‹ Considérations Sur Le Traitement Des Fractures De JambeChapitre 11 sur 14 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

(Loc. cit.)

Cordier (Jacques), charretier, âgé de 46 ans, entre à l'hôpital Cochin le 1€ octobre 1879, salle Saint-Jacques, lit n° 21.

Dans la nuit qui a précédé son entrée à l'hôpital, il a eu les deux jambes écrasées par les roues de sa voiture. Au niveau du tiers moyen, aux deux jambes, on constate les signes d’une fracture comminutive des deux os compliquée de plaie. C'est au membre du côté gauche que les lésions sont les plus marquées. Le pied est tourné en dehors, le fragment supérieur fait saillie à travers une plaie d’environ 5 centimètres de largeur. Les chairs sont labourées et l’on constate de nombreuses esquilles.

M. Després résèque le fragment supérieur du tibia ét extrait six esquilles dont l’une est longue de 4 centimètres, puis il applique aux deux jambes le pansement par occlusion et l’attelle plâtrée.

L'appareil est laissé quarante jours en place au côté droit, cinquante au côté gauche.

Le 5 janvier 1880, ie malade peut soulever sa jambe; la consolidation.est en bonne voie.

Le 20 janvier. On peut faire lever le blessé et l’asseoir sur un fauteuil.

Le 5 février. Aux deux membres, l’appareil plâtré est remplacé par un bandage silicaté et, le 10 décembre, le blessé se promène avec des béquilles. ,

Au 28 janvier 1880, ï était déjà 5 sorti dix esquilles. Pas de déformation du côté droit; à gauche, on constate une légère incurvation en dedans. Le cal est assez solide, mais pas suffisamment pour permettre au malade la station debout sans appui; au point où l’on a extrait de volumineuses esquilles lors de l’entrée du blessé à PEôpital, la jambe offre une sensible dépression, Bien qu'il resie quelques plaies bourgeonnantes donnant passage à du pus et à des fragments d'os nécrosés, l'état général est des plus satisfaisants.

DR

OBSERVATION VII, (Loc. cit.)

Fracture commimutive et compliquée de la jambe droit au tiers inférieur.

Potier (Julien), marchand des quatre-saisons, âgé de 60 ans, entre à l'hôpital Cochin, salle Saint-Jean, lit n° 10, le 25 janvier 1880.

La veille de son entrée à l'hôpital, dans la soirée, il a reçu un coup de pied de cheval à la partie moyenne de la jambe droite. Une plaie arrondie, large de 2 centimètres siégeant au tiers inférieur et à la région antéro-interne de la jambe communique avec une fracture oblique et comminutive du tibia; il en sort beaucoup de sang. Quant au péroné, il est fracturé à 5 centimètres au-dessus de la malléole externe; c'est une fracture comminutive, sans plaie, mais avec saillie du fragment supérieur. Il n’y a pas eu de déplacement du pied,

Occlusion par des bandeiettes de diachylon; attelle plâtrée.

Le 27 janvier au soir, le thermomètre donne une température axillaire de 37,8. 6

Rien à signaler les jours suivants; le malade, qui peut se remuer un peu dans son lit, ne se plaint pas. La rapide diminution de volume du membre fracturé oblige à resserrer les courroies élastiques presque tous les jours.

26 janvier. T. A. s. 39. Au commencement de février, la température revient à la normale.

26 février. On enlève l’appareil et on constate la présence de deux plaies; l’ancienne est située à la partie interne, l'autre à la région externe a été produite depuis par le péroné qui a perforé la peau. Elles sont recouvertes de bourgeons charnus et la cicatrisation paraît en bonne voie, La partie inférieure de la jambe est légèrement incurvée en dedans, Le cal est solide; on S'en assure en soulevant tout d'une pièce, au-dessus du lit, le membre soutenu par le talon seulement,

L'état général est excellent, et, pour conduire le malade à guérison complète, on continue le même traitement: bandelettes de diachylon et attelle plâtrée. :

Page 1