués par les malades eux-mêmes.
(1) Tics par docteur Henry Meige, Monographies cliniques, n° 42, 15 juin 1905.
(2) Scherb. — Un nouveau cas de Lorlicolis mental (Rev. neurol.…. 15 septembre 1902).
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Mais cette règle n'est pas absolue, il peut même arriver qu'une personne déterminée ait seule le pouvoir d'opérer la correction. Le même sujet emploie aussi à des périodes différentes des procédés antagonistes différents (Henry Meige). Beaucoup de malades semblent avoir perdu la notion exacte de la position de leur tête (Meige, Scherb) : il manquent de précision et d'assurance dans l'exécution des mouvements des membres ; de ce fait, souvent la marche est gênée, irrégulière, incertaine.
Mais, outre ces principaux symptômes, le malade atteint de torcolis mental présente une aboulie complète.
Guislain à décrit en termes généraux les affaiblissements de la volonté que les médecins désignent sous Île nom d’aboulie : « Les malades, dit-il, savent vouloir intérieurement, mentalement, selon les exigences de la raison : ils peuvent éprouver le désir de faire, mais sont impuissants à faire convenablement. Il y a au fond de leur entendement, une impossibilité. Ils voudraient travailler et ils ne peuvent. Leur volonté ne peut franchir certaines limites ; on dirait que cette force d'action subit un arrêt, le « Je veux » ne se transforme pas en volonté impulsive, en détermination active. Ces malades s’étonnent parfois eux-mêmes de l'impuissance de leur volonté, et, sion les abandonne à eux-mêmes, ils ne tardent pas à se laisser aller complètement et finissent par passer des journées entières dans leur lit ou sur une chaise (1). »
Mais le plus souvent si le malade ne crovait pas ne pas pouvoir, il pourrait. Il est paralysé où impuisant à réagir, simplement parce qu'il se croit tel. Le sujet veut mentalement faire telle chose, accomplir telle action, il ne peut
(1) Etude sur le torticolis mental (Thèse de Montaigne, Lille).
y arriver, il lui est entièrement impossible de mettre son idée à exécution. Sa volonté est pour ainsi dire murée ; elle ne peut franchir certaines bornes, certaines limites. L'intelligence est cependant parfaite; rien du moins n'autorise à dire qu’elle ait subit le moindre affaiblissement. Le but est nettement concu, les moyens de même, mais le passage à l'acte est impossible. Chacun de nous peut d’ailleurs se représenter cet état d’aboulie, car 1l n'est personne qui n'ait traversé des heures d’affaiblissement où toutes les incitations extérieures et intérieures, sansations et idées, restent sans action, nous laissent froids. C’est l'ébauche de l’aboulie. Il n’y a qu'une différence de degrés. Chezces malades, le «je veux redresser ma tête » le « je ne veux pas que ma tête tourne » n’éveille plus en eux que des désirs faibles, insuffisants pour les pousser à l’action. |
Parfois, mais très rarement, on peut trouver chez Île sujet certains troubles de l'écriture ; des lettres, des mots sont sautés, la main tremblante ne réussit à tracer les caractères qu'en zigzagant. D'autres fois l'écriture semble n'être pas étrangère à lapparition du torticolis mental. On peut, en effet, le voir à son début se produire uniquement avec les mouvements de l'écriture (Meige et Feindel).
En général on ne constate aucune altération de la vue, les pupilles sont normales, égales, elles réagissent à la lumière et à accommodation. Les réflexes des membres supérieurs sont normaux, les patellaires sont parfois légèrement paresseux. Pas de signe de Romberg, aucun trouble moteur.
Le torticolis mental peut être sujet à complications : quand il se prolonge longtemps, on peut voir survenir dans les membres des mouvements d'allure choréiforme,
ou athétosiforme, où encore un tremblement irrégulier, arythmique. On peut voir la rétraction des muscles du cou situés du côté de la déviation, leur hypertrophie et l’atrophie de leurs antagonistes. L'affection peut également occasionner une déformation du tronc qui peul même devenir définitive ; elle s'accompagne encore d’autres tics, tel le tic des épaules, ou s'y associe.
Les troubles vaso-moteurs et sécrétoires font rarement défaut chez ces malades, mais ces troubles ne diffèrent guère de ceux que l’on obs:rve chez les névropathes, ce ne sont d'ailleurs que des symptômes absolument secondaires. Enfin, les préoceupalions continues dues au torüicolis mental peuvent être l'origine, le point de départ d'idées hypocondriaques. Mais le plus souvent lintellrgence du malade est parfaite, et c'est un mouvement professionnel qui provoque l'allitude vicieuse (comme dans le cas du tic du colporteur de M. 1e professeur Grasset). Il en est de mime dans notre observalion el de plus ici, c'est aussi un acte professionnel qui à suggéré la posilion correctrice où geste antagoniste cfficace