‹ Considérations sur le traitement de la diphthérie et des infections rhino-pharyngées chez les porteurs de bacilles de LoefflerChapitre 12 sur 16 · PO · texte numérisé non relu

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rapport avec les méthodes de laboratoire ayant cours jusqu’à présent en France.

Culture : surtout sur sérum de bœuf coagulé.

Inoculation : les animaux sensibles sont le cobaye, le lapin, les petits oiseaux.

. Toxine : obtenue en filtrant de Chbtures sur bouil- 1. Elle détermine par inoculation les mêmes lésions que le bacille lui-même. Mais il existe des bacilles diphtérimorphes qui ne sont pas virulents, tel est en particulier le bagçille d'Hoffmann. |

A. — Diaunosiic bactériologique de la diphtérie.

Il doit être établi, à la fois par l’examen immédiat de l’exsudat et surtout par les cultures :

a) examen immédiat : frottis d’un prélèvement. Coloration au violet de gentiane, au bleu de Loœfiler ou au bleu de Roux Les bacilles groupés en amas, se présentent sous forme de bacilles longs, moyens ou courts. Une deuxième préparation est traitée au Gram : Gram positif.

Cet examen est rapide, mais insuffisant ;

b) culture : se fait sur sérum de bœuf coagulé. Après dix-huit heures à l’étuve, on aperçoit des petites colonies rondes. grisâtres, en tête d’épingles. Si on prélève des bacilles sur ces colonies, ils se présentent sous forme de bacilles longs, moyens ou courts.

Babès décrit des corpuscules métachromatiques po-

laires ou bipolaires, obtenus par action du bleu de méthylène avec de l’acide acétique. Pour Babès, les bacilles diphiérimorphes ne présentent pas ces corpuscules métachromatiques.

c) recherche des porteurs de germe : les procédés indiqués ci-dessus donnent une proportion beaucoup trop forte de résultats positifs. On a de préférence recours aux procédés de Martin et Loiseau, fondés sur le principe que le bacille diphtérique pousse en anaé- robie, tandis que les diphtérimorphes, type Hoffmann, poussent en aérobies stricts. On peut avoir recours au procédé de Troisier et Costa qui est fondé sur le fait que le bacille de Lœæffler attaque le glucose contrairement aux pseudo-diphtériques. Tous ces procédés sont insuffisants dans les diphtéries cutanées à cause du bacillus cutis commune de Nicolle.

B. — Recherche des bacilles diphtériques en dehors d’une diphtérie clinique.

Si on pratique la recherche des bacilles de Lœæffler au niveau des muqueuses nasale, palatine, pharyngée, il y semble très fréquent. Mais est-ce bien toujours du bacille diphtérique vrai ?...

Voici à ce sujet, l’opinion de Debré et Ramon : « Nous voulons profiter de cette occasion pour dire et répéter la fréquence de la constatation au niveau des muqueuses nasale, palatine, pharyngée, conjonctivale ou vaginale, de bacilles diphtérimorphes qui n'ont rien de commun avec le bacille diphtérique.

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Ceci, chacun le sait, mais ce qu’on ignore trop, c’est qu’il est impossible d’en faire la différenciation sur de simples caractères morphologiques ; le faux diphtérique peut être aussi long et aussi mince que le bacille de Lœæffler, ses colonies semblables ; sa coloration, ses corpuscules métachromatiques peuvent être identiques, Il n’est qu'un seul élément certain de diagnostic : la présence ou l’absence du caractère pathogène. Sans doute, pour la pratique, cette notion n’est pas sans être très gênante ; ce n’est pas une raïison pour la négliger ; il faut au contraire en tirer les conclusions suivantes : en présence d’une angine suspecte de diphtérie, c’est la clinique avant tout qui doi guider le médecin et c’est sur elle que doit s’appuyer le médecin pour procéder en hâte au traitement sérique, quelles que soient les réponses de laboratoire... » D’autre part, à la même séance du 18 janvier 1935 de la Société médicale des hôpitaux de Paris, Hallé ajoutait : « Ce n’est pas parce qu’on ensemence un tube de sérum coagulé avec un exsudat, et qu’au bout de vingt-quatre heures, on trouve sur ce tube des colonies de bacilles (longs, moyens ou courts), gardant le Gram, qu’on est en présence d’un bacille diphiérique. Il faut connaître la virulence du germe pour le cobaye... Quand ïil ne tue pas l'animal, il provoque au moins un œdème local, plus ou moins marqué, dans lequel on retrouve un bacille, qui, isolé à nouveau, garde cette virulence. Je mets en fait, qu'il faut au moins huit ou dix jours à un

expérimentateur rompu à ces méthodes pour pouvoir

De donner une réponse ferme. Je ne m'élève pas contre le diagnostic bactériologique des angines tel qu'il est fait chaque jour et qui est un moyen de contrôle très utile de la clinique ; mais il ne faut se faire aucune illusion ; il ne nous donne que des probabilités. Quand il s'agit de déclarer quelqu'un porteur de germe, ei que cette personne est saine, ‘qu'on la condamne au nom de cette épreuve tout à fait insuffisante, à être exclue de l’école, de son service militaire, de son atelier, etc..., je prétends qu’on commet, au nom d’un examen qui n'a aucun caractère scientifique, un abus de pouvoir... » Duliscouët, bactériologue de la Marine, après inoculations, affirme que l’on a plus souvent affaire à du bacille diphtérique virulent ou en puissance de le devenir, qu'à des pseudo-diphtériques.

€. — Diphtérie et associations microbiennes.

Nous avons parlé de l'association du bacille diphtérique avec d’autres microbes. En particulier avec le streptocoque, ce qui est un facteur de gravité. Parfois celte association se fait avec le bacille fusiforme ou le spirille de Vincent, donnant des angines à forme ulcéro-membraneuses. Nous insisterons plus particulièrement ici sur la présence presque constante du staphylocoque dans les angines diphtériques.

Déjà en r935, Duliscouët et Ballet avaient attiré notre attention sur la présence de staphylocoques

- doués de propriétés spéciales, associés au bacille de

Lœffler dans les gorges de malades atteints de diphtérie ou seulement de porteurs de germes. Nous allons essayer de résumer rapidement ici les travaux : de Duliscouët.

a) Phénomène favorisant :

Après la disparition des signes cliniques de l’angine diphtérique, en particulier, après le nettoyage des fausses membranes, au moment où des examens répétés semblent prouver que le sujet restera porteur de germes, une technique spéciale met en évidence, parmi les germes associés, un staphylocoque qui a la propriété de faciliter in vitro le développement du 1 bacille de Lœæffler.

b) Phénomène antagoniste ;

Il peut $e manifester avec des staphylocoques sélectionnés au moment du nettoyage de l’angine diphtérique. À ce moment, des examens répétés montrent la disparition intermittente du bacille de Lœæffler. Ce dernier staphylocoque possède une curieuse propriété antagoniste, signalée pour la première fois par Dujardin-Beaumetz en 1932. Si l’on ensemence ce staphylocoque sur un milieu où sont cultivés des bacilles diphtériques, il y a, après vingtquatre heures d’étuve, un phénomène absolument inverse du précédent.

c) Relalions entre ces deux phénomènes :

Duliscouët est d’avis que ces deux phénomènes, en

apparence contradictoires, sont probablement com-

one

plémentaires et certainement reliés par un certain

nombre de propriétés communes.

— Les actions favorisante et antagoniste sont l’une et l’autre, les résultantes d’un phénomène vital. Elles sont le produit de l’activité microbienne et comportent nécessairement la multiplication du staphylocoque actif. Aucun effet, favorisant ou antagoniste n’est obtenu avec l’un ou l’autre de ces germes s'ils sont à l’état de vie latente ; en ce cas, ils restent indifférents.

— Il ya un stade d'évolution du germe diphtérique où il subit les effets antagoniste ou favorisant du staphylocoque actif. Ce stade est celui de la division cellulaire.

Aucune de ces deux propriétés des staphylocoques n'existe si les cultures diphtériques ont déjà commencé à se développer. C’est lors de ses débuts de développement que la culture devient vulnérable.

D'autre part, on a souvent la surprise de constater la coexistence des deux phénomènes antagonistes et favorisant sur un même milieu de culture. Ces deux phénomènes d'apparence contradictoire semblent donc se compléter. Les facteurs de multiplication du germe test et du staphylocoque actif mettent en jeu des effets d’action et de réaction qui se traduisent sur les milieux de culture par des phénomènes paradoxaux. On peut en conclure qu’ils ont une origine commune qui a son essence dans l’agression par le staphylocoque

actif. Cette agression qui, normalement se manifeste

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par l’action antagoniste, ne se produit qu'imparfaitement si certaines conditions ne sont pas rigoureusement réalisées.

Il faut :

— des conditions chimiques : un pH optima entre 8 et 8,5; par suite, l’inversion du phénomène peut être aisément réalisée en opérant sur des milieux légèrement acides ou même neutres.

— des conditions vitales : degré de vitalité du germe agressif, il faut que le pouvoir de multiplication du staphylocoque soit porté au maximum.

d) Etude de ces staphylocoques.

— Caractères biologiques des staphylocoques actifs,

Tous les staphylocoques peuvent être doués de cette activité. Duliscouët en a sélectionné trois espèces : aureus, citreus, albus. Mais il classe dans une catégorie spéciale un staphylocoque blanc qui, à l’origine, offre un assez faible développement, ce qui rend son isolement en culture pure assez délicat. Ce germe, déjà signalé par Dujardin-Beaumetz, qui lui a donné le nom «d’antibiocoque », est doué d’une activité antagoniste plus grande que le staphylocoque ordinaire. Tous ces staphylocoques ont les caractères biochimiques habituels de l’espèce, mais ce qui en fait la particularité, c’est cette spécificité d’action de croissance à l’égard des corynebactéries diphtériques.

— Mode d’action du staphylocoque actif :

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Pour Duliscouët, ce staphylocoque produit « une substance lysogène qui arrête le développement de la bactérie ». Il met ce fait en évidence in vilro par une technique spéciale, et in vivo par l’inoculation au cobaye : :

a) Les cobayes sont protégés contre une ou plusieurs doses d’une suspension de bacilles diphtériques mortels à la 40° heure pour le cobaye témoin, lorsqu'ils ont reçu en même temps et au même point 1 cc. d’une suspension dc staphylocoques antagonistes ; ee

b) Le même staphylocoque injecté en un autre point de l’organisme est sans effet sur le développement du bacille de Lœæffler qui provoque la mort de l'animal ;

c) Si on injecte, au lieu de bacilles diphtériques un bouillon contenant leur toxine, le staphylocoque actif injecté au même point retarde seulement la mort de quelques heures. Re

L’antagonisme ne se manifeste donc qu’à l'égard de la végétabilité du bacille diphtérique. C’est un antagonisme de croissance et aucunement de fonction, puisque l'action de la toxine diphtérique ne s'en trouve modifiée.

On peut arriver à isoler la substance agressive, .c'est-à-dire, le principe actif des cultures de staphylocoques antagonistes ; une solution aqueuse de cette substance possède un pouvoir antagoniste en-

vers des corynebactéries exposées à son contact. Ce

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pouvoir a été mis en évidence par Duliscouët, in vitro etin vivo. On peut résumer cette action en disant que le principe actif, débarrassé de tout élément figuré, produit in vitro ou in vivo des phénomènes identiques à ceux réalisés par le germe vivant dont il est issu.

e) Nature de l’antagonisme.

Ce phénomène s’effectue en deux phases :

— la première est un phénomène vital et préparatoire, qui consiste en une multiplication du staphylocoque actif. | |

— la deuxième est un phénomène diastasique et se traduit par l’action d’un principe actif, produit de la multiplication microbienne.

f) Le phénomène antagoniste dans les conditions naturelles.

Les conditions où ces germes antagonistes ont été isolés furent toujours celles de la concurrence microbienne. Les prélèvements chez les diphtériques ou les porteurs de germes ont permis de mettre en évidence, très souvent, ce germe particulier. D’ailleurs, l’association du staphylocoque avec le bacille de Lœffler a depuis longtemps retenu l'attention des cliniciens. Jugée par la plupart indifférente, par d'autres favorisante, aucune précision ne paraît avoir été apportée jusqu'à maintenant sur le rôle exact des staphylocoques. Les recherches de Gaté et Papacostas et celles

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