‹ Considérations Sur Le Traitement Constitutionnel De La SyphilisChapitre 8 sur 14 · ET: RIRE · texte numérisé non relu

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est vrai que l'alimentation régulière est une des meilleures armes du patient contre l’envahissement du bacille de Koch, cela nous paraît rigoureusement exact contre les résultats de linfection syphilitique.

Nous nous garderions bien, cela va sans dire,-de faire de la strychnine le spécifique à demi avec le mercure de la syphilis. Mais nous croyons, après les observations multiples par nous recueillies, qu’il en est un adjuvant puissant. Aussi, formulerions-nous volontiers les pilules suivantes :

Protoiodure d'hydragyre..,....... . 1 centigramme. Sulfate (ou arséniate) de strychnine 1 milligramme. Extrait thébaïque..... sd nan 1/2 centigr.

Pour une plié F.S. À. 100 semblables.

Au début : une malin, midi et soir; Puis : une matin, deux midi et une le soir; Puis : deux malin, midi et soir, avant les repas.

Nous avons dit plus haut qu'il y avait diminution des globules à la période primaire. Il en résulte une anémie qui, parfois, peut se terminer par de la cachexie.

Donc, dès le début de la syphilis, fortifier l’organisme. Régler sévérement dans ses prescriptions l'hygiène personnelle, l'hygiène domestique, lhygiène sociale, De lexercice, du sommeil, de l'air. Avoir une alimentation riche. Eviter les bons diners, les veilles, les fatigues, l'abus de l’alcool et du tabac.

Dans son dernier et très intéressant ouvrage, Diday,,

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de Lyon, fait remarquer que la diminution des globules sanguins étant avantageusement combaitue par liode et le fer, l'iodure de potassium à cette période sera tout à fait indiqué. Grassi prétend et démontre que l'iodure de potassium rétablit le chiffre normal des globules du sang en quinze ou vingt jours. C’est done, ajoute Diday, avec l'espoir fondé de pouvoir, tandis qu’elle n’est encore qu’à l’état naissant, agir sur cette modification du sang, que je fais à tous les chancreux la preseription suivante :

Boire matin et soir un verre d’eau avec une cuillerée à bouche de :

HaudiBsurlés.. Lee ne 500 grammes.

Iodure de potassium ...... 20 CIlrAlLOUe 1 A M rare l

Les syphiligraphes se sont demandés s’il y avait lieu d’administrer le mercure dés le début de la vérole? La presque totalité répond oui, et nous nous rangeons sous l’égide de nos maitres.

Il y a, bien entendu, des dissidents ou des récalcitrants, cela va de soi. La syphilis est une maladie qui ressemble à la politique; elle mourra avec les hommes, sans être parvenue à les taire tomber d'accord.

Il est admis, n'est-il pas vrai, que le mercure est le spécifique de la syphilis. Si les bactériologistes semblent nous convier à le jeter à pleine pelle dans l’économie, les cliniciens ont, par contre, tempéré cette ardeur et réglé d’une facon raisonnable l'administration du mercure.

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Le traitement mercuriel, en imprégnant l'organisme a pour but, disent les syphiligraphes, de l’aguerrir contre les attaques futures en même temps que de favoriser la fonte des indurations. À ce dernier titre il est précieux lors de lexistence du chancre, mais, ajoute Diday, seulément lorsque le chancre est fortément induré. Pourquoi ce distinguo du professeur de Lyon ?

Je suis volontiers avec lui, contre l’abus fait du mercure par certains syphiligraphes. Je crois même que certaines véroles traitées par les toniques et les médicaments que J'appellerai diathésiques auxquels on adjoint de l’iodure, je crois, dis-je, que ces véroles guérissent tout aussi bien qu'avec le mercure.

Mais il faut bien ajouter que ce serait jouer gros jeu de toujours agir de la sorte. Il serait d’autre part enfantin de nier l'influence spécifique du mercure, et je crois qu'il faudrait avonr: une certitude bien improbable, pour se risquer à ne pas faire ce traitement reconnu par tous comme efficace.

Les mercurialistes à Canoe sont très durs en leurs appréciations pour leurs adversaires. Ils les accusent de sacrifier au dieu réclame ou d’obéir à des préjugés absurdes contre ce médicament héroïque.

Notre rôle n’est pas de trancher un différend non plus que de critiquer ou d'approuver des théories, toutes très excusables en soi, si elles ont leur origine dans la bonne foi scientifique. Cependant l'expérience clinique est là,.qui montre l'importance du mercure et qui dit en même temps que l’usage ne doit pas être l'abus.

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Dés les premières pages de ce travail, nous disions que le grand public acceptait volontiers les théories de ceux qui réprouvent le mercure. Cette rancune date de loin. Elle pourrait s'expliquer si lon devait admettre que la thérapeutique ne se modifie pas.

À l’époque où le spécifique de la syphilis fut trouvé, on en fit un emploi invraisemblablement barbare. Les malheureux, atteints du mal d'amour, furent soumis au traitement mercuriel, Quand on les tenait, on les enfermait dans un local bien clos. On les séparait de tout commerce humain. On leur administait alors une cure intensive au mercure. En vertu des théories humorales à ce moment admises, on se disait que plus 1l sortait d'humeur, plus il s’écoulait de virus. Par suite, plus vite devait guérir le patient.

Le mercure se faisait le complice des humoristes. En raison de sa sélection spéciale sur la bouche, il déterminait des stomatites putrides. Le liquide sanieux, fétide qui s’écoulait entraînait soi-disant le virus. Aussi accentuait-on les doses. De sorte que la stomatite mercurielle allait son train, rongeant les gencives, corrodant les maxillaires, ébranlant les dents. Quand le pauvre sortait de ce traitement, si jeune qu'il füt, il sortait édenté comme un vieillard et puant comme un égout. On comprend aisément qu’il ne faisait pas de réclame à ce remède pire que le mal. Aussi évitait-on de l’emplover, etil souleva une réprobation universelle.

Fort heureusement, la science succéda à l'empirisme., Elle reconnut l'abus et réglementa l'usage. De telle façon qu'aujourd'hui, où chaque médicament est

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soumis à l'examen clinique, Femploi du mercure est soumis aux lois générales de la thérapeutique qui veut que lon subordonne les doses d’un médicament non seulement à un maximum qui ne se dépasse pas, mais surtout à la susceptibilité personnelle de ceux auxquels il doit être administré.

C'est le cas du mercure. Sa raison d’être comme spécifique est incontestable cliniquement parlant. Elle s’'augmente encore si l’on songe qu'administré scientifiquement, sérieusement, il lutte lui aussi contre la déglobulinisation du sang. Ici plus qu'ailleurs se justifie le in medio stat virtus des philosophes. La vertu spécHique du mercure s'arrête à l’abus. Car il deviendrait un véritable altérant s’il cesse d’être un fortifiant.

La numération des globules doit donc être une des premières préoçcupations du médecin qui veut traiter un svphilitique. Elle devra l'empêcher d’être un mercurialiste à outrance et de traiter à l'aveugle une mala- ‘die où les yeux du corps et de l’esprit jouent un si grand rôle.

Donc, nous donnerons du mercure. Sous quelle forme ? En pilules ou en injections? Va-t-on saturer le malade progressivement ou tout d'un coup avec des inj ections profondes d'huile mercurielle, comme le faisait le D' Balzer à Lourcine? Ceci dépendra de l'état gastrique du malade, de sa bonne volonté souvent. Et si lon croit devoir employer les injections, il faudra prendre toutes les précautions antiseptiques, avoir tous les renseignements physiologiques pour ne pas en faire un nid à abeës. Cette purulence lente et doulou-

reuse irait contre son but, C’est avec réserve qu’il faudra agir en l'espèce, car avec une maladie aussi fantasque, ayant une action débilitante aussi énergique, il ne faut pas oublier le mot de Velpeau, qu'une piqüre est parfois une porte ouverte à la mort.

D'une facon générale, le mercure s’administrera donc dés le début, en ayant soin d'y adjoindre des toniques généraux adaptés à l’état du malade.

Il devra souvent en tre de même de l'iodure de potassium, nous pourrions même dire toujours.

On a essayé de substituer un autre iodure alcalin à ce dernier, par suite des grands inconvénients qu'il présente au point de vue du goût désagréable qu'il laisse. En vérité, l'iodure de sodium ne laisse guëre après lui un meilleur parfum. Le professeur Fournier prétend qu'il ne rend pas les services de son congénêre. 7:

La suprématie de l'iodure de potassium est incontestable. Mais l’iodure de sodium ne doit pas, à notre avis, être à tout jamais rejeté.

Nous avons suivi plus particulièrement deux malades atteints de testicule syphilitique qui répugnaient à liodure de potassium. Nous leur avons fait prendre devant nous les doses réglementaires. Leur dégoût allait s’accentuant, leur état gastrique devenait déplorable, et leur testicule ne diminuait pas. Ce traitement forcé dura un mois. À bout d'arguments, nous les avons persuadé que l'iodure de sodium serait mieux

supporté. Ils ont accédé l’un et l’autre à suivre ce nouveau traitement. L'iodure de sodium fut mieux supporté, et nous vimes avec stupéfaction l'organe malade diminuer progressivement.

Une autre constatation que nous avons faite à cé sujet a trait à quelques syphilitiques tuberculeux. Nous avons adjoint à l'iodure,de sodium le chlorure de sodium. Ce traitement eut l'avantage de modifier dans le sens du mieux et la syphilis et la tuberculose. Il est bien certain que nous n’avons ni enrayé efficacement, ni encore moins guéri cette dernière affection, mais nous avons pu, au microscope, et grâce à l’obligeance d'un de nos amis, constater la diminution des bacilles dans les crachats. La plupart de ces malades ont échappé ultérieurement à notre examen. Mais il est probable que beaucoup sont morts de leur tuberculose ou que celle-ci évolue, à l'heure actuelle, vers sa triste fin.

Les iodures ne s’absorbent pas de même maniére par lPestomac. L’iodure de sodium est absorbé tel quel, vu la présence du chlorure de sodium; c’est un avantage chez les dyspeptiques. Au contraire, l’iodure de potassium se décompose en partie au contact de ce chlorure de sodium en chlorure de potassium et en iodure de sodium qui est absorbé. Il n'y a pas mise en liberté de l’iode dans le sang, car ;l v aurait hémoglobinurie.

On sait que ces iodures alcalins s’éliminent par la salive, l'urine, le lait, la bile, le poumon. Ils augmentent, d'aprés Bouchard, l'élimination de l’urée.

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Cette diffusibilité du médicament, en outre de sa spécitique, a rendu l'emploi de l'iodure de potassium absolument indispensable dans la syphilis. Il à une action évidente de résorption des néoformations (gommes, seléroses) syphilitiques. Mais dés le début même de la Syphilis, d'après Grassi et Diday, il se doit employer. L'iodure de potassium, dit le premier de ces auteurs, rétablit le chiffre normal des globules en quinze ou vingt jours.

Est-il besoin d'insister sur cette affirmation si importante pour notre sujet? L'iodure fortifie le sujet malade, telle est la conclusion qui se dégage. Il le fortifie dès le début et l’aguerrit pour les luttes futures. Dans les accidents tertiaires, son action est héroïque, comme elle est efficace dans les primaires ou secondaires,

Pourquoi? Ecoutons Diday. Parlant des aceïdents tertiaires, il dit : « Quel remède? L’iode », c'est-à-dire les iodures alcalins. L'iodure est un vrai spécitique.

« L'iode, ajoute-t-il, concourt indirectement, mais très efficacement à opérer la guérison. » En effet, pour la tertiaire comme pour la secondaire, ce qui reconstitue Forganisme est le meilleur élément d'une eure radicale que nous ayons à notre disposition. Puis ilest certaines lésions tertiaires, soit viscérales, soit osseuses, soit nerveuses, soit serpigineuses qui, en entravant la digestion, l’hématose, les sécrétions, en eondamnant les malades à l'inaction, en les mettant hors de la vie sociale, exercent une influence débilitante sur toute Péconomie. Eh bien, le reméde qui, même sans détruire les lésions, les maintient à un degré compatible avec le jeu de la fonction, avec la reprise des

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habitudes qui sont plus que le charme, le soutien de l'existence, rétablit par cela seul la vie nutritive du sujet dans son type normal, précieuse, indispensable condition pour obtenir la guérison réelle.

À un point de vue plus direct, la vertu de l'iode contre les lésions tertiaires se manifeste par trois effets :

1° Il a prise sur tous les accidents de la période tertiaire; 1l calme les douleurs, fond les gommes, dompte les paralysies, tarit les flux, ferme les ulcères ;

2 Cette propriété, en général, ne S’épuise que très peu par laccoutumance; elle se retrouve presqu'intacte à chaque retour des accidents quels qu'ils soient, que ces accidents soient identiques à ceux que liodure a déjà vaincus, ou nouveaux ;

3 Enfin, tant qu'un tertiaire continue à prendre de l’iode, il est ordinairement à l'abri des récidives.

Voici donc, avec leurs propriétés sommairement exposées, les deux médicaments indispensables de la syphilis. Savoir les manier suivant l'idiosvncrasie de chaque sujet malade est le propre du clinicien. Ils ont lun et l’autre leurs inconvénients. L'état du malade, son examen sérieux et approfondi diront à quelles doses on doit les donner.

Il serait vraiment anti-clinique de dire que la protoiodure ne guérit rien si on ne emploie à 5,10 ou 1 centigrammes, que l’iodure ne guérit rien si on l'emploie à 1,4, 8, 18 ou 15 grammes. Pourquoi affirmer que les doses massives réussissent mieux que les doses faibles, et vice versa ? Ce serait affirmer que la maladie est tout et que le malade n’est rien; la clinique donne chaque jour des démentis à ces absolues théories.

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La syphilis, par elle-même, est assez grave pour préoccuper seule. Mais elle prend dans les milieux où elle agit des tournures souvent bien diverses.

La vérole d'un homme de bourse, d’un commerçant, d’un savant n’est pas celle d’un ouvrier où d’un artisan.

La vérole des noceurs et des filles n’est pas celle des gens rangés ou celle du mariage.

La vérole de l'atelier ou de l'hôpital n’est pas celle de la ville.

La vérole de l’homme n’est pas celle de la femme.

Chacun a sa vérole, prétend Diday, parce que chacun a son genre de vie.

Cet aphorisme, dont la justesse est évidente, doit être le guide de tout clinicien traitant un syphilitique.

Il est dans le monde, et c’est peut-être la majorité, des gens atteints de syphiliphobie, qu’ils soient malades ou non. Nous avons dit plus haut que le devoir du médecin est de les rassurer contre ce mal que des préjugés ridicules ont fait un mal déshonorant.

Mais il faut, à l’égal de la médification spécifique, faire de la médication hygiénique. Un auteur a dit spirituellement que hygiène ne valait que parce qu'elle nous préserve de la médecine. En syphiligraphie, ceci est très exact.

Il importera de dresser d’une façon précise et rigoureuse le curriculum vitæ quotidien de chaque malade. A tous, il faudra défendre l'usage des alcooliques, l'habitude des repas copieux et abondants, l’usage du tabac; à tous, il faudra défendre les veilles et les fatigues. Un syphilitique qui se surmène, surtout au début, se prépare de tristes jours.

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Les promenades au grand air, les sorties quotidiennes devront -être une règle générale pour tous. De l'exercice sans fatigue. La promenade et la vie à l'air favorisent l’hématose et permettent au sang de se purifier autrément que par les soi-disant dépuratifs vantés. Les campagnards, quand ils se soignent, sont moins touchés dans leurs constitutions que les viveurs des villes ou les piliers d’estaminet et de brasserie.

Nous avons connu plusieurs étudiants qui ont eu des syphilis graves parce que la préoccupation des examens et des concours les avaient obligés à une exagération de travail, ou d’autres parce que leurs habitudes d’intempérance n'avaient même pas trouvé grâce devant la maladie.

« Mais si l'exercice doit être mis en tête du traitement hygiénique, il ne doit pas non plus aller à l'excès.

« Fatigue et sédentarisme, prétend Diday, sont diversement, mais également préjudiciables. J'ai vu de pauvres manœuvres surmenés trouver dans le repos de la vie d'hôpital ce qui jusque-là avait manqué à leur traitement tant qu’ils le suivaient en continuant à travailler. Et d’autre part, tout le monde a vu comme nous de jeunes bureaucrates à nutrition languissante et à syphilis stationnaire, renaître et guérir après leur année de volontariat, grâce aux durs exercices, à l’entrainement inaccoutumé que leur imposait le service obligé. »

Est-il besoin d’ajouter que pour toutes sortes de raisons les fonctions génitales doivent être nulles d’abord et très modérées par la suite. Les excès de ce genre

mêénent vite aux accidents graves. C’est peut-être, D.

avec l'alcoolisme, la raison qui rend si terribles les véroles des filles de brasserie, tant dans leurs accidents immédiats que dans les désordres futurs. Tout dernierement nous constations, chez une de ces servantes de Cythére une syphilis cérébrale foudroyante dans sa marche. Cette femme était nymphomane et buvait, sans compter le reste, six absinthes par jour depuis près de trois ans.

« Les femmes sont d’ailleurs assez insouciantes sur l'article vérole. Elles s’en soignent fort mal, mais par contre, elles s’en inquiètent fort peu. Aussi, l’absence de préoccupation chez elles est-elle un plus que suffisant contre-poids à l'absence de médications. Somme toute, à moitié moins de mercure que nous, elles guérissent aussi bien (Diday). » Peut-être faut. il voir dans l'opinion du professeur de Lyon une boutade plus spirituelle que juste. La préoccupation et les terreurs sont bien pour quelque chose dans lPaction débilitante de la Syphilis. Mais cependant son action ne suffirait pas, à elle seule, à garantir aux femmes cette demi-immunité. La raison n’en serait-elle pas plutôt dans ce que ce sexe a, par nature et par situation sociale, des habitudes plus rangées, plus sédentaires, plus calmes, et que toutes les causes d’excitation et d’'aggravation qui sont autour de nous ne sont pas autour d'elles?

Il existe, de par le monde, une catégorie de malades appelés neurasthéniques. Les psychologues chagrins prétendent qu'ils sont légion à notre époque et que cela tient à notre détraquement social et à notre facon de brüler la vie. Il serait peut-être bien aussi juste de dire

qu'il y en a tant parce qu'on les voit mieux et parce qu'on connaît plus scientifiquement leur état. Quoi qu'il en soit, il est presqne de bon ton de se dire nerveux. Cela excuse beaucoup de sottises et c’est presqu'une facon de se poser aux yeux de son prochain.

Ces nerveux-là sont ennuyeux et dangereux quand ils deviennent syphiliques.

C’est chez eux surtout que se montrent les terreurs du mal vénérien. Leur sommeil disparaît, symptôme qu'il ne faut pas traiter en quantité négligeable. Ils ont des troubles digestifs, des troubles circulatoires avec palpitations et angoisses précordiales, des troubles moteurs avec parésies passagéres, des troubles génito-urinaires avec pertes séminales, de la pollakiurie, et des troubles psychiques avec une tendance marquée à l'hypocondrie.

Chez ces malades, il nous paraît utile et indispensable, au point de vue scientifique, de donner de l'iodure, ser que soit l’âge de la syphilis. On le donnera associé au mercure, soit séparément, soit sous forme de sirop de Gibert, mais il importe de le prescrire. Nous n’irons pas aussi loin dans nos affirmations que Diday, lequel prétend que dans la névropathie initiale de la syphilis, l’iodure soulage en trente-six heures et guérit en Six ou huit jours.

Dans les observations que nous avons pu nt nous n'avons jamais constaté cette rapidité d'action de l’iodure employé seul. Nous y avons toujours adjoint un bromure, quelquefois les trois bromures. Si l’insomnie persistait, une petite quantité de chloral jointe

aux médicaments précédents aménerait souvent le repos.

On peut dire que presque toujours, chez ces malades, il y a une déglobulination rapide avec tendance à la chloro-anémie. Aussi, est-il de toute importance d’exciter les fonctions digestives et de tonifier l'économie par l'emploi du quinquina ou du fer de préférence.

Nous avons eu l’occasion de voir, tant à l'hôpital ou en ville que dans la maison de santé où nous étions interne, des syphilitiques névropathes. TS appartiennent en grande quantité au sexe féminin ou au monde des travailleurs cérébraux. Une série de 53 Observations prises sur ce sujet nous a permis de constater chez les malades reconnus nerveux dans leurs antécédents et leur état actuel, des syphilis cérébrales à formes diverses. 28 de ces malades avaient des syphilis cérébrales à formes céphalalgiques ou congestives. Quatorze avaient une forme mentale simulant la paralysie générale. 3 avaient une forme aphasique. 7 avaient une forme paralytique. 1 avait la forme convulsive dite épilepsie syphilitique.

Nous ne voulons pas dire que ce soit seulement chez des nerveux reconnus que ces formes spéciales existent. Mais ces 53 observations ont été prises chez eux.

Nous avons vu un étudiant en droit, névropathe d’origine, gagner la syphilis à 20 ans. Des troubles circulatoires et viscéraux se manifestérent qui ne le quittèrent pas même dans l'exercice de ses fonctions

d'avocat de petite ville, malgré la vie calme qu'il menait et le traitement exclusivement spécifique qu'il suivait. Il voulut se borner à ce seul traitement. A 24 ans, il eut une hémiplégie qui persiste encore. Ce jeune homme était dans un état d’anémie profonde. . Nous n'oserons pas affirmer qu'un traiteffient énergique dirigé dans ce sens l’eût préservé de son terrible accident. Mais cependant il est bien permis de supposer qu'on l’eût peut-être retardé ou modifié.

C'est chez ces malades que doivent être édictées des prescriptions d'hygiène et de régime. Leur faire éviter tous les mets épicés et excitants, leur ordonner des promenades et des exercices, leur prescrire de lhydrothérapie. D’après les remarques que nous avons pu faire, la douche tiède est préférable à la douche froide. Elle les calme beaucoup mieux et ne les fatigue nullement. |

Une des conséquences de la vérole chez les névropathes est assez souvent d'amener Pimpuissance. Est-ce la crainte de l’acte qui les a fait syphilitiques ? Est-ce la déassuétude du coït pendant le temps de repos et la crainte de ne pouvoir retrouver leur virilité ? Toujours est-il que le fait est fréquent. On se heurte à de grandes difficultés au point de vue du traitement. Ceci tendrait peut être à démontrer qu’il y a autre chose que l'élément purement moral. Toutefois, cette impuissance n’est jamais que passagère ou relative quand elle est convenablement traitée par les moyens appropriés.

La surexcitabilité nerveuse ne se montre pas seule-

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ment chez les névropathes de profession, mais encore chez les névropathes par diathése. Les diathèses, causes initiales de la névropathie, sont surtout lherpétisme et l’arthritisme,

Nous sommes bien obligés de ranger dans le même cadre ce® deux manifestations diathésiques. Il est difficile, même aux auteurs qui ont le mieux étudié la question, de différencier rigoureusement les carac ières de l’une où de lautre. L’herpétique est surtout un maigre avec exagération du système pileux; sa peau est sujette aux éruptions vésiculeuses et doulou reuses ; son caractère est âcre, difficile, hargneux parfois, L’arthritique est plutôt un gras, nerveux lui aussi, mais avec plus de tristesse que d’acrimonie, sortant vite des idées noires pour mieux regarder l'horizon. Son caractère est plutôt gai, avec de fortes dépressions morales sans doute, mais sans la méchanceté de l'herpétique. Sa peau est sujette aux érythèmes inflammatoires, l’urticaire, par exemple, ou aux formes d'eczémas humides.

Malgré tout, les contins de ces deux royaumes pathologiques sont encore mal déterminés. Leurs fronteres sont comme des images photographiques mal venues ; il v à du flou dans le lointain, et nous sommes bien obligés de convenir que souvent leur empire se confond et que leurs manifestations se ressemblent. Il y à néanmoins des types bien tranchés. Pour aller chercher nos exemples dans le passé, on peut dire, par exemple, que Louis XI fut un herpétique, Rabelais un arthritique. Il faudrait peu connaître son histoire de

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