CONCLUSIONS
L'absence congénitale du péroné est une malformation relativement rare, elle est cependant plus fréquente que celle du tibia. Confondue pendant fort longtemps, sous le nom de fracture intra-utérine du tibia, avec d’autres difformités siégeant sur le segment jambier, mais tout à fait différentes, elle se présente à nous avec le même tableau symptomatique bien net, quelle que soit l'intensité de l’aplasie osseuse.
Cette dernière revêt trois aspects qui sont, par ordre de
fréquence :
1° L'absence totale du péroné; 2° L'absence partielle ; 3° Le simple raccourcissement.
Elle s'accompagne, dans la majorité des cas, des symptômes
suivants :
a) Une incurvation tibiale à convexité antérieure située à l’union du tiers moyen et du tiers inférieur de cet os;
b) Un pied boï, en valgus équin presque toujours ;
c) Une cicatrice située au sommet de la coudure tibiale ;
d) Le raccourcissement et l’atrophie du membre atteint.
Cette malformation congénitale a été l’objet de divers traitements qui se proposent la restitution de l’usage du membre.
Nouspourrons les classer en deux groupes qui, loin de s’exclure, se complètent mutuellement : traitement prothétique et traitement chirurgical.
Le premier, utilisable dès la naissance, comprend des massages et des appareils prothétiques ; il a une indication définitive lorsque le raccourcissement du membre est trop considérable.
Le second est chargé d'atteindre un double but :
1° Le redressement du tibia ;
2° La fixation du pied.
On ne songera à pratiquer une ostéotomie cunéiforme que si la courbure tibiale, trop accentuée, est un obstacle réel à l’utilisation ultérieure du membre. La consolidation osseuse est toujours très lente après cette intervention, elle fait souvent défaut en provoquant la formation d’une pseudarthrose. Plusieurs méthodes s'offrent à nous pour fixer le pied en
bonne attitude :
1° L’ankylose de l'articulation ou plutôt des articulations
par l’arthrodèse ;
2° La reconstitution de la mortaise, soit à l’aide d’un greffon tibial, soit par l'opération de Bardenheuer, soit encore par la transplantation d’un fragment du péroné.
Ces interventions peuvent être associées avec avantage, telles l’arthrodèse et la fissuration du tibia. Malgré les succès obtenus et les avantages réels recueillis par le traitement chirurgical, celui-ci n’est pas le traitement exclusif de la malformation étudiée: un des facteurs, le raccourcissement, lui échappe complètement et relève de la seule orthopédie.
L’étiologie et la pathogénie de l'absence congénitale du péroné semblent bien être celles indiquées par Dareste: les adhérences de l’amnios avec l'embryon.