CHAPITRE TIL
Si les indications du traitement chirurgical des complications veineuses des oto-mastoïdites sont discutées, les différentes méthodes de traitement proposées jusqu’à cette heure font supposer qu'aucune d'elles ne s’est réellement imposée.
À vrai dire, le chirurgien doit s’adapter à tous les cas : à chaque stade de l'infection convient une conduite particulière. Celle-ci doit être subordonnée au principe général qui préside à toute thérapeutique : celui de ne pas nuire. En effet, on ne saurait trop insister sur les conséquences que peut avoir une action inopportune ou intempestive sur un sinus ou autre tronc veineux malades. L’anatomie pathologique nous apprend, en effet, que l’organisme se défend seul par le thrombus. Aussi bien serions-nous mal inspiré parfois de troubler une réaction de défense heureuse qui peut se suffire à elle-même.
Notre intervention peut compromettre la guérison spontanée. Sans doute, la vue d’un sinus malade, loin de terroriser et paralyser le chirurgien, incite celui-ci à une exploration plus minutieuse. Comme nous l’avons déjà dit, nous avons des raisons de penser que les infections d'origine opératoire sont exceptionnelles. Cependant, il n’est pas à conseiller d’inciser aveuglément et systématiquement la paroi d’un sinus, sous prétexte d’un contrôle plus rigoureux, et de s’exposer ainsi à une infection qui resté possible, pour si rare qu’elle soit.
Quand l'infection phlébitique existe, le geste intempestif du chirurgien rompant la barrière de défense naturelle peut transformer en une septicémie une infection jusque-là localisée.