TRAITEMENT CHIRURGICAL
Le traitement chirurgical est variable naturellement avec les symptômes observés dans chaque cas particulier, mais est destiné à combattre les mêmes éléments symptomatiques.
À quel âge peut-on envisager un traitement sanglant? Kirmisson et Nelaton nous engagent d'attendre l’âge de 2 ans environ si, bien entendu, la malformation a été reconnue à la naissance ; ils fixent même, pour une intervention spéciale, l’arthrodèse, l’âge de 8 ans au moins. Disons de suite que ce traitement est inopérant contre le raccourcissement.
Contre la courbure tibiale. — Il faut, hélas, bien le constater, le chirurgien va souvent au devant de nombreux déboires ; on ne devra intervenir que dans le cas où la courbure, très prononcée, empêche le malade de se servir de sa jambe comme point d'appui sur le sol, où est un obstacle réel à l’application d'un appareil de prothèse.
On tente dans ce cas une ostéotomie cunéiforme du tibia (Kirmisson) ou une ostéotomie oblique (Lotheissen) de cet os. W. Macewen nous décrit la technique de la première:
« Pour déterminer la dimension du coin à enlever, on tourne le membre sur le côté et on prend un tracé du bord antérieur du tibia. On mesure alors la largeur du tibia d'avant en arrière à la partie la plus proéminente de la convexité et l’on tire une seconde ligne parallèle à la première, correspondant à la largeur mesurée ; ensuite, l’on découpe la forme. Ceci effectué, faites au papier un pli en forme de coin au point le plus saillant de la convexité, avec la base du coin en avant jusqu'à ce que le patron devienne droit. La base du coin
représentera alors la largeur de la portion cunéiforme qu’il faut enlever. »
W. Macewen conseille l'emploi d'un ciseau à extrémité biseautée bien tranchante de préférence à l’ostéotome. La peau étant sectionnée, on commence par enlever un coin osseux très petit, qu’on agrandit peu à peu jusqu'au schéma indiqué. On redresse alors facilement le tibia, après avoir au préalable sectionné le tendon d'Achille et même les tendons des péroniers, au cas où leur action serait un obstacle à cette manœuvre ; on immobilise ensuite, en bonne position, dans un plâtre. Mais si cette intervention sur l’os normal, véritable fracture provoquée, donne l’assurance, par la formation d’un cal, d’une consolidation définitive, il n’en est plus de même ici, où l’examen anatomo-pathologique décèle un os éburné avec une moelle pauvre et un périoste peu fertile. Comme l’a bien montré Michel dans sa thèse: « L’échec de l’intervention est fréquent et on aboutit généralement à la formation d’une pseudarthrose ayant tous les caractères des pseudarthroses congénitales. »
On peut agir ultérieurement, dans ce cas, en employant un greffon et en suivant alors une des techniques étudiées plus loin (greffe ostéo-périostique pédiculée de Reichel, procédé de la greffe libre technique Codivilla, modifiée par notre maitre, technique de Delageniere et technique d’Albec).
Parfois le greffon se résorbe, mais, dans plusieurs cas, le succès est venu confirmer la valeur de l'intervention (Obs. de Nové-Josserand et du professeur Frœlich, citées dans la thèse de Michel). L’ossification est alors très lente à s'établir, plusieurs mois, pendant lesquels il faudra fixer la jambe dans un appareil plâtré.
Contre le valgus. — Le traitement chirurgical est par contre