‹ Considérations sur le torticollis mentalChapitre 6 sur 25 · ROULE · texte numérisé non relu

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taux c’est-à-dire de lics reproduisant des mouvements associés d’origine bulbo-médullaire. » Expliquant son polygone, le professeur Grasset ajoute :

« En O est le siège du moi personnel, conscient, libre et responsable. De IA partent les actes qui ont tous ces caractères : parole volontaire, écriture volontaire, marche volontaire, etc., en un mot toute la vie libre, Au-dessous, est le polygone des centres automatiques. D'un côté sont les centres sensoriels de réception (audition, vision, sensibilité générale) ; de l’autre, les centres moteurs de transmission (parole, écriture, divers mouvements du corps). Ces divers centres sont reliés entre eux, au centre O, et à la périphérie. Par ces communications du polygone avec O, on peut agir volontairement, modifier volontairement les actes automatiques, avoir conscience de ces actes automatiques.

Dans certains cas, au contraire, il y a une sorte de dissociation entre O et le polygone; alors l’activité propre de ce polygone éclate...

ce Ceci dit, vous pouvez concevoir une seconde catégorie de lics, correspondant à ces mouvements associés polygonaux: ce sont les fiers polygonaux.Ces lies sont associés, coordonnés, psychiques... ils ont Lous les caractères da torticolis mental de Brissaud: nrais ils ne sont pas mentaux. Ils appartiennent au psychisme inférieur, polvgonal, automatique, et non au psychisme supérieur libre et conscient qui est en 0.

Donc, en définitive, on peut admettre frots espèces de lies : le tic bulbo-médullaire, le tic polygonal, le tic psychique proprement dit.

Dans le tic mental de Brissaud, il faut établir une subdivision et mettre d'un côté le tie polygonal et de l'autre le tic psychique supérieur. »

M. le professeur J. Grasset (de Montpellier) s'exprime ainsi au Congrès de Grenoble, 1-7 août 1902:

« De tous les travaux contemporains, et spécialement de ceux, si remarquables, de Brissaud et de ses élèves (Meige et Feindel surtout), il résulte qu'au moins le plus souvent le tic est d’origine corlicale.

Je crois qu'il n'est pas irrationnel d'admettre aussi des lies non corlicaux. Mais actuellement je ne veux m'occuper ici que des lies corticaux.

Nous sommes done tout à fait d'accord avec Brissaud sur ce point de départ : l'origine corticale des tics.

Seulement, depuis les beaux travaux de P. Janet (et aussi de Richet, Myers, etc.), il faut faire une distinetion, dans les centres corticaux psychiques, entre les centres psychiques supérieurs et les centres psychiques inférieurs.

A ceux-ci (que pour la facilité d'exposition j'appelle polygonaux) revient le psychisme inférieur ou automatique, l’automalisme supérieur ou psychologique de Janet ; tandis qu'à ceux-là (que pour les mêmes raisons d’exposilion j'appelle O) revient le psychisme supérieur, consclient, volontaire, libre et responsable...

es st psychique tout acte cortical où il y a de la pensée, de lintellectualité, du psychisme à un degré quelconque; d'où psychisme supérieur et psychisme inférieur. Toute l'écorce est psychique (polygone et O).

Au contraire, me rappelantles mots maladies mentales, aliénalion mentale, j'appelle mental le phénomène et par suite le trouble qui a pour siège les centres psychiques supérieurs 0.

De là ces propositions, un peu elliptiques, mais eliniquement vraies : lout ce qui est psychique n'est pas nécessairement une maladie mentale : si elle reste poly-

gonale, elle n’est pas mentale. Aïnsi, par exemple, lhystérique est toujours un psychique, je ne crois pas qu'il soit toujours un mental. Dans l'hystérie, il y a toujours des troubles du psychisme inférieur, polygonal; s'il va en même temps des troubles O {ce qui arrive souvent), c'est une complication : l'hystérique est devenu aliéné.

Voilà lidée qui m'a fait donner un sens différent au mot psychique et au mot mental...

Ce que Brissaud à admirablement établi et ce que Jadmets avec lui complètement, c'est que tout liqueur eslun psychique, pour les {ypes que nous envisageons 1er. Mais je n'admets pas {el Brissaud non plus, je pense) que tout liqueur soit un aliéné, c'est-à-dire un mental, au sens de ce mot qne j'ai précisé tout à l'heure.

La chose est démontrée, me semble-tl, par le très intéressant chapitre du rapport de Noguës (p. 73) sur l’état mental des liqueurs, qui est le plus souvent l’état psychique d'un désagrégé suspolygonal ou d'un polygone faiblement lié à son centre 0.

Done, un liqueur qui esl un psychique el qui n'est pas un mental est un polygonal.

Voilà la distinction que j'ai voulu établir, appliquant simplement, je le répète, aux tiqueurs la distinction des deux psychismes qui, depuis Janet, est devenue classique et jette un si grand jour sur la distraelion, le sommeil, les rêves, les somnambulismes, l'hypnose et la suggestion, l'hystérie, les médiums et même sur certains symptômes de lésion organique, comme les aphasies, les paralvysies, etc.

La chose est d’ailleurs admise pour les tes par divers auteurs, comme Dupré (Société de Neurologie, 1901), Cruchet (thèse de Bordeaux, 1902) et par Meige et Feindel quand ils écrivent (p.122 de leur dernier livre): «Si

LA ONE on parle la langue de M. Grasset, on peut parfaitement dire: le ic conslilué, celui qui se produit dans le moment présent, n'est qu'une manifestation de l'activité polygonale. »

Seulement les auteurs ajoutent: « Mais avec M. Brissaud, on peut dire non moins justement : l'acte qui peut devenir un tie est un acte dans l'exécution duquel, à l'origine, dans le passé, l'écorce cérébrale pouvait intervenir.» Sans doute, le mouvement du tiqueur a été volonlaire avant d’être automatique ; c'est avec son centre O que, pendant qu'il était colporteur, mon malade donnait un coup d'épaule pour soulever la balle. Mais, à ce moment, il n'était pas liqueur.

Le mouvement n’est devenu tic que quand :l est devenu une habitude morbide, c’est-à-dire quand il a cessé d’être volontaire pour devenir automatique, involontaire, polygonal.

Donc le tic polygonal existe, et il est polygonal depuis qu'il est tic.

Je crois done qu'il y a lieu de maintenir la distinetion que J'ai proposée en 1897 des tics avec participation de O (quand 11 Y a vraiment état mental, aliénation) et des tics polygonaux (quand il ÿ a état psychique, mais pas état mental).»

Plus loin nous trouvons :

€ M. Joffroy conteste que les neurones du psychisme inférieur et les neurones du psychisme supérieur soient distincts les uns des autres, et, à l'appui de son opinion, il rappelle qu'un acte volontaire, justifié au début, devient ensuite automatique et constitue un tic: L'acte a-t-il changé de siège et de centre et est-il passé des neurones supérieurs aux neurones inférieurs? Je lui répondrai : non, l'acte n'a pas changé de siège : le siège s’est simplifié

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