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‘d'une manière efficacela jambe diminuée de volume. Les courroies élastiques munies de boucles, employées par Morel-Lavallée pour maïntenir les membres fracturés dans des gouttières et appliquées pour la première fois par M. Després À l'appareil de Maisonneuve, le modifient d’une façon excellente en substituant un lien susceptible dedistension à un lac rigide etinextensible. Elles exercent sur le membre une compression efficace, on peut les resserrer tous les jours et appliquer les attelles très exactement sur la jambe sans lui imprimer le moindre mouvement, et ce qui a bien son importance, sans occasionner de douleur au malade.
Pour éviter que les courroies ne pressent trop sur la peau, on y place üne compresse de tissu un peu fin, ou bien, surtout s’il s’agit d’une fracture compliquée, on nterpose un peu d’ouate dansles points où la bande plätrée pourrait exercer une compression nuisible.
Le moule rigide que forme la bande plâtrée”enclave si bien le membre, que les malades peuvent, sans souffrir, “faire des mouvements, se retourner dans leur lit aussitôt
après l’application de l'appareil. Il laisse À découvert une
grande partie de la jambe, permet au chirurgien de voir ce quise passe, de pratiquer tel pansement qu'il lui plaira sans que la solidité de l’appareil y perde rien. Les attelles plâtrées n’ont pas seulement l'avantage de permettre une surveillance facile d’un metubre qui est susceptible de se
gangréner, il en prévient la mortification en s’opposant
à la compression des vaisseaux dans toute leur étendue. Il n’est point d'appareil, nous ne craignons pas de ledire, qui laisse à nu une aussi grande surface, tout en assurant une immobilisation parfaite. | Qu’arive-t-il, si on enclave le membre dans un dé ces
SES appareils enveloppants qui interdisent toute surveillance au chirurgien? ,Une conformation vicieuse, puis des fusées purulentes, des eschares, au grand préjudice du malade. Les fenêtres que l’on pratique aux appareils inamovibles ordinaires sont ok, de mettre à l’abri de ces complications ; M. Legouest dit avoir vu les téguments faire hernie sous forme d’une tumeur rouge et fongueuse à travers les ouvertures pratiquées dans des appareils enveloppants. Les bons résultats que l’on a retirés de l’application de l’appareil de M. Maisonneuve dâns les cas graves rapportés dans nos observations sont les meilleures démonstrations que l’on puisse donner de son efficacité. Dans tousles cas où lerésultat a été pleinement satisfaisant, on a eu soin de maintenir la fracture bien exactement réduite pendant tout le temps qu'a duré la dessiccation de l’appareil. Les lacs élastiques, médiocrement serrés dans les premiers jours, ont été resserrés progressivement dans la suite, le degré de gonflement du membre limitant la constriction à exercer. C’est surtout à partir de la première semaine qu’il est nécessaire de ” resserrer les courroies en proportion de la diminution du volume de la jambe; c'est là une affaire de tact et on pourra se guider sur les indications du malade, qui saura bien dire lui-même qu’il se sent moins soutenu au cas où l’appareil vient à se relâcher.
I] arrive quelquefois que le gonflement est considérable au moment où l’on applique le premier appareil, et, quand il a disparu, la contention, sans cesser d’être suffisante, n’est peut-être plus aussi exacte. On y remédiera en appliquant un second appareil au huitième jour, bien qu’un seul puisse suffire à la rigueur pendant toute la durée du traitement, c’est-à-dire, soixante-dix joursenviron.
22 = S'il survient une complication, un érysipèle, une sup= puration, ce ne sera pas à l’insu du chirurgien ; il suffira ‘de relâcher les liens et l'appareil, moulé sur le membre, : tiendra seul. Aux points où 1l comprime les téguments, on rembourrera, avec du coton pour éviter les eschares
et, grâce à la grande surface que les attelles laissent à découvert, il sera facile d'appliquer tel traitement local
que l’on jugera convenable. Il peut aussi se produire des esquilles ; dans la majoritédes cas, on n’aura pas de difficultés à les extraire sans toucher à l'appareil, et si, par hasard, ce dernier devient gênant, on se bornera à faire
maintenir les deux attelles un peu écartées du membre
tout le temps que CU l'opération, sauf à les rapprocher ensuite, é © Tout en maintenant aussi bien qu’un autre appareil les fragments remis en place, et en assurant une bonne conformation du membre, l’attelle plâtrée n’immobilise ni le genou, ni le cou-de-pied, et c’est là un avantage précieux; le malade gagne ainsi tout un grand mois de convalescence qui serait employé à la récupération des mouvements dans ces deux articulations. C'est encore une qualité de l’appareil, appliqué aux vieillards, que de leur permettre quelques mouvements dans leur lit, car on sait combien sont fréquentes lés pneumonies hypostatiques chez les hommes d'un âge avancé que l’on
condamne au décubitus dorsal prolongé. On ne craint
pas non plus les eschares au talon, sicommunes quand on
emploie les gouttières, etla faculté dont jouissent les
malades de pouvoir se coucher sur le côté au lieu de res-
ter de longues semaines étendus sur le dos, leur procure de
un bien-être inappréciable. Nous avons souvent demandé
èdes malades auxquels on venait d'appliquer l’attelle