‹ Considérations sur le traitement chirurgical des thrombophlébites du sinus latéral et de la veine jugulaire interne et ses indicationsChapitre 29 sur 40 · À. — PÉRIPHLÉBITE OU PHLÉBITE PARIÉTALE · texte numérisé non relu

À. — PÉRIPHLÉBITE OU PHLÉBITE PARIÉTALE

Quand on est assuré que le courant circulatoire persiste dans le canal jugulaire, l'intervention qui s'offre au chirurgien est la ligature de la veine. Cette intervention a été le . sujet de discussions si nombreuses, que nous ne pouvons nous dispenser d'exposer les différentes critiques qu'elle a suscitées.

Ligature de la veine jugulaire interne. — Depuis longtemps on a essayé de démontrer que la ligature de la veine jugulaire interne ne pouvait pas se faire. sans danger.

Wolff, dès 1896, plus tard Luc, Burth, dénoncent la ligature comme un traumatisme inutile. En Angleterre, Hugh, Jones, Engleton, en Allemagne, Voss, Neumann, Hoffmann, Dwiéger; aux Etats-Unis, Bacon; en Belgique, Jouty, Delsaux Ont combattu le principe de la ligature du tronc veineux.

En France, Luc a publié des observations de complications mortelles survenues à la suite de la ligature. Dans un cas, le malade, dit-il, « a succombé à une hémorragie ventriculaire provoquée par la stase veineuse intracranienne, consécutive elle-même à la ligature de la veine jugulaire interne et du tronc thyro-linguo-facial ».

Moure a exposé une théorie opportuniste. A la Société belge d’otologie, en 1906, il disait : « Loin de moi la pensée de ne pas vouloir lier ce vaisseau dans le cas où l'infection se propage le long de sa gaine et, à plus forte raison, à son entrée dans le cou. Mais nous estimons qu'elle n’est nulle-

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ment indispensable quand! l'infection est limitée au golfe ou au sinus. »

Il semble cependant que les observations soient de plus en plus nombreuses, dans lesquelles le tronc de la jugulaire a été lié. Les chirurgiens paraissent adopter cette technique dans le traitement des thromboses jugulaires, dans les cas où elle leur paraît indiquée, sans redouter des conséquences graves.

On a fait à cette méthode un double reproche. On l’a accusée d’être d’abord inutile, ensuite dangereuse. On a fait ressortir que, dans le but d’un simple lavage et drainage, il était peu justifié de sacrifier un tronc veineux qui peut recouvrer son rôle.

Pratiquée dans le but d'éviter les hémorragies graves, on a dit que ces hémorragies étaient rares et que, du moins, elles pouvaient être enrayées par un tamponnement convenable.

Les détracteurs de la ligature ont montré aussi qu'il n’était pas raisonnable de lier le vaisseau pour éviter les embolies gazeuses. En effet, l'entrée de l’air dans les veines, du moins au niveau du sinus, au cours des interventions mastoïdiennes,. n'aurait jamais été signalée.

La ligature n’empêcherait pas davantage les phénomènes pyohémiques; on n’est jamais sûr de lier au-dessous de la lésion pariétale. Ensuite l’embolie peut partir du thrombus qui se ferait au point de ligature de la veine. De plus, la voie d'infection ne se fait pas que par le tronc jugulaire. Le processus phlébitique peut se propager par les nombreuses voies veineuses collatérales. Il peut emprunter les anastomoses entre la veine condylienne postérieure et la veine vertébrale, entre le sinus pétreux inférieur et le sinus latéral, entre le sinus occipital postérieur et le pressoir d’Hérophile.

D'autre part, l'infection peut refluer du sinus latéral vers le pressoir d’Hérophile, de la veine mastoïdienne vers la veine jugulaire externe. Et les observations sont nombreuses où la ligature de la jugulaire n’a pas empêché les pyohémies

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