‹ Considérations sur le traitement chirurgical des thrombophlébites du sinus latéral et de la veine jugulaire interne et ses indicationsChapitre 17 sur 40 · RU! TELE · texte numérisé non relu

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trouve encore des streptocoques dans le sang, il conseille de lier la veine jugulaire. Après la ligature, l’hémoculture deviendra négative. Cette dernière opinion ne résiste guère à la critique. On sait, en effet, depuis les travaux de Moure et Aka, combien sont nombreuses les voies collatérales que peut emprunter la septicémie.

Dans la pratique, il faut reconnaître que, du moins en France, les observations dans lesquelles l’hémoculture est positive sont assez rares. Le microbe le plus souvent en cause est le streptocoque hémolytique. Chatellier, qui a réuni 44 observations dans sa thèse, dont 3 qu'il a personnellement suivies, n'a obtenu qu'une fois des cultures positives.

Chez nos 5 malades, un seul nous a donné des hémocultures positives. Les Américains semblent obtenir plus de résultats. Duel et Wright signalent 55 cas positifs où les signes cliniques étaient en faveur d’une thrombo-phlébite. Il est vrai que, dans 9-cas où cette complication n'existait certainement pas, ils ont observé neuf fois du streptocoque et deux fois du pneumocoque. Mac-Coy a publié, en 1922, 3 observations de thrombo-phlébite avec hémoculture positive pour le strepto coque hémolytique.

Quoi qu'il en soit, si une hémoculture positive est en faveur d’une septicémie d’origine veineuse, un résultat négatif ne doit pas l’éliminer.

D'autre part, il faut se mettre à l’abri des causes d’erreur. Ainsi les prises de sang effectuées au niveau du sinus, soit au cours d'une intervention, soit dans les suites opératoires, malgré les précautions de désinfection superficielle que l’on prenne, exposent à des résultats erronés. Un prélèvement dans une veine du pli du coude, fait au moment d’un frisson, oîfre plus de garanties. Les colonies multiples obtenues, telles que les colonies de staphylocoques, doivent être tenues pour suspectes; par contre, des résultats positifs et identiques successifs, obtenus dans des conditions analogues, méritent plus de considération. C’est le cas de l’observation suivante.

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OBSERYATION V (résumée).

T.. E.., 40 ans. Entre à l'Hôpital du Tondu le 30 octobre 1926 pour mastoïdite droite (Service du professeur Portmann).

Ecoulement de pus abondant. Douleur au niveau de l’antre, de la pointe, et aussi de la région postérieure. Pas de céphalées, pas de frissons. |

4 novembre 1926 - Persistance de la réaction mastoïdienne très marquée au niveau du bord postérieur.

5 novembre 1926 : Intervention (Prof. Portmann); chloroforme.

Incision dans le sillon rétro-auriculaire. Trépanation au lieu d'élection. Pus sous pression, venant de la région inférieure. Toute la région de la pointe est détruite et remplacée par une poche purulente. Le sinus latéral très procident remplit la totalité de la cavité mastoïdienne et baigne dans un flot de pus. Sa paroi est blanche, épaissie, mais ne bat pas. En arrière, ostéite autour de Ja veine mastoïdienne. Drain dans l’antre. Suture.

11 novembre : Suppuration très abondante qui a provoqué du sphacèle de la plaie. On installe les drains Carrel pour irrigation au Dakin.

17 novembre 1926 : Alors que jusque-là l’état général du malade était satisfaisant, le malade paraît fatigué. Etat prostré.

Température : 38°2; pouls : 100.

18 novembre : Du sang s’est écoulé par le drain Carrel, On explore la plaie très profondément. Du sang noir s'écoule en abondance, c’est le sinus qui saigne. On fait un tamponnement à la mèche iodoformée.

19: novembre : Céphalée. Température, 39 degrés. Pas de frisson.

20 novembre : Température, 39 degrés.

L’hémoculture donne du streptocoque (D' Pauzat) (pli du coude).

21 novembre : Déméchage, mais le sinus saigne à nouveau.

Hépatisation du poumon droit.

Température : 39 degrés.

Hémoculture : Streptocoques (pli du coude).

25 novembre : Température, 40 degrés

Au pansement, le sinus tapissé d’exsudal jaunâtre est animé de battements.

Hémoculture : Streptocoques (pli du coude).

Malade très fatigué, prostré, langue rôtie, Kernig très marqué. Photophobie.

Le malade est emporté par la famille et est décédé chez lui le 3 décembre, de méningite.

Chez ce malade, trois hémocultures successives furent positives pour le streptocoque. Les hémocultures ont été pratiquées comme celles des autres malades, par M. le docteur Pauzat, chef de laboratoire de M. le professeur Sabrazès. Les prises de sang ont été ellectuées dans les mêmes conditions que chez les autres malades, c’est-à-dire au niveau d’une des veines du pli du coude.

Il est certain que le résultat positif obtenu successivement et toujours identique, était en faveur d’une septicémie d’origine veineuse. Du reste, l’effraction de la paroi du sinus, plus tard les battements de celle-ci, étaient des raisons suffisantes pour en expliquer le point de départ, malgré l’absence de frissons. Malheureusement, une complication pulmonaire grave et des signes précoces de méningite écartaient tout espoir dans une intervention sur le tronc veineux. L'état général du malade ne permit pas de la tenter.

IT. — Signes locaux.

L'examen local peut donner des indications intéressantes au sujet des interventions portant sur le tronc sinuso-jugulaire, soit avant toute intervention, soit au cours de l’opération, soit enfin dans les suites opératoires après une mastoiïdectomie.

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