‹ Considérations sur le traitement de la diphthérie et des infections rhino-pharyngées chez les porteurs de bacilles de LoefflerChapitre 13 sur 16 · DANS · texte numérisé non relu

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de Ramon semblent avoir été dirigées dans le sens de l’exaltation ou de l’atténuation de la toxine sécrétée sous l'influence des staphylocoques. Par contre, les travaux de Duliscouët tendent à prouver que leur rôle n’est pas celui-là ; in vivo et in vitro les staphylocoques qu’il a isolé exercent leur action sur la végétabilité des bacilles diphtériques virulents ou en puissance de le devenir, exaltant dans un cas leur multiplication, dans un autre entraînant leur destruction.

Mais tous les staphylocoques ne produisent pas de tels effets. Le plus grand nombre des staphylocoques qui ont cohabité avec des bacilles diphtériques restent indifférents, quelques-uns seulement acquièrent spontanément cette propriété agressive qui, dans une première phase, exalte la végétabilité du bacille diphtérique et contribue de la sorte à sa fixation pour faire du malade un porteur de germes, et qui, dans une autre phase, quand la propriété antagoniste est bien établie, entraîne la disparition totale et définitive du bacille

diphtérique.

g) Conclusion.

De ce court exposé, il apparaît qu’il existe une maladie diphtérique bien caractérisée par ses phénomènes cliniques, phénomènes cliniques habituellement primaires. Il apparaît surtout qu’il existe une forte proportion d'infections rhino-pharyngées où le bacille de Loœffler découvert par les laboratoires ne présente vraisemblablement aucun caractère patho-

gène, il n'en est pas moins considéré comme tel par

la pratique courante et homologué par les services d'hygiène. En affirmation de notre allégation, nous demandons qu'un coup d’œil rétrospectif soit jeté sur les états épidémiologiques départementaux de ces der- nières années et sur des états antérieurs de 4o ans, pour nous convaincre que beaucoup de nos « diphtéries administratives et bactériologiques » n'étaient au temps de nos grand'mères que des angines banales

guérissant par des thérapeutiques très galéniques.

Traitement de la diphtérie.

Prophylaxie, Sérothérapie, Accidents de la sérothérapie.

Quelle était la thérapeutique de la diphtérie ét les résultats obtenus avant l'ère sérologique ?

On utilisait à la fois les mercuriaux, les révulsifs, les émissions sanguines, les vomitifs, Les expectorants, l'acide phénique et bien d’autres procédés thérapeutiques. Voici par exemple, la manière dont se comportait Trousseau en présence d’une diphtérie maligne :

« J’instituai immédiatement le traitement qui seul pouvait m'offrir quelques chances de succès. Je cautérisai vigoureusement les parties malades avec une solution de nitrate d’argent au 1/5, puis j'insufflai à l’aide d’un chalumeau de l’alun en poudre. Le soir et le lendemain matin, les cautérisations furent répétées | avec une solution saturée de sulfate de cuivre. Dans l'intervalle on répéta également, six à huit fois dans le courant de la journée, les insufflations alternative- ment avec l’alun et la poudre de tanin ». D’autre part, Trousseau insista pour donner des toniques à sa malade : du café, du quinquina. Le résultat fut le

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suivant : « la petite malade se refroidit comme se refroidissent les cholériques, elle avait de la tendance aux lipothymies ; le pouls était d’une excessive faiblesse et d’une extrême lenteur, mais la respiration restait libre... il y eut une amélioration trompeuse, l'enfant mourait empoisonnée par le venin diphtérique qui l’avait infectée. Elle mourait dans une syncope. ;

Autrefois la diphtérie répandait la terreur car la contagion semblait plus importante qu'aujourd’hui. À ce sujet « que de lamentables histoires... » disait Trousseau, en citant l'exemple de Valleix infecté par un de ses petits malades et celui du fils de son ami Blache.

Trousseau nous rappelle également l'histoire de cette fameuse épidémie de Sologne : « Lorsque j’arrivai en Sologne, je trouvai les médecins découragés à ce point que quelques-uns ne voulaient plus voir les malades affectés d’angine maligne, et les curés m'affirmaient que tous les individus qui en étaient atteints mouraient inévitablement. À ; 2rcilly-en- Villette, soixante-six personnes sur six cent cinquante habitants (plus du dixième de la population) avaient été emportés par le mal de gorge blanc : c’est ainsi que le curé de cette paroisse avait dénommé la maladie ».

Il fallut arriver à 1890, pour que Behring et Kitasato signalent l’existence d’antitoxines dans le sérum des animaux vaccinés contre la toxine diphtérique rendant ce sérum préventif et curatif de la maladie.

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Enfin, en septembre 1894. au Congrès de Budapest, Roux annonce que, avec la collaboration de Chaillou et Martin, il a mis au point un sérum anti-diphtérique. Le sombre tableau de cette terrible maladie allait enfin s’éclaircir : d’après Comby, la mortalité était avant le sérum d’au moins 50 %, actuelle-

ment elle n’atteindrait même pas 10 %.

Préparation du sérum antidiphtérique.

Ce sérum est obtenu par immunisation du cheval, soit par l’anatorine, soit par la toxine active ou l’anatoxine additionnée de tapioca (Ramon). La gravité de la diphtérie est surtout due ‘à l’empoisonnement de l'organisme : à cette maladie toxique, il faut un traitement par un sérum antitoxique. C’est le point de départ des travaux de Roux et de Behring.

Tous les bacilles diphtériques sécrètent le même poison, Ramon et Debré l’ont bien montré : une même antitoxine a les mêmes effets sur des toxines d'origines différentes.

Modes d'actions du sérum et ses propriétés.

Donc le sérum est antitoxique. Son activité est représentée par les propriétés suivantes : pouvoir anti-

toxique, pouvoir préventif et pouvoir curatif.

— le pouvoir antitoxique est la propriété que possède le sérum de neutraliser in vitro la toxine, de

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façon qu’un mélange dans les proportions voulues de sérum et de toxine est inoffensif pour le cobaye.

On peut chiffrer ce pouvoir en unités antitoxiques : l’Institut Pasteur délivre actuellement du sérum titrant 300, 500, 1.000 unités antitoxiques par centimètre cube, en ampoules de 10 cc. On peut mesurer ce pouvoir antitoxique par floculation, méthode due à Ramon, :

— le pouvoir préventif est mesuré par la quantité de sérum qui protège un cobaye contre une dose mortelle de toxine injectée douze heures après,

— le pouvoir curatif est exactement l'inverse : il correspond à la dose du sérum empêchant l’effet nocif d’une dose mortelle de toxine inoculée six heures auparavant.

D'autre part, on peut considérer ce sérum comme étant indirectement légèrement antimicrobien. Ce dernier pouvoir s'explique en effet parce que la prolifération locale des germes se fait moins facilement dans un tissu dont l’antitoxine empêche la mortification par la toxine.

Administration du sérum.

19 Préventivement :

On injecte par exemple 5 à 10 cc. de sérum antidiphtérique purifié à des sujets qui sont au contact de diphtériques avérés, surtout si l’on a affaire à des enfants. On obtient ainsi une immunité qui apparaît

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après vingt-quatre heures, mais qui ne persiste que pendant une quinzaine de jours. Aussi la meilleure méthode consistera à injecter l’anatoxine quelques minutes avant le sérum. Et on fera trois semaines plus tard une seconde injection d'anatoxine.

Ainsi on obtient une immunité rapide par le sérum

et tardive, mais persistante, par l’anatoxine.

20 Curativement :

On injecte le sérum par voie sous-cutanée, intramusculaire ou même intraveineuse. Les injections sous-cutanées et intramusculaires sont les plus fréquentes et la voie intraveineuse demeure l’exception.

Lereboullet avait dit « frapper vite, fort et longtemps ». a

— vite : c’est un point très important : une dose minima de sérum peut suflire à enrayer les accidents au début de la maladie ; une dose trop considérable devient inutile à une période avancée de la maladie. Roux disait : « le sérum agit comme l’eau dans un incendie ; il empêche l'extension du mal, mais il ne répare pas les dégâts ».

Pour Lereboullet, la sérothérapie doit être pratiquée dès le diagnostic porté et souvent sans alltendre le résulial de l'examen bactériologique.

— fort: à l'heure actuelle, il est pratiqué des injections très fortes, Il semblerait préférable d'employer des doses moyennes, mais ces doses sont variables suivant les auteurs.

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Debré, Ramon et Bernard préconisent par exemple, pour un enfant de trois ans, une injection unique de 20.000 unités antitoxiques, soit 7o cc. de sérum titrant 300 unités par cc., pour un adolescent

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