TECHNIQUE
Les différentes techniques employées jusqu’à présent s’inspirent toutes du principe que l’on retrouve dans le procédé de Laurens. Cet auteur conseilla, dès 1904, “le suivre la veine jugulaire depuis la ligature jusqu'au golfe. Il préconisait de se servir du tronc veineux comme conducteur pour découvrir le trou déchiré postérieur. C’est la méthode qu'ont suivie la plupart des auteurs qui ont pratiqué la résection : Ruttin, Karl-Theimer, Lemaître, Edward-Dench, Portmann.
C’est la même technique qui fut pratiquée par Lombard en 1912. Celui-ci, en effet, fait dans un premier temps, la ligature de la veine. Le deuxième temps est constitué par l’évidement mastoïdien. Ensuite, il réunit les deux incisions et procède à la dissection de la veine jugulaire. La tête est mise en hyper rotation. Le muscle sterno-cléido-mastoïdien est récliné en dehors, et la glande parotide en avant. Il recommande de mé. nager le spinal. Du reste, Jusqu'à présent, aucun auteur n’a décrit de technique déterminée. Harold- Walker, dans son travail sur les interventions sur la veine jugulaire, conclut en disant que la résection est affaire de cas particulier et de technique personnelle.
Nous indiquerons le procédé préconisé par M. le professeur Portmann.
1° temps : Mastoïdectomie. — Trépanation au niveau du
de re
carré d'attaque classique. Exploration des régions superficielles de l’endo-mastoïde après ablation de la corticale externe. La pointe est abrasée; exploration de la zone sous-antrale profonde : on la curette, réalisant ainsi une tranchée antérieure verticale. On se porte vers la partie postérieure de la mastoïde, puis vers la partie supérieure, réalisant à ce niveau une profonde tranchée horizontale supérieure. On procède ensuite à la recherche de l'antre. On a réalisé ainsi les deux tranchées horizontale et verticale conçues par Mouret et la mastoïde est explorée aussi complètement que possible.
2° temps : Exploration du simus latéral. Incision et curettage. — Le sinus latéral est mis à nu et suivi dans les deux sens. Il est incisé entre les deux points de ponctions et la curette va vrudemment à la recherche du courant circulatoire, d’abord vers le coude, puis vers le golfe.
3° temps : Ligature de la veine jugulaire interne. — Incision le long du bord antérieur du sterno-cléido-mastoïdien commençant au niveau de l’os hyoïde et se terminant à un travers de doigt au-dessus de la clavicule. Cette incision basse permettra d'explorer les principales collatérales. Double ligature au catgut au-dessous des lésions de phlébite, au-dessous du tronc thyro-linguo-facial, si celui-ci est thrombosé. La double ligature pratiquée à 1 centimètre d'intervalle permettra l’incision de la veine.
4° temps : Découverte du golfe. — Trépanation du trou déchiré à travers la brèche mastoïdienne. |
5° temps : Dissection de la veine jugulaire. — On réunit les deux incisions cutanées : mastoïdienne et carotidienne. Découverte de tout le tronc jugulaire jusqu’au golfe. Le sternocléido-mastoïdien est récliné en arrière. La branche externe du spinal est dégagée et confiée à un aide prudent.
6° temps : Résection de la veine jugulaire. — Section de la veine entre les deux ligatures. La veine est isolée du paquet “asculo-nerveux. Le bout supérieur est disséqué de même que les tissus périjugulaires adhérents infectés. En général, les vaisseaux collatéraux sont thrombosés et la ligature n’est pas
Late
nécessaire. La branche externe du spinal croisant en écharpe la veine, on fait passer celle-ci en arrière de lui. La veine étant de nouveau libérée, on continue la dissection jusqu’à la base du crâne, en ayant soin de faire récliner en avant la parotide.
On sectionne le plus haut possible; le fragment réséqué mesure 7 à 8 centimètres. On complète la résection, aux ciseaux, des tissus infectés qui n’ont pas été entraînés avec le tronc jugulaire.
Hémostase. Lavage au sérum physiologique.
7° temps : Suture. — Tamponnement du golfe à la mèche iodoformée. Mise en place:d’un drain dans la gouttière Jugulaire, sortant par la partie inférieure. Suture au catgut des plans musculo-aponévrotiques. Suture cutanée aux crins.
Soins postopératoires. — Les pansements sont faits tous les deux jours. On pousse dans le drain, au moyen d’une seringue, une injection de sérum physiologique. Si la suppuration est trop abondante, on installe une irrigation discontinue au Dakin. Les instillations sont faites toutes les trois heures. Suppression du drain le dixième jour.
Nous avons exposé les diverses interventions qui s’offrent au.choix du chirurgien pour le traitement des thrombophlébites du sinus latéral, du golfe et de la jugulaire. Les publications chirurgicales font foi que toutes sont pratiquées plus ou moins souvent; malheureusement il est difficile de déterminer quelles sont celles qui donnent le plus de succès. IL importe cependant de rechercher si les résultats opératoires sont en rapport avec la multiplicité des techniques et avec leur perfectionnement.