‹ Considérations sur le Traitement de l'Absence congénitale du PéronéChapitre 14 sur 52 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBSERVATION I (Service de M. Frœlich, 1922)

Absence partielle du péroné gauche avec incurvation du tibia

M. G., petit garçon de 2 ans 1/2, amené par ses parents à cause d'un pied bot siégeant à gauche, la jambe de ce côté présente un raccourcissement de 3 %. Le pied, petit et étroit, ne possède que les trois orteils internes, il est en valgus et en abduction si prononcée que le dos du pied touche le bord externe de la jambe et l'appui sur le sol se fait par la malléole tibiale. Le tibia est incurvé à convexité antérieure, sur le sommet de la coudure existe une cicatrice longitudinale de 2 %, de long, due à une adhérence amniotique: à la naissance, les parents ont constaté la présence de ces brides. On note l’atrophie du membre atteint, à la partie moyenne on mesure la circonférence de chaque jambe: on obtient, pour la jambe malade, 15 %, et pour la jambe saine 19

Les fémurs sont identiques des deux côtés.

Un examen radiographique donne les résultats suivants :

Le péroné n'est représenté que par son tiers moyen, réduit à un rudiment muni d'une tête et d’une malléole cartilagineuses, il est placé très en arrière du tibia. Celui-ci ne possède pas de canal médullaire au niveau de la convexité. Sur la radiographie, on voit de plus que le calcanéum et l’astragale sont soudés en un seul noyau osseux de forme pyramidale à base postérieure. Il n'y a que trois métatarsiens. Par le simple examen, on remarque la rétraction très marquée du tendon d'Achille et des tendons des péroniers, qui maintiennent le pied en valgus.

Intervention le 29 novembre 1922. — Dans un premier temps préalable, les tendons péroniers et le tendon d'Achille furent sectionnés, puis on décortiqua de son périoste l'extrémité inférieure du péroné, qui fut complétement détachée des parties molles et sectionnée à une hauteur de 4 centimètres. Sur le côté externe du bloc calcanéo-astragalien, on creusa une niche pour recevoir la malléole externe mobile, qui avait été au préalable abaissée, cette dernière, enfoncée dans cette niche, est fixée par deux catguts. La partie supérieure du greffon fut entourée par sa gaine périostée pour en faciliter la nutrition.

On suture les tendons sectionnés et on ferme la peau par un surjet de crin de Florence. On immobilise, dans un plâtre, le pied en hypercorrection, c’est-à-dire en varus.

Au 29 décembre, le résultat est tout à fait satisfaisant.

Le 11 janvier 1923, on enlève le plâtre et, après avoir constaté que la mortaise tibio-péronière tient bien, on immobilise de nouveau.

Le 28 février, l'amélioration persiste; on commande un appareil léger, en cuir moulé. L'enfant revient encore le 10 juillet; on procède à de nouvelles mensurations : le péroné malade présente un raccourcissement de 2 %, sur son congénère sain, le membre inférieur gauche a 4 %, de moins qu'à droite, la mortaise est bien en place.

O B S E R VATI O N

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