II
plus aux Espagnols d'autre passion que le repos et les intrigues dans le gouvernement, et affiâbKtleur esprit martial de telle sorte que les habitai» des côtes regardaient même arec indifférence ]es fNkpentcsivTasianâ despirates.
Ce fiât en vain que le toi Vaanha rendit une ksi pour ranimer ï esprit nufitaire • ce fut en niq qu'il ordonna que dans un rayon de cent mifteë de ses domaines attaqués, tons les haibitans accourussent à leur défense arec la totalité de leurs forces possibles, sons peine pour les ducs, les comtes, les principaux officiers , le$ «réqnes et autres ecclésiastiques jusqu'à la classe des diacres, (Je payer les dommages que causeraient les ennemis , et à défaut de biens pour les payer , sous la peine d'exil; et pour les autres membres du clergé, les laïques et les nobles sans dignités (ï) la peine.de Tesckurage et la privation du droit de témoigner en justice.
L'apathie et l'indifférence des Espagnols pour la défense de la patrie , malgré cette loi si sévère, continua de telle sorte qu'au rapport dTErvigio fait aux pères du xnf concile de TVk
(ï) L. S , tit, a , lib. 3 , Fotyuàicum.
lède, la moitié de la nation avait encouru la peine de la privation du droit de témoignage , privation qui en outre de l'infamie attachée aux: infracteurs de cette loi, augmentait lés difficultés pour l'administration de la justice.
Quand même la plus grande dépravation des mœurs sous lés deux derniers règnes de Witiza et de Rodrigue serait certaine; quand le prétendu viol de la Ca va l'eût été aussi, de même que la trahison du comte Julien, celle de levéqueOppas, et autres fables semblables* siJa constitution de la monarchie des Goths avait
été aussi excellente qu'on le prétend, et si la" nation lavait aimée, cette nation eût-elle succombé, et se fût-elle laissé subjuguer aussi promptement par une poignée d ennemis, dont le langage, la religion, les mœurs et les cou* tûmes étaient si différens? Comment ne fit* elle pas des efforts plus vigoureux pour venger son épouvantable défaite sur le Ouadalete? Comment les villes fortifiées n arrêtèrent-elles pas quelque temps la marche de ces ennemis , en leur opposant assez de résistance pour donner le temps de réunir de plus grandes forces , et de concerter de nouveaux plans de défense ?
Comment Theodomir et quelques autres grands s'accordèrent-ils si promptement avec les généraux maures, et traitèrent -ils de leur soumission au calife ? Comment enfin la reine catholique Egilona, veuve de D. Rodrigue se maria-t-elle avec le musulman Abdalaziz?
La monarchie des Goths fut détruite par les mêmes causes qui ont détruit d autres grands empires , le mauvais gouvernement. Les causes politiques agissent de la même manière que les causes naturelles : une terre inculte ou mal travaillée ne produit rien , ou ne produit que peu ou de mauvaises plantes ; quand elle est bien cultivée, au contraire, les fruits les plus exquis y croissent abondamment. Une nation bien gouvernée peut multiplier à l'infini ses richesses et ses forces, et sans un bon gouvernement, au contraire , les nations les plus fortes et les plus opulentes s'apauvrissent, s'affaiblissent et disparaissent.
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