‹ Considérations sur les anomalies des dents humainesChapitre 15 sur 18 · CONCLUSIONS. — DES DÉVIATIONS SIMPLES · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS. — DES DÉVIATIONS SIMPLES

Des déviations que nous venons de décrire, nous remarquons ceci : 1° les canines sont les dents qui se dévient le plus; 2° la conséquence de ces déviations est de congestionner les parties molles; 3° de rendre l’arcade dentaire irrégulière; 4° de détériorer le tissu osseux.

B. Déplacement complet . — Dans ce cas, la dent occupe la position la plus variée : tantôt elle apparaît à l’extérieur, à la voûte palatine, sur la face interne et externe des mâchoires, même à la joue, comme dans le cas noté par Tomes, la dent de sagesse inférieure droite ayant percé la peau près de l’angle de la mâchoire. Tantôt la dent reste cachée dans l’épaisseur du squelette, dans l’antre d’Hygmore, dans l’apophyse montante du maxillaire supérieur (canines), dans la voûte palatine, dans l’apophyse coronoïde et la branche montante du maxillaire inférieur (dents de sagesse). Les dents ainsi inclinées peuvent être normalement dirigées. Le plus souvent elles sont en même temps déviées, tantôt simplement inclinées; dans d’autres cas elles sont horizontales ou même complètement sens dessus dessous. Mais ce qui

doit nous occuper, surtout comme déplacement complet, est sans contredit la déviation de la dent de sagesse, car c’est elle qui dans ce genre présente le plus d’anomalies.

Dans certains cas, la dent de sagesse est arrêtée dans l’épaisseur de la mâchoire, soit par la direction ou la position vicieuse de son germe, soit par la brièveté trop grande du bord alvéolaire. Dans d’autres cas, la dent de sagesse, au lieu de sortir suivant une ligne à peu près verticale, sort très-obliquement et presque transversalement, de manière à diriger sa couronne vers la langue ou vers la joue. Voici deux faits rapportés par M. Toirac. Dans le premier cas, il est question d’un homme de quarante ans sur lequel la dent de sagesse gauche avait poussé de dehors en dedans, et causait un ulcère de la base de la langue que l’on considérait comme syphilitique. Dans le second cas, il s’agit d’une demoiselle de vingt-neuf ans chez laquelle une ulcération de la face interne de la joue droite était entretenue par la couronne cariée de la dent de sagesse, qui avait poussé de dedans en dehors ; l’avulsion put être faite, et l’ulcération ne tarda pas non plus à guérir.

Les accidents de dents de sagesse ont déjà donné lieu à de nombreuses monographies qui ont créé un des chapitres les plus intéressants de la pathologie chirurgicale.

De toutes ces observations, la plus importante est celle de M. Magitot. Nous ne devons pas négliger d’en parler ici ; elle servira, du reste, à tirer conclusion de ce chapitre.

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