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humaine. Ceux d'entre eux que l'Homme s’est assujettis , sont accessibles comme lui à l’'émulation et à la jalousie. Ils ont aussi une espèce de langage d'eux seuls connu, 1ls s’habituent même à entendre le langage de l'Homme , mais ils ne comprennent bien que celui des passions; c'est celui de tous les Animaux et de tous les peuples, c’est le langage de la nature. |
Les Animaux d’un ordre supérieur ressemblent beaucoup à l'Homme encore enfant; mais ils vivent et meurent enfans. Leurs organes se développent , tandis que leurs facultés sont stationnaires.
L'Homme se distingue du reste des Animaux par Supériorité de
le juste équilibre de ses sens ; par la configuration lb de sa main et la structure de ses membres, par le mode d’articulation de sa tête et le volume de son cerveau , mais surtout par la sagacité de son esprit et la profondeur de son intelligence. Il jouit de l'inappréciable faculté d'exprimer sa pensée par la parole. Il ne se contente point de sentir à la manière des Animaux, il réfléchit sur ses sensations ; il] raisonne, il abstrait , il généralise ; 1l apprécie les effets et recherche les causes ; 1l discerne le bien du mal, et du vice la vertu : il espère, il se répent, il se rappelle , il imagine et il invente ce qu'il désespère de découvrir; 1l observe le réel, conçoit le vraisemblable, et doute du surnaturel.
l'el est l'Homme au physique et au moral: il use en souverain de tout l'univers qu'il croit fait
pour lui, et n'a de maîtres que ses passions ct ses 2*
Complication des fonctions.
(20) semblables ; il commande à tous les Animaux qu'il peut apprivoiser par la ruse ou soumettre par la force ; mais il obéit, avec toute la nature , aux décrets éternels du créateur.
Constamment perfectionner ce que faisaient ses ancêtres , telle est la tendance de l'Homme; conserver les traditions des espèces sauvées du déluge , voilà le caractère des Animaux. Ils rachètent la défaveur de ne rien perfectionner par le précieux avautage de ne rien détruire. Si l’Abeille de nos jours n’ajoute aucun angle à la cellule que bâtissait la première Abeille , elle sait du moins conserver l'intégrité de sa forme. Toujours les mêmes actions et la même industrie , toujours le même ordre et la même méthode.
Dans cette exposition de l'organisation et des fonctions , nous avons parcouru tous les degrés de l’animalité : nous avons vu le Polype n'avoir qu’un tissu, qu'un sens , qu'une fonction, qu'une obscure faculté , celle d'être un peu irritable : voilà le dernier degré de simplicité dont l'organisation animale soit susceptible. Mais chacune des fonctions et des facultés a aussi son terme de perfection possible. La nutrition peut aller jusqu'à unir un cœur et des organes respiratoires à un estomac. Un cerveau unique, où aboutissent des nerfs et cinq sens différens , forme le plus haut degré de perfection pour les fonctions relatives; comme un placenta et des mamelles pour la génération ; comme la réflexion , la raison et la sagesse pour les facultés in-
tellectuelles. Ainsi la nutrition est à son apogée dès les Crustacés et les Mollusques ; les sensations dans les Oiseaux , et la génération dans les seuls Vivipares : mais, pour trouver le plus haut degré de l’intelligence , il faut remonter jusqu'à l'Homme , chez lequel les autres perfections se trouvent également réunies. Il suit de-là que la génération et l'intelligence se développent long-temps après la nutriuon. Il en est de même pour chaque Animal en particulier ; les organes génitaux sont les derniers formés des organes. C’est comme les fleurs à l'égard des Plantes : il semble que la nature ne s'occupe de l'espèce qu'après avoir achevé l'individu.
La condition Ja plus essentielle de l'organisation , cest que toutes les parties, simples ou compliquées , soient coordonnées de manière à rendre possible l'existence de l'Être total. Sous ce rapport, tout Animal est parfait, l'Infusoire aussi bien que l'Homme ; car tous ont précisement ce qu'il leur faut d'organes pour jouir de la vie qui leur a éte départie.
On a contume d'accorder aux nerfs une prééminence absolue sur le reste des organes. On convient, il est vrai, que l'on ne sent que parce qu'on se nourrit; mais On ajoute que l'on ne se nourrit que parce que l'on sent , et qu'il existe entre la sensibilité et la nutrition une parfaite réciprocité d'influence. Cependant on voit les Animaux se simphifier jusqu'a n'avoir plus de nerfs , jamais jusqu’à n'avoir plus d'estomac mi de tube digestif, preuve
Condition essen tielle de la vie.
Prééminence des organes.
dé
Enchaînement des fonctions.
(22 ) évidente que le rôle de ces derniers est essentiel et indépendant , preuve que le rôle des autres est subalterne et servile. Otez l'intestin et l'estomac , il ne reste plus que des organes inanimés, toute existence devient impossible ; retranchez au contraire les nerfs, les muscles et leurs dépendances, il reste encore la base de l'édifice animal , et la vie continue et persiste. À la vérité l’Animal se réduit alors à la simple nutrition , il ne fait plus, pour ainsi dire, que végéter ; mais enfin végéter c’est encore vivre.
Se nourrir est donc la base de la vie, mais sentir est la vie par excellence : si c’est par la nutrition qu'elle s’entretient, c’est par le sentiment et le mouvement qu'elle se décele.
Tout s’enchaine , tout cancourt, tout conspire dans les fonctions pour former la vie, comme dans les organes pour composer les corps vivans. Un estomac et des sexes séparés , la digestion et l’accouplement , nécessistent des nerfs et des muscles, du sentiment et du mouvement. $Se nourrir, engendrer, sentir et se mouvoir, tout cela marche ensemble : la sensibilité est liée à la nutrition par la faim , comme à la génération par l'amour. Il en est ainsi de toutes les fonctions principales; voilà
pourquoi chacune d'elles a son sens propre : la di-
gestion a le sens du goût ; la vue est celui des mouvemens ; le toucherest le sens général, c'est le sens commun, c'est celui de l'existence : l’ouïe est le sens de la voix , comme l'odorat est le sens de la respiration. On ne voit pas d’abord quels rapports il peut