‹ Considérations Sur Le Traitement Constitutionnel De La SyphilisChapitre 6 sur 14 · NON · texte numérisé non relu

NON

ront se produire. Et toujours l'opinion émise devant lui devra se montrer optimiste.

Rien n'est plus important que de chasser de lPidée des syphilitiques les eramtes atroces qui parfois les torturent. Dans leur imagination, ils voient leurs membres se gangrener, se pourrir et tomber comme des fruits trop mürs. Leur crâne va se dénuder, leur corps va se remplir d'ulcères. Car lequel n’a pas lu dans des publications fantastiques au moins autant que scientifiques, les descriptions désolées et pessimistes de la syphilis ?

Ce sont ces terreurs que notre premier devoir est de chasser et d'atténuer. Il faut pour cela que le médecin, par une persuasion douce et soutenue, arrive à s’emparer de l'esprit du malade et Famène à eroire à ses paroles sans les discuter. Nous savons tous les effets désastreux des causes morales sur Pétat physique, et il est d'observation courante que sous linfluence des chagrins, des pemes ou des émotions, 1l se produit une déglobulination du sang. Or, les recherches de Grassi constatent que, pendant la durée du chancre, la proportion des globules diminue d’un quart environ. Si done, outre la lésion matérielle et effective, il vient se surajouter la dépression morale, le malade se trouvera dans des conditions néfastes pour subir les premiers assauts de l’empoisonnement vénérien.

Ainsi, premier point : Rassurer le malade. Bien lui décrire les phases successives de sa maladie, lur en représenter la longueur sans lexagérer, bien lui dire que sa vie sociale et que ses relations antérieures

n'auront pas à souffrir de cet état. Lui faire comprendre que les syphilis graves à notre époque sont l'exception, et lui faire entrevoir, ce qui est vrai, que s’il se conforme bien aux prescriptions édictées, il a de grandes chances de guérir et de parer à tous les accidents qu'il redoute.

Puis, ceci fait, il reste à formuler lordonnance. »

Or, pour formuler cette ordonnance, le premier point à examiner, une fois le chancre constaté, est de s’enquérir de l’état général du malade. En observant de près les faits cliniques, on peut presque toujours constater, comme l’a fait remarquer le professeur Fournier, qu'il y a de la fièvre dès le début de l'infection. Elle en est souvent l'expression directe. Elle revêt alors trois types particuliers : le type intermittent le plus ordinaire, le type vaguc assez commun et le type continu, lequel est rare.

Cependant, cette fièvre n'existe pas constamment. En poursuivant nos investigations plus spécialement de ce côté, nous avons observé 149 syphilitiques. Or, la fièvre s’est montrée plus intense chez 48 scrofulo-anémiques. Chez lun d'eux, elle a affecté le type continu, qui nous a fait croire pendant un temps à une typhoïde concomitante. Les autres malades étaient ou des névropathes, ou des herpétiques, ou des arthritiques, ou enfin des malades sans diathèse bien définie. Les herpétiques nous ont paru plus facilement influencés encore que les névropathes. Les arthritiques francs sont moins aecessibles à ce symptôme, indice de l'infection. Quant aux malades non classés, c'est à peine s'ils ont ressenti une réaction.

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