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térale du péroné, les pieds se terminant chacun par un orteil). Ambroise Paré, dans ses ouvrages, nous décrit un grand nombre de monstruosités humaines d’une façon souvent pittoresque, mais ne signale pas de cas précis ayant des rapports avec notre sujet. Mais bientôt des observations très nettes paraissent un peu partout: Frederici, en 1737, en publie deux cas: Dumas et Meckel en signalent chacun un. En France, Houel, Deguise et Broca; à l'étranger, Hensinger, Blasius, Friedleben et Brodhurst se préoccupent avant tout de l'incurvation tibiale et émettent l'avis que tout le tableau symptomatique de la malformation est dû à la fracture intrautérine du tibia.
Les auteurs, unanimes quant à l'existence de cette dernière, présentent quelques divergences de vue pour en expliquer l’étiologie. Little prétend que la fracture est due à une contraction violente des muscles du fœtus; Braun fait intervenir la contraction utérine produite à l’occasion d’un traumatisme maternel et, pour Brinton, ce dernier seul suffit à la provoquer.
En 1873, Volkmann expose dans son travail une déformation congénitale tibio-tarsienne qu'il a observée chez plusieurs membres d’une même fmaille et à laquelle il a donné son nom.
Après lui Redard, Kraske et Ithen, en 1885, publient leurs observations; Vilcoq enfin, en 1880, dans sa thèse « Des fractures intra-utérines de la jambe », résume bien le tableau symptomatique qui accompagne l'absence congénitale du péroné et interprète l'opinion généralement admise alors:
« La fracture siège le plus souvent à l'union du 1/3 moyen et du 1/3 inférieur de la jambe... » Et plus loin: « Ces fractures intra-utérines s'accompagnent en outre d'importantes
anomalies, le nombre des orteils se trouve diminué, celui des métatarsiens également. Ces os peuvent être inclinés dans une position vicieuse, quelquefois on les trouve presque fléchis à angle droit. À l’absence des os du pied, se joint souvent le développement imparfait de son système musculaire. Parfois il n'existe qu'un seul muscle lombrical. On peut du reste noter sur le pied toutes les déformations possibles telles que: pide plat, pied varus ou valgus, déviation, rotation du calcanéum, absence d’un ou de deux cunéiformes. Ce qu’il y a de plus curieux dans ces fractures du tibia, c’est l’arrêt du péroné correspondant. »
Cependant, cette théorie n’est pas admise par tous et, dès 1881, Dareste oppose à l'opinion du jour le rôle des adhérences amniotiques. Dans un mémoire important, adressé à l’Académie des Sciences, il dit notamment :
« Mes recherches m'ont appris qu'un grand nombre de monstruosités simples résultent de la compression partielle du corps de l’embryon; que l’agent de cette compression est l’'amnios arrêté dans son développement, enfin que cette compression partielle ne peut déterminer d'événements tératologiques qu’autant qu’elle s'exerce de très bonne heure, lorsque l'embryon n’est constitué que par des cellules homogènes et ne présente pas encore ses éléments histologiques définitifs. »
Dareste est suivi par Sperling, Handeck, Nélaton, Kirmisson, le professeur Phocas, qui, résolument, prennent parti pour lui.
En 1900, notre maître, le Professeur Frœlich, publie une observation très intéressante qui établit bien l’individualité propre de l’absence du péroné, dans le domaine des malformations congénitales, en la séparant définitivement du groupe des fractures intra-utérines. Dans cette observation (Obs. IV),
le tibia est parfaitement droit et normal et le péroné est absent dans sa totalité.
M. Walther expose un cas semblable, le 8 octobre 1902, devant la Société de chirurgie de Paris. Le péroné gauche est, ici, atrophié sur toute sa hauteur, la perte de substance n'existe que sur la diaphyse, on ne note aucune incurvation du tibia, la peau ne présente aucune cicatrice (Obs. XXXVIIT.
Ces constatations, faités par la clinique et par la radiographie, furent confirmées dans la suite par de nombreux chirurgiens, qui n’observèrent jamais l'existence d’un cal ancien au sommet de l'angle tibial et furent amenés à adopter la théorie de Dareste.
Cette dernière est, du reste, maintenant acceptée par la plupart des auteurs. Le maître lyonnais, Nové-Josserand, dans un article sur la question, dit lui-même :
« La théorie traumatique a perdu de plus en plus de sa valeur, l’antécédent traumatique manque souvent ou est trop vague pour qu'on puisse lui accorder une valeur étiologique précise. Comme l’a montré Sperling, la déformation du tibia n'a ni l'aspect, n1 la structure du cal. »
Des observations sont bientôt mises en lumière chaque année. En France, Kirmisson, M. J. Anderodias, de Bordeaux, en 1906. En Italie, Busachi, Ortalda, Mazzitelli, Delgreco. En Angleterre, Gray. En Allemagne, enfin, Scharff Kofman, Strowitzki, Hesse.
En 1909, Anzilotti, à l’occasion d’une observation, écarte toutes les théories pathogéniques qui ont déjà été proposées. Cet auteur se demande s’il n’est pas possible d'expliquer bon nombre de cas d'absence congénitale du péroné et les malformations osseuses concomitantes, par un retour aux formes
ancestrales, qui persisten dans la série animale ou par un arrêt à un stade primitif. L’anatomie comparée nous montre les modifications évolutives subies par les diverses classes d'animaux. Chez certains batraciens, le péroné et le tibia ne sont représentés que par un os; chez les oiseaux, le péroné est plus court que le tibia. Chez les mammifères enfin, cet os offre des dispositions très diverses, les ruminants en possèdent un très atrophié. Bref, cette hypothèse d’Anzilotti, malgré son aspect séduisant, n’a guère eu de partisans. Elle garde une certaine valeur, malgré les nombreuses objections que nous pourrions lui faire, mais la critique nous conduirait trop loin et nous mènerait dans un domaine qui n’a point sa place ici.
Le docteur Rendu, en 1912, publie un article à la suite d’un cas d'absence totale du péroné, diagnostiqué dans le service du professeur Nové-Josserand et, à cette occasion, passe en revue les diverses théories pathogéniques proposées. Ses préférences vont à celle des adhérences amniotiques, qui se trouve basée au moins sur de nombreux faits anatomiques.
Notre maître enfin, le professeur Frælich, a eu l’occasion de voir plusieurs cas d’absence congénitale du péroné à des degrés divers. En 1913, il a exposé, au Congrès international de Londres, ses différentes techniques opératoires concernant le traitement de cette malformation, dont il a entretenu également, à plusieurs reprises, la Société de médecine de l'Est.
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