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Avant d'aborder ce chapitre, nous nous permettrons une digression provoquée par nos recherches. En parcourant les divers ouvrages ayant trait à notre sujet, nous n'avons pas été médiocremert étonné en lisant le passage suivant, puisé dans le Dictionnaire des Sciences médicales (t. 29, p. 357), paru en 1822:
« Toutes les maladies de notre corps sont sujettes à ces imperfections que l’on nomme vices de conformation et qu'il est essentiel de distinguer: 1° en ceux naturels, c’est-à-dire que nous apportons en naissant; 2° en ceux acquis où qui surviennent dans la suite et dépendent d’une cause quelconque, soit interne et cachée, soit externe et apparente.
Cette distinction est d'autant plus importante que c’est sur elle que doit être basée l’emploi des machines. Nous ne pouvons rien sur les premiers, on sent qu’il y aurait de la folie à vouloir les corriger, ils font partie de notre organisation et il ne nous a pas été donné de pouvoir la changer. C’est donc essentiellement aux vices de la seconde classe qu’il faut s’attacher, parce qu'ayant une cause plus ou moins bien connue, on peut essayer de la combattre, et de corriger ou de diminuer, en la détruisant, la difformité à laquelle elle a donné naissance. »
À en croire l’auteur, il y aurait donc non seulement de la témérité, mais de la folie à vouloir corriger les malformations
congénitales par un traitement quelconque. Heureusement
pour nous, les faits et les beaux résultats acquis grâce à ia chirurgie et à l’orthopédie sont suffisamment nombreux et probants, depuis Hippocrate, pour que nous passions outre, malgré l'avis qui nous est donné ci-dessus.
Malgré la variété des éléments rencontrés dans chaque cas particulier, le traitement doit viser à combattre en général la triade symptomatique bien mise en évidence par Kirmisson, c'est-à-dire :
a) Le raccourcissement du membre ;
b) La coudure tibiale;
c) La position du pied en valgus équin.
Les divers procédés qui ont été préconisés à cet effet peuvent être ramenés à deux: les premiers exclusivement orthopédiques et prothétiques, les seconds chirurgicaux.