‹ Considérations Sur Le Traitement Général De La Phthisie PulmonaireChapitre 20 sur 27 · I — DE LA NUTRITION · texte numérisé non relu

I — DE LA NUTRITION

La consomption chez les phtisiques provient de grandes pertes de substance organique, non compensées par une assimilation suffisante des aliments ingérés. Il importe au plus haut point de rétablir cet équilibre. « Entourez de soins pieux les fonctions de l'estomac du tuberculeux. Dans la conservation de ces fonctions réside la seule chance de salut », disait Peter, désabusé par l’inefficacité des divers agents thérapeutiques.

L'intoxication tuberculeuse produit l'inertie gastrique et l’insuffisance de la sécrétion chloro-peptique. Sous la dépendance de ces deux causes, paraissent les troubles de l’appétit, la lenteur des digestions, la production de gaz et d’acides de fermentation, la douleur gastrique. Il en résulte de la diarrhée ou de la constipation par périodes.

L'irritabilité du nerf pneumogastrique provoquera la toux gastrique et le vomissement après les repas.

L'analyse des urines indique‘une désassimilation excessive au début de la consomption. On constate surtout que les chlorures et les phosphates sont éliminés en grande quantité, ce que l’on constate de même dans les crachats. Il y à aussi superproduction d’acide urique. A la déchéance terminale de l’organisme, les chlorures, les phosphates, l’urée, diminuent progressivement.

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Il faut d'abord combattre les symptômes morbides qui entretiennent cette débilité progressive, c'est-à-dire la fièvre, la diarrhée, l'expectoration, ete. On doit tout faire ensuite pour exciter la nutrition et compenser les pertes subies par l'organisme. Il faut nourrir les phtisiques : on leur donne des analeptiques, c'est-à-dire des aliments qui, sous un petit volume, contiennent une grande somme de matériaux assimilables par la digestion, et qui, par suite, sont doués d'une puissance restauratrice énergique. Un axiome admis de tout le monde est celui-ci : l'homme vit de ce qu'il digère et non de ce qu'il mange. La digestibilité d’un aliment est sa propriété de fournir à l’économie la plus forte somme d'éléments réparateurs avec le moins de travail possible.

On a reconnu que les substances alimentaires les plus animalisées sont celles qui nourrissent davantage. De leur alibilité, il ne s’ensuit pas qu’elles sont plus promptement digérées. Au contraire, le travail de la digestion est d'autant plus long et plus pénible que, sous un volame donné, l'aliment contient plus de matériaux nutritifs. Les aliments ne sortent pas du tube digestif dans l’ordre suivant lequel ils ont été introduits. Ce ne sont pas ceux qui sont les plus altérés qui en sortent les premiers : ce sont ceux qui, contenant peu de matériaux alimentaires, sont réfractaires aux forces digestives.

Sont considérés comme digestibles, les liquides alimentaires, les substances demi-consistantes ou aqueuses : corpora non agunl nisi soluta. Sont considérés comme indigestes, les aliments concentrés, très gras ou compacts, comme la pâtisserie anglaise, les œufs durs, cerlains fromages.

L’assimilation est souvent indépendante de la digestion gastrique : elle se fait en grande partie dans l'intestin grêle. Les aliments les plus complètement assimilés sont la viande, les œufs non cuits, le fromage frais; chez les enfants, le lait. Les hydrates de carbone qui comprennent surtout les aliments gras, huiles et graisses animales et végétales, les aliments sucrés, s'assimilent bien en général.

Aux végétaux, on demande plutôt les hydrocarbures que l'azote que donnent en plus grande quantité les produits animaux.

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