PRESS “I
France pour ne pas savoir les nuances énormes qui existent entre ces deux caractères.
On a dit que le chancre induré était indolore. Ce n'est pas toujours exact, et c’est surtout faux chez l'herpétique. La vérole entre toujours par une porte ouverte. C'est un voleur poli qui ne procède pas par effraction. Il faut que lépiderme soit entamé pour qu'elle aille visiter l'organisme. Les herpétiques sont sujets à ces sortes d'accident, surtout du côté des muqueuses, du prépuce ou de la vulve. Chez quelquesuns même, cet état est presque constant.
Ce serait sans doute un sophisme et un raisonnement scholastique que d’assimiler le traitement préventif au traitement constitutionnel de la Svyphilis. Cependant s'il est vrai que mieux vaut prévenir que guérir, il y a lieu de prévoir la syphilis chez les herpétiques. Leloir, de Lille, dans une de ses leçons, conseillait de traiter les muqueuses herpétiquées par de l’eau alcoolisée. On tanne pour ainsi dire la muqueuse, on la rend moins facile aux déchirures et par suite on rend l'organisme moins accessible à la syphihs. C’est là de la thérapeutique négative sans doute, mais nous croyons très sincérement avoir pu rendre, par ce moyen, service à quelques herpétiques, assez gourmets des plaisirs de Pamour.
Considérons maintenant l’herpétique en puissance. de syphilis. Presque toujours son chancre induré se greffe sur: une vésicule herpétique. Il y a de la douleur et douleur vive. Il est d'usage, en syphiligraphie de soigner le chancre avec des pommades au calomel ou
aies AUBIE 4
avec la poudre de ce sel mercurique. Certains méde cins font usage aussi de la pierre infernale. Les uns et les autres de ces moyens, chez les herpétiques, feraient triste besogne. IS améneraient, comme nous avons pu le constater plusieurs fois, une inflammation énorme, un écoulement purulent trés abondant, et aussi des pertes de substances. Chez ces malades, sujets aux éruptions vésiculeuses, il faut employer surtout des lavages antiseptiques à l'eau boriquée. Puis on interposera, entre le prépuce et le gland, de Pouate salicylée, de facon à éviter les auto-moculations et pour empêcher l'organe de baigner dans ses sécrétions corrodantes.
Une des manifestations les plus curieuses de la diathèse herpétique sur les éruptions syphilitiques est qu’elle rend la syphilide prurigineuse.
Chacun sait cependant que l’absence de prurit est, au contraire, le cachet, le signe pathognomonique des syphilides vulgaires.
Si le diagnostic diathésique n'était pas fait d'avance, on pourrait le faire et affirmer que le porteur d’une syphilis est herpétique s’il a des démangeaisons sur ses efflorescences spécifiques.
De plus, lherpétisme donne aux manifestations syphilitiques une durée, une ténacité exceptionnelles. « Si je vois, écrit Diday, une éruption papuleuse générale, cuivrée, consécutive au chancre, résister, presque sans changement pendant deux mois, à 10, à 15 centigrammes de protoiodure de mercure par jour, Je suis mis par là sur la voie de l'existence d’une com-
PE ee
plication herpétique, et, en conséquence, je prescris, selon le cas, l'arsenic aux syphilitiquesprécédemment sujets à des dartres sèches. » A
Nous avons adopté ce système thérapeutique pendant le cours de nos observations. INous avons administré l'acide arsénicux ou l’arseniate de soude à des doses variant de 2 à 6 ou 8 milligrammes par jour, associé au protoiodure ou à l’iodure de potassium, quelquefois les trois ensemble. Mais nous nous sommes fait une réglé d’ordonner que pendant toute la durée du traitement spécifique, celui-ci vint-il à être interrompu, le traitement diathésique füt suivi.
Cette médication arsenicale nous à réussi encore chez certains arthritiques.
Quand nous disons réussi, il importe de bien spécifier ce que nous entendons par là. Dans les observations que nous avons prises, que nous avons recueillies, que nous avons pu suivre, dans les antécédents que nous avons scrutés avec le plus grand soin, nous nous sommes surtout attachés à dresser une étude comparative. Chez les sujets en pleine activité diathésique et que la syphilis venait infecter, les manifestations spécifiques prenaient une acuité féroce lorsque le traitement antivénérien seul était institué. Sans doute, chez ceux dont la diathèse sommeille, les résultats sont moins palpables, moins évidents, mais c’est ici de la médecine préventive au premier chef.
Donc, d’une façon générale, quand nous possédions bien notre terrain au point de vue de la. pathologie
générale, si nous étions parvenus à ranger dans le