LAON
lobulation, d’ailleurs fort restreinte, à laquelle Jauteur paraît attacher une graude importance, j'estime qu’une telle disposition est absolument insuffisante pour expliquer l'anomalie, car pour l’expliquer, il faudrait qu’elle ait pu là créer, ce qui est matériellement impossible. L'observation de Griffon m'apparaît donc simplement comme confirmant un fait déjà connu et souvent constaté, à savoir le renversement sur la face convexe, autour du bord tranchant comme charnière, d’une vésicule dilatée. Ce mécanisme s'applique aisément au cas considéré : lithiase, formation d’un calcul dans la région du col, distension du réservoir, puis, sous une influence que l’on ignore, refoulement par la masse intestinale de cet organe qui, appuyant sur un parenchyme essentiellement malléable, y imprime son empreinte (f).
Les deux cas que je possède et dont on lira plus loin la relation détaillée (V. Obs XXXVI et XXXVII) me paraissent donner de ce que j’appellerai lectopie antéro-supérieure de la vésicule une démonstration absolue, d'autant plus que l’un d’entre eux (Obs. XXXVI) constitue une sorte de lien, de trait d'union entre la disposition normale et le déplacement total. Leur caractère nettement congénital n’a même pas besoin d'être démontré. Dans la première observation, le fond seul et une petite partie du
(1) Le mésocyste, qui rappelle la disposition observée chez le lapin, est très rare chez l’homme. Je ne le trouve mentionné qu’une seule fois sur mes 200 observations ; il apparaît alors comme une cloison péritonéale placée de champ, sous forme de triangle à base antérieure et dont le sommet se trouve plus ou
moins éloigné du bord tranchant,
ET à. PT, L
ISVÉDES
Corps font saillie sur la face convexe, contre laquelle
ils sont appliqués par la séreuse péritonéale ; dans
la seconde tout le corps apparait allongé sur 16% parenchyme hépatique. Le col seul occupant ia place réservée d'ordinaire au fond (l échancrure cholécys- : tique) n’est pas appuyé sur la face supérieure : 12H placé sur le bord antérieur. Une disposition LOULE Ve spéciale du canal: cystique résulte de la situation particulière de la vésicule.’
Dérces considérations, ethdehld lecture des deux observations que de. présente pour les appuyer, me semblent devoir résulter les conclusions suivantes : 1° 11 y a lieu d'admettre une anomalie spéciale de la vésicule biliaire, et accessoirement du conduit cystique :c’est l’ectopie antéro-supérieure. Re Cette anomalie est intimément liée à celle qui est connue sous le nom de foie multilobé.
Les malformations et ectopies des voies biliaires qui accompagnent celles de la glande hépatique ne sont pas susceptibles d’une description touchant À leurs caractères généraux. Il suffit de jeter les yeux sur les observations : XXXV (ISirmisson) XXVI (Morestin) et XXXIV (Longuet) pour être convaincu qu'une pareille tentative serait illusoire : ;les trois faits ne pouvant non seulement pas être comparés, mais 1 encore n “offrant aucun lien commun.
H° GROUPE Anomalies des voies biliaires sur le foir d'ailleurs normal HN
Cette ee comprend un. nombre assez considé= rable de malformations des voies biliaires. L’anato-
miste y trouve desfaits souvent très curieux, toujours
très intéressants; c'est celle dont la connaissance im-
porte le plus au chirurgien, qui est appelé dans quelques cas à les rencontrer sous sa main. Une distinction préalable doit être établie dans la série des anomar lies, selon que les canaux excréteurs sont ou non en ectopie.
SI. — Les voies biliaires ont conservé leur situation normale
Chacune des trois catégories : modification par
réduction, augmentation et changement de forme
est représentée par des exemples très démonstratifs. y , . . , LU Variété. Modification par réduction.
La réduction de l'appareil excréteur extra-hépa-
tique consiste évidemment dans l’absence d’un ou
de plusieurs de ses segmgnts. L'absence totale des conduits biliaires n’est Re que par Porak (t) chez un nouveau-né. Pozzi @) en a publié un autre, cas, mais chez un fœtus présentant une hernie diaphragmatique, et ne l’oublions pas, nous en
sommes encore à l'étude des anomalies hépatiques
Sur des sujets d’ailleurs parfaitement normaux. . Nous verrons dans le chapitre suivant quelles mo-
difications profondes certaines malformations viennent apporter dans l’ensemble.de l'organe biliaire.
On doit donc tenir comme extrèmement rare l’absence absolue de l'appareil excréteur. Mais il n’en est pas de même ‘Pour les réductions partielles, et
(1) Des lésions consécutives à l'oblitération congénitale des voies biliaires, in
Bul. soc. An., mai 1879.
(2) Ibid., Février 1872, p. 90. Voy. Obs. XXXII.
l'on peut rencontrer, isolées ou diversement accouplées, les anomalies par défaut portant sur la vésicule, le canal cystique, l’hépatique, le cholédoque. C’est dans cet ordre que nous les étudierons. VÉsICULE BILIAIRE. — Rex (!), qui a publié sur la morphologie du foie des mammifères un travail très remarquable (Beitrâge zur morphologie der Saügerleber) considère la vésicule comme un simple conduit biliaire dilaté à l'extrême; et envisageant les cas d'absence de ce réservoir (cheval, éléphant, chameau, souris, dauphin, etc.) il établit qu’il ne saurait être remplacé par le diverticule de Vater, pas plus d'ailleurs que par une augmentation de calibre des conduits hépatiques. D’où il conclut que le rôle de la vésicule en tant que réservoir de la bile est absolument secondaire et que, organe déchu de l'importance qu’on lui attribue, il paraît plutôt destiné à sécréter du mucus. Il est facile d’inférer de ce qui précède que l’absence de cette sorte de cœcum sera parfoitement compatible avec l'existence. La chirurgie nous démontre chaque jour qu'il est même souvent nécessaire de le supprimer.
Point n'était d’ailleurs besoin de cette preuve san- glante. Il n’est pas très rare d'observer des cas d’absence congénitale de la vésicule. Rambault et Schachmann (?) ont relaté un exemple très intéressant (Voy. obs. XXI) qui s’accompagnait d’une absence du canal cystique ; ce qui ne doit pas surprendre et confirme l'opinion de Rex : pour cet auteur, en
(1) Loc. cit.
(2) Bull. Soc. Anat. Novembre 1889, p. 499.