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II.— DES CLIMATS DE PLAINE.—STATIONS MINÉRALES

Les climats de plaine sont à une pression barométrique moyenne

ou peu inférieure à la moyenne. Ils ont une influence sédative cal-

mante. Toutes les stations montueuses ou non, dont l'altitude est inférieure à 400 mètres, sont comprises dans cette catégorie.

Ces stations sont d'autant plus favorables que la température y est sujette à de moins fories oscillations. Elles conviennent à toutes les formes de phtisie, aux formes que contre-indiquent absolument les climats d'altitude. Les phtisiques lébriles, ceux qui sont sujets à des poussées aiguës de bronchite, de congestion, s’y trouvent principalement bien. Ces stations conviennent encore à ceux qui sont atteints de phtisie fibreuse et d'emphysème, de phtisie laryngée, de tuberculose intestinale ou génito-urinaire. Ceux qui sont à la période de ramollissement ; ceux qui ont des lésions pulmonaires très étendues, ou ceux enfin qui sont dans la période consomptive confirmée, peuvent trouver du soulagement à leurs souffrances dans des stations particulières, basses: ils peuvent voir même la consomption s'arrêter, retrocéder et le malade revenir à une santé relative.

Il importe peu que la station choisie soit au bord de la mer. La station maritime vaut surtout par la pureté de latmosphère : on peut trouver cette pureté dans l'intérieur des terres. Il ÿ a cependant des

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petites différences desquelles nous reparlerons, entre les climats maritimes et terrestres.

Les stations du Midi ont leur indication dans la saison d'hiver. Ce qui fait la nécessité pour le tuberculeux de s’expatrier en cette saison, c'est que, la plupart du temps, dans le Centre ou le Nord de l'Europe, ilest obligé de passer l’hiver sans sortir. C’est pour lui une très mauvaise condition hygiénique, puisqu'il ne respire plus un air pur et que son appétit se ressent de l’inaction où il est. Dans le Midi, il a une nature gaie, verdoyante, en même temps que la lumière et la chaleur du soleil, sous un ciel généralement bleu, dépourvu de nuages. Il peut se promener, se distraire. La contemplation de la mer avec son va-et-vient continuel, avec les mille incidents insignifiants qui s'y déroulent, offrent sans cesse de nouvelles distractions. Le malade est entouré d’une atmosphère douce, fraîche, calme, son esprit devient gai, son corps plus alerte, plus dispos, sa nutrition est excitée, il prend ses repas avec plaisir.

L’atmosphère maritime diffère quelque peu dans sa composition de l’air continental. Elle est pure en général, nettoyée plus librement par les vents, elle contient peu de poussières animales et végétales, elle est plus riche en ozone, plus humide, plus chargée de molécules salines, comme le prouvent cette poussière qui parfois effleurit à la surface de la peau, et cette saveur aigrelette que perçoit la langue passée sur les lèvres, lorsqu'on a séjourné quelque temps sur le rivage.

L’atmosphère maritime produit des effets physiologiques assez énergiques : phénomènes d’excitation générale caractérisés par l’augmentation de la respiration, l'accélération du pouls, l'élévation de la température du corps, l’exaltation des fonctions digestives et du système nerveux, enfin une augmentation des diverses sécrétions. L'air maritime semble avoir une action anticatarrhale sur la muqueüse bronchique, en même temps qu'il agit comme reconstituant et antiseptique en raison des substances chloro et iodobromées qu’il contient. Les bords de la mer attireront le phtisique, à moins de diathèses contraires.

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Les phtisiques qui ont pour complications de leur affection une maladie du cœur, du foie, les herpétiques, les goulteux, les rhumatisants, tous ceux qui sont menacés de congestion, doivent s'éloigner du bord de la mer.

On peut diviser les climats de plaine en climats stimulants, avec un air sec et vent fréquent, mais non violent, tels que ceux de Mustapha, d’Ajaccio, de Nice, de Cannes, d'Hyères, de Palerme, de Génes. Ces stations doivent recevoir des malades à tempérament scrofuleux, lymphatique ; ceux dont la maladie a une marche lente, en quelque sorte torpide.

En climats calmants, avec un air plus ou moins humide exerçant une action sédative sur l'économie, comme celui de Menton, de San Remo, de Bordighiera, de Pau, de Venise, de Pise, de Madère. Là devront se rendre les malades nerveux, surexcitables, qui ont des hémoptysies faciles.

L'ile de Wight et les stations de la Manche sont calmantes et fraiches. Elles conviennent aux formes catarrhales avancées. Il en est de même d'Arcachon.

Ceux qui recherchent des propriétés tempérées et sédatives, tout en désirant profiter ‘de l'air marin, peuvent vivre sur les coteaux éloignés de quelques kilomètres de la mer, faisant face au sud dans la Méditerranée et à l’ouest sur l'Océan.

Les climats secs el chauds, comme Biskra, déterminent une activité plus grande des exhalaisons pulmonaires et cutanées, ralentissement de la respiration, production moindre de chaleur animale et par suite d'acide carbonique. Il existe de plus une augmentation de la sueur et une diminution de l'urine, de la salive et des sucs gastrique et pancréatique. Il en résulte de l’apathie, une difficulté toute particulière à se mouvoir. Les fonctions digestives sont ralenties, l’appétit doit être excité par des mets épicés, des condiments de toute nature. On est porté à boire beaucoup. Ces régions ne conviennent que l'hiver et qu'aux phtisiques déjà acclimatés.

Pour indiquer une station hivernale à un malade, il ne faut pas

ES . # g D tenir grand compte des moyennes de température que donne lAn-

nuäire des Bureaux des longitudes. On cite Singapour comme ayant une température moyenne, constante, à 22° toute l'année. C’est une

ville située entre les tropiques: le jour on y trouve des maxima de

température de 45°, et la nuit, c’est-à-dire douze heures après, on y trouve des minima de 5° à 8 au plus. Nous prenons cette ville pour exemple.

Les vents influencent beaucoup un climat. Ainsi, la saison hivernale dans le nord de l'Afrique ne durera pas plus de quatre ou cinq mois. Dès que les vents chauds du sud viennent à dominer les vents humides, froids de l’ouest ou du nord-est, la température devient torride. À la fin avril, au plus tard, le phtisique doit regagner les côtes de l'Europe.

On ne citera jamais Constantinople el la Corne-d'Or comme station hivernale, malgré sa latitude moyenne et la belle disposition des lieux. La région fait face à l'orient. Le bath ou vent des steppes venant du nord-est de la Sibérie y souffle chaque jour. L'été, ce vent arrive humide et chaud; l'hiver, il est sec et glacial. Il n’y a pas de contre-courant atmosphérique suffisant venant du sud qui influence et neutralise l’action du bath. Ê

A côté des climats de plaine, nous placerons les stafions minérales que l'on recommande au phtisique plutôt comme station climatérique d'été que pour l’action curatrice des eaux. Elles ont l'avantage de changer le milieu. Ces stations peuvent être utiles ou nuisibles suivant les indications, suivant les individus.

D'une façon générale, la phase de consomption ultime exclut l’emploi des eaux minérales. Les indications dans les autres cas doivent être tirées du caractère primitif ou secondaire de la tuberculose et du mode de réaction du malade. Les eaux minérales ne sont toujours que des agents secondaires du traitement. Elles peuvent agir sur les diathèses qui ont provoqué le développement de la phtisie.

On recommande les eaux alcalines, et surtout les eaux thermales sulfureuses et arsenicales. Le malade atteint de phtisie commen-

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