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Cet état fébrile nous a intéressé parce que nous avons cru y voir la confirmation clinique de l'infectiosité de la svphilis. Celle-ci semble done tout d'abord se comporter comme toutes les maladies infectieuses vraies. Puis, à de rares exceptions près, la fiévre syphilitique cesse, et ce n’est plus qu’à une lente pénétration du virus que nous assistons. Pénétration tellement lente qu’elle est parfois inaccessible à l'analyse clinique, tellement indéfinissable qu’elle semble ne plus exister d’une facon tangible pour nous et pour le malade.
C'est peu à peu que le poison infectieux se fait sa place dans les tissus, et ce n’est souvent que de longues années après qu'il se révèle encore intensif de puissance.
Certains auteurs, Quiaquaud en particulier, affirment que certaines Syphilis bénignes guérissent d'’ellesmêmes. | |
Voilà, en vérité, un agent infectieux qui, malgré tout, ne se comporte pas normalement. De quelque côté que l’on envisage la question, on ne peut comparer la Syphilis à la typhoïde ou à la tuberculose, les deux prototypes des infections.
C'est à cause de cela que nous prétendons que, là plus qu'ailleurs, le traitement constitutionnel importe. Car si la constitution est infectée primitivement, elle peut se débattre assez d’elle-même ou aide par la thérapeutique, pour que l'infection ne provoque pas l’intoxication à plus ou moins longue échéance.
Cette dépression nous mène loin de l'ordonnance que
— 22 — | nous voulions formuler tout à l'heure, mais elle nous a paru utile pour bien accentuer notre pensée et pour nous permettre de faire rapidement un parallèle nécessaire.
Qu'il soit appréciable ou non, Pétat fébrile existe presque toujours, avons-nous dit. La dépression physique en est parfois une forme larvée. Dés le début done, nous instituons le traitement mercuriel à doses modérées (deux centigrammes de protoiodure). Toujours nous adjoignons au sel hydragvrique un alcaloïde, à notre avis très précieux, la strychnine. Suivant que le malade nous le suggère, nous donnons le sulfate ou l'arséniate de strychnine.
Nous réservons volontiers le sulfate de strychnine pour les anémiques et les névropathes. L'arséniate est plutôt donné aux scrofuleux, aux tuberculeux ou à ceux, comme les herpétiques, sujets aux affections prurigineuses de la peau.
La dose varie suivant les sujets. Mais, en général, nous avons vu administrer d'emblée une dose de trois milligrammes, les faisant prendre matin, midi et soir, au moment des repas, «’est-à-dire à des intervalles assez éloignés pour éviter des accidents. Cette dose peut s'élever jusqu’à 4, 5; 6 et même 8 milligrammes, suivant les cas.
Grâce à ces sels de strychnine, nous avons vu se maintenir les malades en état de résistance physiologique. Leur système nerveux’a pu recevoir, sans trop en être ému, Passaut infectieux. Leurs fonctions digestives ne se Sont pas montrées torpides et languissantes. S'il