‹ Considérations Sur Le Traitement Général De La Phthisie PulmonaireChapitre 21 sur 27 · PM QE · texte numérisé non relu

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On a remarqué en outre que la digestibilité est plus faible si l'aliment a moins de cohésion. Aussi les viandes d’ animaux jeunes et adultes sont-elles mieux utilisées que celles des animaax âgés ou surmenés. Le poulet et les viandes blanches sont plus digestibles que celles du porc et les viandes grasses noires. La viande est plus digestible que les légumes, surtout les légumes crus, verts, qui arrivent dans l’estomac dans un état insuffisant de division. Le pain rassis est plus digestible que le pain frais, surtout que le pain chaud.

La surcharge alimentaire est un obstacle à l'évacuation du chyme vers l'intestin. Le ventricule gastrique est transformé peu à peu en une poche inerte, incapable des mouvements péristaltiques indispensables à la malaxation et à la progression du contenu stomacal. Elle aboutit à la dyspepsie et à l’anorexie, états qu'il faut éviter. Le gavage est un procédé dangereux qui d’ailleurs, aujourd’hui, est délaissé même par ses préconisateurs. Ce n’est pas impunément qu’on suppri-

mait la mastication, l’insalivation et certaines fonctions physiologi-

ques de la nutrition : l'estomac n’est pas une cornue de chimiste.

En résumé, dit G. Sée, doivent être considérés comme les plus nourrissants, les aliments qui, par rapport à leur poids et à leur volume, fournissent la plus grande quantité de principes nutritifs, qui, de plus, sont supportés par l'estomac en quantité marquée sans provoquer trop promptement le sentiment de satiété.

Si l'appétit est conservé, on peut s’en rapporter aux malades pour le choix des aliments ; les meilleurs sont ceux qu’il digérera le mieux. Dans ce cas, il serait dangereux de lui ordonner des médicaments qui peuvent irriter et fatiguer l'estomac. C’est pour cette raison qu'on a conseillé l'administration de la créosote en lavement, ou qu'on emploie la voie hypodermique pour d’autres remèdes.

Si, au contraire, comme il arrive fréquemment, l’appétit est diminué ou nul, il faut le rappeler par des préparations diverses. Lorsque le manque d'appétit est causé par la dyspepsie commune, en donne, avant les repas, un verre d’eau de Vichy qui provoque l'excrétion plus abondante du suc gastrique. Si le malade à du pyrosis, accuse

des renvois aigres après ses repas, il prend, au commencement des repas, des poudres absorbant les gaz, telles que la craie préparée, la magnésie calcinée, le phosphate de chaux, jointes ou non à des antiseptiques intestinaux (benzonaphtol ou salol). Sices moyens échouent, on pratique le lavage de l’estomac avec le tube de Faucher et de l’eau alcalinisée tiède.

L'anorexie provient souvent de l'atonie gastrique, du défaut de réaction générale. Le malade se trouvera bien alors de prendre, après le repas, des boissons chaudes aromatiques, qui sont d'excellents stimulants gastriques, telles que les infusions de thé, d’anis, de tilleul — le vin sucré chaud ou du punch chaud — ou un petit verre de curaçao, d’anisette, d’élixir de Garus.

Les amers, au commencement du repas, relèvent le goût et tonifient l’estomac ; l’état des voies digestives en indiquera l’usage. Les macérations de quinquina jaune, de rhubarbe, de quassia, de gentiane ; quelques gouttes amères de Baumé dans de l’eau sucrée; l’infusion de houblon, de centaurée, seront préférés, avec raison, aux amers alcoolisés, bitter, vermouth, absinthe, picon, etc. Ce qui explique la vogue de ces derniers, c’est une sorte d'irritation que détermine au contact de la muqueuse gastrique lPalcool concentré en dilution. Les soi-disants apéritifs diminuent bientôt l'appétit.

Dans le même but de stimulation gastrique, sont admis les condiments dans l'intervalle des services ou dans les mets. Ces substances salées et aromatiques excitent la sensibilité et la motilité de l’estomac; elles agissent secondairement sur les glandes gastro-intestinales.

On n’a recours aux médicaments gastriques, alcalins ou amers, que par intermittences. On cesse l’emploi dès que la fonction digestive est rétablie. Il faut, en outre, varier les moyens, les procédés de stimulation. Le meilleur stimulant de l’appétit est souvent le travail physique au grand air. L’ennui qu’engendre le repos alanguit toutes les fonctions. La gymnastique avant le repas, l’exercice modéré, la promenade à pied au grand air, après le repas, facilitent la digestion.

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