ST DOS
avant l'opération. Nous signalerons cependant l'opinion de Baldenweck, qui prétend que la thrombo-phlébite primitive serait beaucoup plus fréquente qu'on ne le croit (45 à 25 p. 100 des cas).
1° Golfe. — Quand les lésions siègent du côté du golfe, on peut trouver du gonflement au-dessous de la pointe mastoidienne. Quelquefois les téguments paraissent enflammés; la peau est rouge. L'infiltration peut s'étendre plus bas et envahir la partie supérieure du muscle sterno-cléido-mastoïdien. Toute cette région sous-mastoïdienne et rétro-maxillaire est douloureuse à la pression : souvent les ganglions du voisi-
nage, carotidiens et sous-maxillaires, participent à Tl'infiltration.
La phlébite du golfe peut également retentir par périphlébite sur les troncs nerveux du voisinage et se manifester ainsi indirectement. Chatelier a décrit en détail les différents troubles moteurs et sensitifs auxquels elle pouvait donner lieu. On peut assister à un véritable syndrome de Vernet (paralysie des IX°, X°, XI° et XII paires). Dans d’autres cas, c’est un de ces nerîs qui est seul paralysé.
En général, ces troubles sont tardifs et on intervient avant qu'ils aient eu le temps de s'installer.
2° Veine jugulaire interne. — Quand la veine jugulaire interne participe à l'infection, le malade accuse de la douleur spontanée le long du cou. Souvent il a du torticolis, il incline sa tête du côté malade. La mobilisation de celle-ci est douloureuse. À la palpation faite précocement on perçoit un cordon dur et douloureux qui est une manifestation évidente de la thrombo-phlébite. Nous l'avons constaté chez deux de nos malades. Quoi qu'en pensent certains auteurs, nous croyons que ce signe est fréquent. On le trouvera surtout si on explore systématiquement le tronc Jugulaire dans les localisations inférieures des mastoïdites. Il sera plus particulièrement recherché quand on aura à redouter la propagation phlébitique d’une lésion sinusale constatée au cours d’une intervention. C'était le cas de nos malades. Rapidement le cordon veineux
thrombosé est caché sous l’envahissement ganglionnaire ou périveineux. Celui-ci peut être considérable et se manifester par une tuméfaction ou un abcès manifeste. La palpation décèlera alors de l’empâtement ou de la fluctuation.
Gerhardt a signalé les troubles circulatoires au niveau de la veine jugulaire externe, occasionnés par la thrombose de la jugulaire interne. On conçoit qu'ils ne peuvent se produire que si l’obstruction a dépassé le confluent de Pirogoff.
On comprend l'importance de la recherche des signes locaux comme manifestation d’une infection du tronc sinusojugulaire. Leur constatation, outre qu’elle est une indication immédiate de l'intervention, permet de guider celle-ci. Il faudra donc les dépister le plus tôt possible.